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Industrie

Un nouveau poumon économique au Bénin

Un nouveau poumon économique au Bénin
  • Publiéjuillet 10, 2024

Tandis que le bien-fondé du modèle des Zones économiques spéciales suscite débats et controverses en Afrique, le Bénin choisit de promouvoir sa Zone industrielle de Glo-Djigbé.

 

Propos triomphants du président Patrice Talon, visites de personnalités, d’acteurs économiques étrangers, de parlementaires, déclarations ministérielles, la GDIZ semble, au moins au plan de la communication, un poumon essentiel du pays.

Plus d’un an après le démarrage effectif de la Zone, plusieurs usines tournent à pleine capacité, ayant créé quelque 2 000 emplois. Par exemple, deux usines de transformation de noix de cajou fonctionnent à plein régime, trois autres vont progressivement monter en gamme. Un millier de salariés travaillent dans des usines textiles qui produisent quelque 4 millions de pièces par an. Près d’une quarantaine d’investisseurs s’activent déjà à l’extension de la zone.

« Notre objectif est de produire 30 millions de pièces en Afrique, et Arise se révèle être le partenaire idéal pour atteindre cet objectif, en intégrant la durabilité et en utilisant du coton 100% Made in Africa. »

Développée par le groupe ARISE en partenariat avec le Bénin, par le biais d’un partenariat public-privé, la GDIZ s’étend sur une superficie de 1 640 hectares dans la commune d’Abomey-Calavi, à 45 kilomètres de Cotonou. Ce carrefour industriel devrait offrir 300 000 emplois d’ici à 2030, selon les ambitions initiales du gouvernement, que rien ne vient contrarier.

Fin juin, le ministre chargé du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, s’est déclaré « très satisfait » de l’avancement de la Zone. Elle emploie déjà plus de 12 000 jeunes Béninois, sur douze unités opérationnelles. Le ministre promet le démarrage imminent de quatorze autres unités qui emploieront, fin 2024, plus de 35 000 jeunes.

Vue aérienne de la GDIZ.

 

D’ailleurs, la Zone est déjà victime de son succès : le gouvernement travaille à résoudre au plus tôt les pénuries de logement, l’accès routier parfois difficiles aux sites de production, ainsi que les questions de sécurité. Au plan économique, la priorité reste la même : pour que les industries de la GDIZ tournent efficacement, il leur faut de la matière première.

 

Des livraisons de vêtements vers l’Europe

Selon le ministre, exporter les matières premières de façon brute n’est plus une solution pour les populations et ne permet pas aux producteurs d’obtenir la meilleure rémunération de leurs productions. « Nous voulons que ces produits agricoles (le coton, les noix de cajou, le soja, le karité, etc.), qui peuvent être transformés dans la Zone et ailleurs dans le pays, puissent l’être, pour créer davantage de valeur avant d’être exportés. Ce faisant, nous garderons ici la main-d’œuvre », explique le ministre.

Lequel a appris avec satisfaction, lors de sa visite sur place le 19 juin, que la GDIZ venait de confirmer la première exportation, à destination de l’Europe, de vêtements Made in Benin.

 

Cette première commande de leggins pour enfants sera livrée à KIABI, chaîne de magasins spécialisée dans les vêtements et accessoires pour femmes, hommes, enfants et bébé. Cette enseigne de vêtements moyen de gamme compte avec 563 points de vente et une présence en France, en Espagne, en Italie, en Afrique, au Moyen-Orient. Cette commande marque le début d’une collaboration fructueuse entre la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI-Bénin) et KIABI, avec un engagement de commande de 2 millions de pièces de vêtements pour 2024 et 4 millions pour 2025.

Selon SIPI-Bénin, cette première exportation représente « une étape majeure » dans le développement de l’industrie textile au Bénin. « Cette initiative illustre la capacité du Bénin à répondre aux exigences des marchés internationaux et à intégrer des standards de qualité élevés », précise un communiqué du 9 juillet.

KIABI rejoint ainsi les marques telles que The Children’s Place (TCP) et US POLO ASSN, avec lesquelles des contrats de livraison de vêtements ont déjà été signés, « consolidant ainsi la position de la GDIZ comme un hub incontournable pour la production textile en Afrique ».

Létondji Beheton est directeur général de SIPI-Bénin. Il commente : « Cette première exportation de leggings constitue une preuve tangible de notre engagement à promouvoir l’industrie textile béninoise sur les marchés internationaux. C’est également le début d’une longue série d’exportations pour la marque française KIABI. » D’ici la fin de cette année 2024, promet-il,  « nous produirons 2 millions de pièces de vêtements pour KIABI, démontrant ainsi notre capacité à satisfaire les exigences internationales tout en maintenant un standard de qualité élevé ».

Actuellement, KIABI s’oriente vers une coopération renforcée avec l’Afrique pour la confection de ses vêtements et prévoit d’augmenter ses points de vente sur le continent. « Le Bénin, grâce à son dynamisme et à la qualité de sa main-d’œuvre est parfaitement positionné pour capter les nouvelles opportunités de marchés offertes » par l’enseigne.

Ce que confirme Juan Penagos, directeur général de KIABI Sourcing, selon qui l’initiative confirme la stratégie de sa société visant à rapprocher les sites de production de ses points de vente. « En Afrique, nous disposons de plusieurs magasins, et désormais, grâce à la GDIZ, nous produisons des vêtements KIABI à proximité. Notre objectif est de produire 30 millions de pièces en Afrique, et Arise se révèle être le partenaire idéal pour atteindre cet objectif, en intégrant la durabilité et en utilisant du coton 100% Made in Africa. Nous ne sommes qu’au début de cette belle aventure, et nous sommes fiers de la mener avec Arise et la République du Bénin. »

@AB

Écrit par
Aude Darc

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