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Industrie

Inquiétudes sur le marché du GNL

Inquiétudes sur le marché du GNL
  • Publiéfévrier 20, 2024

La décision des États-Unis de cesser temporairement d’approuver de nouvelles exportations de gaz naturel liquéfié aura des effets divers sur les exportateurs et les importateurs africains.

 

La décision des États-Unis de cesser temporairement d’approuver de nouvelles exportations de GNL (Gaz naturel liquéfié) aura des effets divergents sur les exportateurs et les importateurs africains de ce produit particulièrement recherché mais à l’offre abondante.

Annonçant cette décision à la fin du mois de janvier, l’administration Biden a déclaré qu’elle suspendait l’approbation de nouvelles propositions de construction de GNL pour des raisons environnementales.

Certains décideurs politiques et extracteurs de ressources africains soutiennent qu’ils devraient avoir toute latitude pour exploiter le GNL, qui, selon eux, est un « combustible de transition » entre les combustibles fossiles et les énergies renouvelables.

« Aujourd’hui, l’administration Biden-Harris annonce une pause temporaire dans les décisions en cours concernant les exportations de GNL vers des pays non membres de l’ALE, jusqu’à ce que le ministère de l’Énergie puisse mettre à jour les analyses sous-jacentes aux autorisations… Aujourd’hui, nous comprenons de mieux en mieux les besoins du marché en matière de GNL, l’approvisionnement à long terme en GNL et les effets dangereux du méthane sur notre planète. Nous devons également nous prémunir de manière adéquate contre les risques pour la santé de nos communautés, en particulier les communautés de première ligne aux États-Unis qui supportent de manière disproportionnée le fardeau de la pollution provenant des nouvelles installations d’exportation. »

Cette décision a été remise en question la semaine passée lorsque la Chambre des représentants, contrôlée par les Républicains, a adopté un projet de loi visant à priver le gouvernement du pouvoir de geler les approbations, mais l’effort des Républicains ne devrait pas trouver de soutien au Sénat, contrôlé par les Démocrates. La décision de l’Administration américaine de suspendre les approbations comprend une exemption pour des raisons de sécurité nationale.

Si la plupart des analystes ne s’attendent pas à ce que cette décision entraîne des fluctuations spectaculaires des prix à court terme, une interdiction plus longue pourrait finir par limiter l’offre et faire grimper les prix du GNL.

« La pause concerne les nouveaux projets qui n’ont pas encore été approuvés », explique Olumide Ajayi, analyste principal du GNL au London Stock Exchange, la Bourse de Londres.

« Car on compte une pléthore de projets de GNL qui sont déjà en cours de construction. La pause n’aura donc aucune incidence sur la situation actuelle du marché ou sur l’offre. Il est évident que si les nouveaux projets étaient interrompus indéfiniment, le problème se poserait plus tard, vers 2027-2028 », pronostique l’analyste.

 

Impacts contradictoires en Afrique

Les prix du GNL ont baissé l’année dernière après avoir atteint un pic en août 2022 de 70,50 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBtu), lorsque la demande a augmenté après que les pays européens et nord-américains ont pris des mesures pour sanctionner le pétrole et le gaz russes. Depuis, les prix ont chuté de plus de 80 % pour atteindre environ 10 $/MMBtu. Selon Olumide Ajayi, les hivers relativement doux de l’Europe au cours des deux dernières années, la lenteur de la reprise économique post-Covid en Chine et l’augmentation de l’offre au niveau mondial ont contribué à cet environnement de baisse des prix.

GNL Sénégal Mauritanie illustration

C’est également le cas en Afrique, où, rappelle l’expert, nous avons vu plusieurs nouveaux grands projets contribuer à l’offre, comme l’unité flottante de GNL FLNG du Mozambique. L’entreprise italienne Eni a également commencé à exploiter un projet de GNL en République du Congo, qui devrait exporter son premier GNL en mars.

Selon Olumide Ajayi, les nouveaux projets dans le monde ont créé un « marché excédentaire » pour le GNL. Les producteurs africains pourraient donc espérer qu’une pause durable des États-Unis sur les nouvelles exportations soutienne des prix plus élevés pour leurs propres exportations à l’avenir.

Toutefois, Olumide Ajayi fait remarquer que les importateurs africains de gaz doivent se demander si un GNL plus cher ne les inciterait pas plutôt à se tourner vers des combustibles fossiles moins onéreux. « Le Ghana et le Sénégal étaient censés lancer des projets d’importation de GNL en 2021-22, mais ils ont tous été suspendus en raison des prix élevés observés pendant la pandémie. »

À moins que le GNL ne devienne compétitif par rapport aux prix du gaz local en Afrique de l’Ouest, « d’autres projets de GNL comme celui-ci seront retardés ou abandonnés », prévient l’analyste. Ce qui soulève un problème pour ceux qui souhaitent encourager la transition vers le gaz naturel pour des raisons de durabilité, car il est plus respectueux de l’environnement.

Certains décideurs politiques et extracteurs de ressources africains soutiennent qu’ils devraient avoir toute latitude pour exploiter le GNL, qui, selon eux, est un « combustible de transition » entre les combustibles fossiles et les énergies renouvelables. Toutefois, la décision des États-Unis de geler les nouveaux permis pour des raisons environnementales ajoute une nouvelle dimension au débat et pourrait fournir des munitions à ceux qui sont déjà sceptiques à l’égard de l’industrie.

@AB

Écrit par
Harry Clynch

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