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Covid-19 : Vers un mois d’avril «calamiteux» aux États-Unis

Quand les États-Unis s’enrhument, le monde entier tousse, a-t-on coutume de dire. Dans cette configuration, les données américaines de mars préfigurent un mois d’avril « calamiteux », prévient la société de recherche économique RichesFlores Research.

Par ABF

Les données américaines sont, sans surprise, mauvaises, malgré des mesures de distanciation moins sévères, adoptées de manière plus graduelle et plus tardivement que dans bien d’autres pays, constate une note de conjoncture de la société RichesFlores Research.

L’épidémie de coronavirus a, aux États-Unis comme ailleurs, un impact exceptionnel sur la consommation, comme le laissaient prédire, tout à  la fois, le durcissement des mesures de confinement et l’envolée du chômage depuis la mi-mars.

C’est essentiellement la dernière semaine du mois que se sont durcies les règles de confinement aux États-Unis et c’est à la lueur de ce calendrier que doivent être observées les données aujourd’hui publiées, avec pour conséquence un résultat alarmant pour avril, comme nous le suggère déjà l’effondrement de l’indicateur du climat des affaires de New York, l’Empire Manufacturing, en chute de plus de 50 points supplémentaires après sa baisse de plus de 33 points en mars.

Cet indicateur dit « avancé » mesure le degré de confiance des chefs d’entreprise, des directeurs d’achats de société ; il est très suivi par les marchés financiers. « Cet indice atteint déjà un niveau très inférieur à ceux connus lors de la crise de 2008. »

D’autre part, les ventes de détail marquent une chute de 8,7 % sur le mois, « un résultat fortement impacté par la division par quatre de la valeur des ventes automobiles », moins mauvais toutefois que les ventes unitaires de véhicules déjà connues, en repli de 32 %.

Au-delà, les dépenses d’habillement ont été divisées par deux, celles de restauration ont chuté de 26 %, et celles d’essence de 17 % ; de même, les ventes d’appareils électroniques enregistrent une baisse significative de plus de 15 %.

Seuls postes à avoir échappé à ce choc, les produits alimentaires, en hausse de plus de 25 %, lesquels, avec plus de 14 % du budget des dépenses, ont permis d’effacer 3,7 % de la baisse mensuelle totale des ventes de détail. Les dépenses de santé augmentent également (+4,3%).

Enfin, celles de matériaux de construction progressent encore de 1,3 %, « probablement un effet retardé de l’activité immobilière du début d’année qui n’est pas amené à durer », commente la note de conjoncture, qui s’appuie sur « l’effondrement » de l’indicateur de confiance des professionnels de la construction et par la nouvelle contraction des demandes hebdomadaires d’hypothèques.

Des replis sans précédent

À n’en pas douter, l’épidémie de coronavirus a, aux États-Unis comme ailleurs, un impact exceptionnel sur la consommation, comme le laissaient prédire, tout à la fois, le durcissement des mesures de confinement et l’envolée du chômage depuis la mi-mars.

L’activité industrielle n’est pas en reste, en repli de 5,4 % entre février et mars et de 6,3 % pour la seule composante manufacturière (qui exclut notamment l’activité minière et extractive). Cette baisse mensuelle est sans équivalent depuis février 1946, notamment emportée par une chute de plus de 9 % de la production de biens durables.

Au total, « des données dignes des informations reçues de Chine ou, plus récemment d’Europe, si l’on les rapporte à la période effective de paralysie de l’activité », notent les économistes.

Autant dire qu’à ce stade, les mesures prises par la Banque centrale (FED) et l’Administration américaine pour contrer les risques d’hémorragie « ne sont pas du luxe ».

Si plus de la moitié du mois de mars a pu être épargnée par la déferlante du coronavirus, avril, premier mois du deuxième trimestre, devrait à l’inverse en concentrer les effets.

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