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Industrie

Ambitions et défis dans la fabrication de batteries

Ambitions et défis dans la fabrication de batteries
  • Publiéaoût 17, 2022

L’Afrique dispose d’atouts indéniables pour devenir un acteur central de la fabrication de batteries lithium. Le marché fait face à une forte demande et peut respecter les défis environnementaux. À condition de politiques industrielles audacieuses.

 

Comment l’Afrique pourrait-elle devenir une plaque tournante de la fabrication de batteries lithium-ion pour stocker l’énergie et électrifier la flotte des véhicules de transport ? Une réunion en ligne organisée par la BAD (Banque africaine de développement) a fait le point sur cette question, durant l’été.

Les intervenants ont tous confirmé les opportunités dont dispose l’Afrique, compte tenu de ses riches dotations en lithium, graphite, cobalt, nickel, cuivre et minéraux de terres rares. Tous ces éléments sont essentiels à la construction de la future économie verte mondiale et constituent également de nouvelles opportunités de marché pour la transition vers l’objectif de zéro émission nette.

« L’accord de création de la ZLECAf prévoit un meilleur environnement commercial, en veillant à ce que les goulets d’étranglement bureaucratiques, les délais et les coûts soient réduits lorsque les marchandises circulent sur le continent. »

Ainsi, Vanessa Ushie, directrice par intérim du Centre africain de gestion des ressources naturelles et d’investissement de la BAD, souligne-t-elle le potentiel de l’Afrique : « Compte tenu de l’avantage concurrentiel dont jouit l’Afrique grâce à ses riches dotations en énergies renouvelables et en minéraux verts, de nombreux pays africains ont une occasion unique de bénéficier d’un développement à faible émission de carbone et d’une voie de transition énergétique équitable adaptée à leur contexte national. »

Jerry Ahadjie est responsable des minéraux du Centre africain de gestion des ressources naturelles et d’investissement. Il s’appuie sur les travaux du Centre sur le potentiel des minéraux verts en Afrique, et plus particulièrement en RD Congo. Il appelle les pays africains à développer une stratégie nationale pour ancrer la Vision minière africaine afin d’optimiser les bénéfices tirés de la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques. « La production de précurseurs de batteries et de véhicules électriques à deux et trois roues sont des domaines où l’Afrique a toutes ses chances », juge-t-il.

 

Unités de fabrication et financement

Marit Kitaw, directrice par intérim du Centre africain de développement minier de l’Union africaine, considère que ces débats arrivent à point nommé, compte tenu de la révolution énergétique et des ambitions de réduction nette des émissions de carbone. L’industrialisation basée sur les ressources minérales en Afrique est essentielle. « Pour que l’Afrique se développe, nous devons nous industrialiser ». C’est pourquoi, juge-t-elle, la politique était essentielle pour concrétiser rapidement cette ambition, ajoutant que les minéraux verts nécessitent des politiques industrielles audacieuses et des politiques visant à créer une demande locale.

De son côté, Kwasi Ampofo, chef de la section Métaux et mines chez Bloomberg NEF, a réaffirmé qu’il existait une réelle opportunité malgré les handicaps actuels. « Il existe une opportunité pour l’Afrique, même si, à l’heure actuelle, le continent ne dispose pas de capacité de fabrication de cellules. » Pour autant, la situation centrale de l’Afrique présente de nombreux avantages, notamment dans la perspective de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine). Pour le spécialiste de Bloomberg, des politiques sont nécessaires pour créer une demande de batteries et de produits pour véhicules électriques, en prenant l’Europe comme exemple.

Arnaud Rouget, en tant que directeur du programme Afrique de l’Agence internationale de l’énergie, a étudié les résultats de travaux sur les minéraux verts. Il souligne que la demande de minéraux critiques (notamment le lithium, le cobalt et le nickel) sera multipliée par six d’ici 2040, à mesure que le monde poursuivra ses ambitions d’atteindre l’objectif zéro émission nette.

Demitta Gyang, responsable de la coopération douanière, de la facilitation des échanges et du transit, considère que la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques pourrait bénéficier de la ZLECAf. « L’accord prévoit un meilleur environnement commercial, en veillant à ce que les goulets d’étranglement bureaucratiques, les délais et les coûts soient réduits lorsque les marchandises circulent sur le continent. »

Enfin, Wale Shonibare (BAD) souligne la nécessité de mobiliser des financements pour accélérer le développement du stockage des batteries et de la chaîne de valeur des véhicules électriques en Afrique. « Nous devons mettre en place des véhicules financiers, car le coût du capital est un défi. » Des mesures panafricaines d’harmonisation des normes, d’allègements fiscaux et de libre-échange semblent indispensables afin de réaliser cette ambition.

Photo : Rien ne s’oppose à ce qu’une usine de fabrication de batteries de voitures au lithium telle que celle de Nankin (Chine) soit construite en RD Congo (Photo : AFP).

@AB

Écrit par
Kimberley Adams

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