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Industrie

L’État gabonais reprend la main dans le pétrole

L’État gabonais reprend la main dans le pétrole
  • Publiéfévrier 20, 2024

En rachetant 75% du capital d’Assala Gabon, l’État souhaite mieux contrôler la production de pétrole et la distribution de ses revenus. L’opération pourrait bien vite générer de juteux revenus au Trésor.

 

Le Gabon ouvre un nouveau chapitre de son histoire économique. L’État a décidé de racheter 75% du capital de la compagnie pétrolière Assala Gabon, et donc d’en prendre le contrôle. Les parts de l’État seront gérées par la compagnie publique Gabon Oil Company (GOC). Ce rachat « vise un double objectif qui est de sécuriser les ressources nationales d’une part et d’avoir une gestion autonome des ressources pétrolières d’autre part », commente présidence gabonaise.

Le président de la Transition, Brice Oligui Nguema, a choisi de préempter l’offre présentée par Maurel & Prom. En août 2023, le groupe français avait accepté d’acquérir Assala Energy pour 730 millions de dollars, une opération qui comprenait également le renouvellement d’une facilité de crédit de 600 millions $. D’ailleurs, Carlyle a fait savoir que les conditions du nouvel accord étaient « matériellement les mêmes ».

Par ailleurs, le président de la Transition vient d’inaugurer une usine de GPL à Batanga, un chantier lancé voici deux ans.

Selon les commentateurs, cette acquisition ouvre de nouvelles perspectives au Gabon, en tant que producteur de pétrole. Entre autres objectifs, elle permet de renforcer le contrôle de la production et de la distribution des revenus du pétrole, désormais sous la responsabilité de l’État. Cela dit, l’entreprise rachetée ne produit que 20% de la production pétrolière du Gabon. Sur le plan industriel, l’État espère faire jouer des synergies entre Assala Energy et la Gabon Oil Company, dont les revenus combinés pourraient atteindre 1,5 milliard $ par an. Si les « synergies » voulues sont au rendez-vous, l’État gabonais pourrait amortir son investissement en seulement deux ans, calculent les spécialistes. Sans compter, bien entendu, les ressources fiscales dégagées et donc, les possibilités de financement du développement.

De son côté, la Chambre africaine de l’Énergie (AEC), considère que cette acquisition témoigne de l’« engagement du Gabon à maximiser la production pétrolière et à générer davantage d’emplois, de contrats et d’activités dans le secteur ».

 

Remonter vers l’amont

Assala Energy détient sept licences de production onshore au Gabon – elle en exploite six – ainsi qu’un réseau d’oléoducs et le terminal d’exportation de Gamba. Représentant le deuxième producteur du pays, la société s’est concentrée sur les actifs de type Brownfield (réaffectation d’infrastructures existantes) au Gabon et a mis en œuvre « une maintenance de haute qualité, une gestion des risques, des travaux de reconditionnement et des interventions sur les puits pour maximiser la production des champs matures », juge l’AEC. Qui considère que cette acquisition reflète la stratégie plus large de revitalisation du secteur pétrolier et gazier du Gabon,

Le pays, l’un des producteurs de pétrole les plus historiques d’Afrique, et membre de l’OPEP, a pour objectif d’augmenter sa production à 220 000 barils par jour grâce à l’accélération de l’exploration onshore et offshore, à de nouveaux investissements de la part des compagnies pétrolières internationales et au redéveloppement de champs matures et marginaux. Alors qu’elle a toujours servi de partenaire aux opérateurs du pays – n’exploitant que le champ terrestre de Mbouma –, la GOC cherche à se transformer en un acteur plus compétitif dans le secteur amont. L’entreprise publique est actuellement en pourparlers avec des partenaires étrangers pour acquérir de nouvelles technologies visant à stopper le déclin de la production et à optimiser les champs matures.

Bouteilles de gaz butane

La semaine est riche en informations concernant le secteur de l’énergie au Gabon. Le président de la Transition vient d’inaugurer une usine de GPL à Batanga, un chantier lancé voici deux ans. Cette unité de production, sous gestion du franco-britannique Perenco, peut produire jusqu’à 15 000 tonnes par an de gaz butane, réduisant de moitié, au moins, les importations du Gabon en la matière. Premier résultat concret : le gouvernement a baissé le prix de la bouteille de gaz,de 5 950 à 4 950 F.CFA.

D’autre part, plusieurs partenaires économiques, dont la Banque mondiale et la Banque africaine de développement ont signé, le 9 février un accord pour la construction de la centrale hydroélectrique de Kinguélé Aval, d’une capacité de 35 MW. Le Gabon vise 80% de production d’hydroélectricité et le remplacement de toute énergie thermique produite à partir du gazole. Le coût du projet ressort à 179 millions d’euros.

@AB

Écrit par
Aude Darc

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