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Industrie

L’Intelligence artificielle au service de la santé

L’Intelligence artificielle au service de la santé
  • Publiéjuillet 2, 2024

L’adoption de l’IA a le potentiel d’améliorer les programmes de vaccination, les chaînes d’approvisionnement, les références, les diagnostics, la sécurité des médicaments et l’efficacité globale du système de santé. L’Afrique ouvre des voies dans ce domaine.

 

La santé semble le domaine où l’IA (Intelligence artificielle) semble avoir le plus d’impacts concrets. Ainsi, une entreprise innovante sur quatre déploie l’IA pour faire progresser l’Objectif de développement durable n° 3, à savoir la santé et le bien-être. Ce constat s’applique à toutes les zones géographiques, les innovateurs cherchant à adopter l’IA pour relever de multiples défis dans le domaine des soins de santé. En Afrique, l’IA est utilisée, par exemple, pour soutenir de vastes programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose.

Dans certains pays comme le Cameroun, des innovateurs sociaux individuels utilisent l’IA pour relever des défis en matière de santé, comme la mise au point d’outils de diagnostic à faible coût pour le paludisme.

C’est ce qui ressortait du livre blanc publié en ce début d’année, à l’occasion du Forum économique mondial, réalisé en collaboration avec la Fondation Schwab pour l’entrepreneuriat social, EY et Microsoft. Ce rapport soulignait – parfois pour s’en inquiéter –, l’intégration de l’IA dans l’innovation sociale, en particulier dans le domaine des soins de santé.

Toutefois, dans le paysage évolutif de la santé mondiale, l’innovation numérique apparaît comme une lueur d’espoir, repoussant les limites de ce qui est possible en matière d’accès aux soins de santé, de qualité et d’accessibilité financière. L’adoption de l’IA a le potentiel d’améliorer les programmes de vaccination, les chaînes d’approvisionnement, les références, les diagnostics, la sécurité des médicaments et l’efficacité globale du système de santé.

Le rapport met en évidence trois domaines d’impact principaux dans lesquels l’IA apporte une contribution significative. Premièrement les soins de santé : 25 % des innovateurs utilisent l’IA pour améliorer l’accès à la santé. Deuxièmement la durabilité environnementale : 20 % des innovateurs sociaux utilisent l’IA pour trouver des solutions au problème du climat. Et troisièmement l’autonomisation économique, notamment dans les pays à faible revenu, qui concentrent 80 % des initiatives visant à améliorer les moyens de subsistance.

Ce rapport fait référence à BroadReach Group, une organisation à impact social qui utilise l’IA et l’apprentissage automatique pour équiper les travailleurs de la santé, les dirigeants et les institutions afin qu’ils puissent mieux gérer leurs ressources limitées et obtenir de meilleurs résultats en matière de santé pour tous.

 

Utilisation au Nigeria

Vantage Health Technologies, une structure de BroadReach Group, constate que l’IA est de plus en plus acceptée, les dirigeants du secteur de la santé voyant la promesse de cet outil pour améliorer réellement l’accès à la santé, la qualité et l’accessibilité financière.

En Afrique, le recours à l’IA contre le VIH et la tuberculose permet d’identifier les lacunes dans les ressources et en soutenant la prise de décision et les actions ciblées visant à combler ces lacunes. Cela a permis à de nombreuses zones, – notamment en Afrique du Sud, où la population séropositive est la plus importante au monde –, de se rapprocher des objectifs des Nations unies. En matière de dépistage, de traitement et de suppression virale du VIH, ces objectifs visent à combler les lacunes dans la couverture et les résultats du traitement du VIH dans toutes les populations, tous les groupes d’âge et tous les contextes géographiques.

Pour sa part, Vantage a supervisé des programmes de lutte contre la tuberculose en Afrique en fournissant un système unique pour gérer tous les domaines clés. Les résultats de la tuberculose sont difficiles à appréhender sans un aperçu quotidien des données de performance. La société a intégré les flux déjà existants du système national de données sur la santé afin de favoriser une prise de décision active et de lancer des interventions visant à améliorer les performances, la qualité des données et la conformité des rapports.

Déjà, une ONG de premier plan au Nigeria, qui fournit des services de prévention, de traitement et de soins pour le sida, la tuberculose et le paludisme, utilise l’IA et l’analyse prédictive pour éviter les rendez-vous manqués et ramener les patients aux soins. Les résultats sont utilisés pour donner la priorité à la sensibilisation des patients à haut risque et pour contrôler l’efficacité des interventions afin de mettre en évidence de manière proactive les domaines nécessitant une attention particulière. La technique est éprouvée ailleurs dans le monde, y compris aux États-Unis.

« Le problème fondamental des soins de santé, que ce soit en Afrique subsaharienne, en Europe occidentale ou aux États-Unis, est que la demande dépasse l’offre en termes de services de santé, de médecins, d’infirmières et de médicaments », explique Ernest Darkoh, cofondateur de BroadReach Group.

 

Atteindre l’équité en matière de santé

Ernest Darkoh
Ernest Darkoh

Dans ce contexte, juge-t-il, le secteur des soins de santé s’efforce d’appliquer un modèle « obsolète » de soins aux malades, sans disposer d’informations en temps réel sur les caractéristiques des maladies, les personnes les plus touchées ou l’adéquation des ressources en matière de soins de santé. « Nous devons changer ce paradigme pour être plus efficaces en exploitant les données et les solutions numériques afin de nous assurer que nous dépensons toujours la prochaine heure et le prochain dollar de la manière la plus efficace possible. »

Le rapport montre également que l’Afrique émerge, avec des leaders comme l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Kenya. L’Égypte et le Kenya ont élaboré des stratégies nationales en matière d’IA. Dans d’autres pays comme le Cameroun, des innovateurs sociaux individuels utilisent l’IA pour relever des défis en matière de santé, comme la mise au point d’outils de diagnostic à faible coût pour le paludisme. Le continent voit également des applications de l’IA dans l’autonomisation économique et diverses autres besoins.

L’« IA est de plus en plus acceptée, les responsables des soins de santé voyant la promesse de l’IA de conduire à une réelle amélioration de l’accès à la santé, de la qualité et de l’accessibilité financière », se félicite Paul Bhuhi, directeur général de Vantage. Qui reconnaît : « Le fossé éducatif entre les innovateurs et les décideurs politiques inhibe l’adoption de l’IA. D’après notre expérience, le Rwanda et le Kenya sont à la pointe de ce mouvement, mais il reste encore beaucoup à faire. »

 

PF, d’après une note de BroadReach Group.

@AB

Écrit par
Paule Fax

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