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African Business

Étienne Giros : La France ne perd pas pied en Afrique 

L’Afrique a besoin de compétences, d’employabilité et de savoir-faire. Les entreprises françaises répondent-elles à ces exigences des Africains ?

Vous avez raison de dire que la formation et le professionnalisme sont des exigences de base. Chacun peut voir la croissance extraordinaire de l’Asie depuis cinquante ans, dont l’un des moteurs est la formation professionnelle.

Il faut distinguer les « super formés » des autres. Ce sont des Africains extraordinaires qui se situent parmi les meilleurs mondiaux et qui font que les compétences de haut niveau sont disponibles. L’Afrique regorge de grands experts et de personnalités très compétentes. Les entreprises françaises sont d’ailleurs engagées dans un mouvement fort d’africanisation des postes.

Le temps des postes de direction confiés à des expatriés est révolu. Je connais certains groupes où les directeurs régionaux ou pays sont tous Africains. Mais le deuxième sujet est celui de l’encadrement intermédiaire et de la formation professionnelle. Ce sont les postes de cadres moyens, techniciens, agents de maîtrise et experts qui posent problème.

La formation délivrée en Afrique ne correspond pas aux besoins des entreprises. Elle est déconnectée de l’économie, trop théorique ou ancienne. Elle n’est pas toujours au fait de l’évolution des technologies. Il ne sert à rien d’enseigner des techniques vieilles de vingt ans à des électriciens ou des soudeurs ! Nous avons-là un problème de qualité et de volume de la formation professionnelle.

Qu’apporte la politique d’Emmanuel Macron au rapport France-Afrique aujourd’hui ?

Le président Macron essaie de développer une stratégie où l’Afrique est un élément totalement clé pour la France, presque une nouvelle frontière. Nous devons comprendre que notre avenir dépend de celui des Africains. Le moteur historique, relationnel, affectif et dans certains cas humanitaire et militaire doit nous pousser à agir. L’autre moteur est notre intérêt, et le bon développement de l’Afrique en fait partie car nous avons ces relations sécuritaires et économiques.

Toutefois, nous ne pouvons pas ignorer une forme de désamour et rejet de la France.

Nous l’ignorons d’autant moins qu’un des résultats de notre baromètre d’opinion est que la France est classée septième, en termes d’image. C’est un peu douloureux ! La France n’est pas très récompensée de ce qu’elle entreprend, compte tenu de sa présence économique, historique, culturelle et même sécuritaire. Or les entreprises françaises font des choses bien !

Ce déficit d’image vient du passé et de la proximité entre Africains et Français, qui se connaissent bien. Or, qui aime bien châtie bien ! Nous donnons des prétextes à la critique, contrairement à des pays très éloignés de l’Afrique dont on ne voit que les choses positives qu’ils font. Il y a aussi les petits sujets comme la politique des visas, l’influence française parfois considérée comme trop forte, la tarification des universités qui ont pu agacer et dont il faut tenir compte.

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