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African Business

Investissements directs étrangers : Fort ralentissement mondial

S’il est surtout perceptible dans les pays développés, le recul des investissements étrangers dans le monde n’a pas épargné l’Afrique, en dépit de quelques bonnes surprises. La tendance devrait se poursuivre cette année, avant un rebond en 2022.

Par Laurent Soucaille

Les IDE (Investissements directs à l’étranger) ont chuté de 42% en 2020, à 859 milliards de dollars, contre 1 500 milliards $ un an plus tôt. Tels sont les premiers chiffres établis par la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. L’agence onusienne redoute une nouvelle baisse cette année, au détriment d’une croissance durable, mais envisage un rebond en 2022.

La Cnuced attend un recul de 5% à 10% des IDE dans le monde, cette année. Ce, en dépit d’une une forte activité de transaction dans les industries technologiques et pharmaceutiques, qui devrait soutenir les flux d’investissements liés aux fusions et acquisitions.

L’Afrique n’est pas restée à l’abri de la tendance baissière, qui a néanmoins davantage touché les pays développés. Sur le continent, seule l’Égypte a nettement progressé en ce domaine, tandis que le Sénégal et le Maroc ont également attiré les investisseurs.

Globalement, les IDE ont atteint « le niveau le plus bas des 25 dernières années », commente James Zhan, le directeur de la division de l’Investissement et des entreprises à la Cnuced.

En Afrique, les IDE « entrants » ont reculé de 18%, à 38 milliards $, contre 46 milliards $ en 2019. Pour l’ensemble de l’Afrique les annonces de projets (Greenfield project), un précieux indicateur des investissements futurs, ont chuté de 63% à 28 milliards $, tandis que les financements internationaux de projets ont reculé de 40%. 

« L’impact négatif de la pandémie sur les IDE a été amplifié par la faiblesse des prix et de la demande des matières premières », souligne la Cnuced. Qui note que la baisse des prix du pétrole brut, associée à la fermeture des sites d’exploitation pétrolière au début de la pandémie en raison des restrictions de mouvements, a pesé lourdement sur les investissements en direction du Nigeria. Les flux entrants vers le pays sont ainsi passés de 3,3 milliards $ en 2019 à 2,6 milliards $.

Traditionnellement, il est vrai, l’Afrique subsaharienne n’est pas la plus prisée des IDE. Ceux-ci ont reculé de 11% en 2020, à 28 milliards $. De son côté, le Sénégal a été l’une des rares économies à enregistrer des flux d’entrée plus importants en 2020 (+39% à 1,5 milliard $). Le pays a bénéficié des investissements dans le secteur de l’énergie, avec notamment le grand projet gazier Grand Tortue.

La Cnuced souligne également que si les IDE ont diminué de 17% en Éthiopie, ils demeurent nourris, avec des investissements significatifs dans l’industrie manufacturière, l’agriculture et l’hôtellerie. Au Mozambique, la baisse n’est de 6% suite à l’important projet gazier mené par Total. En revanche, en Afrique du Sud, ils sont divisés par près de 2 à 2,5 milliards $.

La baisse ressort à 32% (à 9,4 milliards) pour l’Afrique du Nord. L’Égypte reste le principal capteur des IDE, à 5,5 milliards $, en dépit d’un recul de 39%. À noter que les IDE en direction du Maroc, 1,6 milliard $, sont demeurés stables, en 2020. Le royaume bénéficie de la diversification de son économie et de la présence de firmes multinationales, dans l’automobile, l’aérospatial et le textile.

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