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Interview

Papa Amadou Sarr : Les premiers succès

Papa Amadou Sarr : Les premiers succès
  • PubliéOctober 7, 2020

Je suis heureux de dire qu’au bout de deux ans nous avions un accord de prêt décaissé d’un montant de 100 millions de dollars avec la BAfD. Nous avons décaissé et sommes en train d’investir une dizaine de millions d’euros.

L’AFD a apporté 20 millions d’euros et nous les avons mutualisés avec la BAfD pour en faire un fonds commun pour cibler ensemble les mêmes projets et les mêmes jeunes dans les différentes régions du Sénégal. Les Américains ont suivi. L’US African Development Foundation, fondation afro-américaine, nous a octroyé un financement en subvention de 10 millions $ pour accompagner ces projets.

Le Moyen-Orient n’est pas en reste puisque nous avons pu mobiliser 20 millions $ auprès d’Abou Dabi avec le fonds Khalifa pour l’entrepreunariat. Le Prince héritier nous a octroyé 20 millions $ pour construire ce qui sera le Mohammed bin Zayed Center for Entrepreneuship in Senegal. Ce centre va accompagner les jeunes et femmes entrepreneurs en donnant à leurs projets un réceptacle, un centre d’incubation et d’accélération. La stratégie est de rationaliser et de mutualiser les ressources en interne et de chercher des partenaires extérieurs pour cibler les mêmes projets.

Vous êtes aujourd’hui en mesure d’avoir un retour d’expérience. Quelles sont les faiblesses à corriger ?

C’est vrai que nous sommes allés très vite et il y a eu quelques lacunes et erreurs qu’il faut corriger. Les systèmes d’information, les outils restent à affiner. Nous avons eu à embrasser beaucoup de produits en même temps et avons traité de la tech, de l’Equity, des bons de souscription d’action pour les garanties.

Nous avons aussi employé des outils mixtes et sommes en train de lancer un fonds diaspora et un fonds vert. Aujourd’hui, nous travaillons avec des cabinets qui nous aident à nous restructurer et à revoir notre organigramme et notre fonctionnement pour diminuer les lourdeurs.

Nous faisons cela rapidement et de façon agile. Un cabinet comptable certifie la conformité de nos comptes depuis deux ans. Notre objectif est d’aller plus loin et de devenir une banque entièrement numérique. Les dépôts se feront en ligne tout comme les traitements et les notifications. Les ressources iront dans des comptes wallet à la manière du mobile banking.

Cela risque de ne concerner qu’une partie de la population, quid des autres ?

Il y a des difficultés d’accès à l’informatique et au mobile en milieu rural, mais il faut relativiser. Le taux de pénétration mobile est supérieur à 90% au Sénégal et fait partie des pays pionniers de cette stratégie. Nous laissons la possibilité à tous ceux qui n’ont pas accès à l’outil informatique de déposer leur dossier papier au niveau du gouverneur ou du préfet de région. Ils seront transmis et traités à Dakar ou dans nos bureaux régionaux qui seront bientôt créés pour favoriser l’inclusion sociale et territoriale.

Quels sont les modèles et les institutions qui vous inspirent ?

Je citerai la BPIFrance qui a su fédérer autour d’elle des structures de crédit, de financement de l’innovation, certaines rattachées à la Caisse des dépôts et consignations, d’autres qui assurent l’export comme la Coface. Ce modèle me paraît pertinent. L’autre est la Commonwealth Development Corporation britannique, un outil puissant de financement du développement.

Notre rêve est de créer autour de la DER un instrument public géré comme une entreprise avec les outils et la rapidité du secteur privé pour répondre aux besoins de financement des femmes et des jeunes du pays et globalement du développement économique. On s’adresse à l’agriculture, l’élevage, la pêche, la transformation des produits agricoles, l’artisanat, l’économie numérique… c’est l’ensemble qui nous intéresse.

Quelque 110 personnes travaillent avec vous. Comment abordez-vous vos problématiques de fonds, celle de l’employabilité et de l’encadrement de jeunes formés mais pas encore opérationnels ?

Cette centaine de personnes sont un noyau dur qui travaille avec moi à Dakar mais nous avons des relais dans les départements et les régions, des points focaux qui accompagnent et conseillent les femmes et les jeunes pour qu’ils déposent leurs projets et mettent en place leur stratégie.

En plus de cela nous avons des agences partenaires, nationales comme l’Agence de développement des PME, étrangères comme les Peace Corps américaines. Il existe d’autres structures d’accompagnement, comme World Vision, qui aident à territorialiser notre action.

Je peux estimer la taille de notre réseau à 500 voire 600 personnes avec lesquelles nous travaillons. Nous réfléchissons à un modèle où nous aurons des bureaux dans chaque région pour justement être au plus près des besoins des populations. Nous le ferons pour avoir plus d’impact et d’efficience.

SU et NB

 

 

 

Écrit par
Par Sami Utique et Nicolas Bouchet

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