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Industrie

Les ambitions nouvelles du Sénégal dans les phosphates

Les ambitions nouvelles du Sénégal dans les phosphates
  • Publiéfévrier 6, 2024

Déjà un acteur important du secteur des phosphates, en Afrique subsaharienne, le Sénégal bénéficie de l’intérêt d’Aliko Dangote, qui promet plus d’un milliard de dollars d’investissements.

 

Si l’Afrique est richement doté en phosphates, ses principaux producteurs sont en Afrique du Nord, Maroc en tête. En 2022, le continent a exporté 100 millions de tonnes de phosphates, pour une valeur de 10 milliards de dollars, faisant de cette ressource une des plus contributrices aux exportations africaines. Deux pays se distinguent en Afrique subsaharienne, l’Afrique du Sud et le Sénégal, qui détient des réserves jugées importantes. « Le Sénégal est assis sur du phosphate », dit-on dans l’industrie minière. Il est vrai que les réserves sont présentes dans tout le territoire, de la côte au Nord.

À l’exemple de certains voisins comme la Guinée-Bissau, le Bénin et le Ghana. Ainsi que, à un degré moindre, que le Mali, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Congo et la RD Congo.

Du côté de la demande mondiale, aucune inquiétude : les États-Unis, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, resteront, à n’en pas douter, de grands clients des phosphates africains. La croissance démographique ainsi que la recherche de rendements et de qualités, pousseront la consommation.

En Afrique, le groupe marocain OCP domine le marché, mais d’autres acteurs ont bien l’intention de s’engouffrer dans la filière. À commencer par l’homme d’affaires Aliko Dangote. Le magnat nigérian n’est pas hommes à se contenter d’un jeton pour voir. Il a déclaré son intention d’investir plus d’un milliard de dollars dans l’industrie du phosphate au Sénégal. L’homme d’affaires a été reçu, dans un contexte politique troublé, par le président du Sénégal. À Macky Sall qui lui remettait une récompense, et avec lequel il a eu « des discussions fructueuses », il a confié : « Nous avons l’intention d’investir plus d’un milliard de dollars dans notre projet d’exploitation de phosphate dès que nous recevrons notre licence ». L’industrie du phosphate est déjà l’une des plus prospères du Sénégal ; elle contribue aux entrées de devises grâce aux exportations d’engrais, d’acide phosphorique et de roches phosphatées. Cet investissement promis par Aliko Dangote lui fera néanmoins franchir un bond conséquent.

Le Sénégal détiendrait des réserves de phosphate de plus d’un milliard de tonnes, ce qui lui ouvre des perspectives de production pendant cinq siècles, sous l’hypothèse réaliste d’une production annuelle moyenne de 2 millions de tonnes. À titre de comparaison, l’or n’a qu’une durée d’exploitation estimée de moins de 25 ans, et le pétrole et le gaz dix à quinze ans.

Aliko Dangote (fraîchement décoré) et le président Macky Sall, le 2 février 2024.
Aliko Dangote (fraîchement décoré) et le président Macky Sall, le 2 février 2024.

 

Plusieurs sociétés sont déjà à pied d’œuvre dans le pays, comme Baobab Mining and Chemical Corp., Industries Chimiques du Sénégal, Société Sénégalaise des Phosphates de Thiès, ainsi que la Société Minière de la Vallée du fleuve Sénégal. Elles exportent une partie de leur production sous forme d’engrais prêts à l’emploi, d’acide phosphorique et de roches phosphatées.

De son côté, le groupe Dangote détient depuis neuf ans une usine de ciment, dans la région de Thiès, à l’ouest du pays).

Bref, ce n’est pas que pour rien qu’Aliko Dangote a été élevé au rang de Commandeur dans l’Ordre national du Lion, la plus haute distinction de la République du Sénégal.

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En bref

Au Maroc, un projet d’exploitation de la potasse

 

Le groupe OCP se positionne sur l’exploitation et la distribution de la potasse, élément essentiel dans la production d’engrais et de fertilisants. Objectif, assurer l’autonomie du pays dans un nutriment vital à la nutrition des plantes.

En partenariat avec l’ONHYM, le groupe marocain lance un projet portant sur la valorisation et l’enrichissement du minerai de potasse dans la région de Khémisset, à 80 km à l’est de Rabat. Les deux licences d’exploitation couvrent une superficie de 176 km2 dans les zones de Khémisset central, Sidi Daoud et Oued Beht.

La filiale JESA assure les études et l’exécution du projet. Leader africain de l’ingénierie, du conseil et de la gestion de projets, JESA dispose d’une large expertise et d’un savoir-faire en matière d’ingénierie indispensables à la réussite du projet, considère OCP. Lequel a conçu un programme de recherche avec l’Université Mohammed VI Polytechnique) qui vise le développement de procédés innovants pour le traitement du minerai, l’optimisation de l’utilisation de l’eau et la valorisation des rejets liquides et solides.

@AB

 

 

 

 

Écrit par
Aude Darc

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