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African Business

Histoire du retour de la BAD

Vu de la BAD, que penser de la situation économique de la Côte d’Ivoire ? Peut-on évoquer « un second miracle ivoirien » après celui des années 1970 ? 

Il est indéniable que les résultats et les perspectives au niveau macroéconomiques sont très bons. Je ne reviendrai par sur l’importante croissance du PIB ou sur les réformes entreprises pour consolider et rendre durable cette croissance, ou encore sur les efforts pour maîtriser l’inflation depuis 2012, mais plutôt sur ce qui caractérise cette embellie et qui tranche avec la part des vecteurs de croissance dans la plupart des pays africains depuis près de dix ans. Alors que de nombreux pays du continent tirent leur croissance essentiellement des exportations en matières premières, la croissance ivoirienne est fortement marquée par la part des investissements productifs. Le succès enregistré par le forum ICI 2014, notamment par la présence massive d’investisseurs étrangers et nationaux démontre l’intérêt du secteur privé pour le pays et de la confiance retrouvée à ce pays important de l’Afrique de l’Ouest. Enfin, comme vous le savez, notre institution se réjouit de cette reprise économique d’autant qu’elle sera bénéfique à toute la sous-région ouest-africaine. La Côte d’Ivoire est un maillon important dans notre stratégie d’intégration dans la région Ouest du continent. En un mot, nous serons là pour créer avec les Ivoiriens les conditions de ce second miracle déjà bien engagé par les autorités du pays.

À vous entendre tout semble bien avancé ; pourtant au sein de la population, on ne perçoit pas tout à fait bien au quotidien le décollage de la Côte d’Ivoire. 

Nous vous disons que depuis environ une décennie, mettons à partir de 2005, les économies africaines sauf celle des pays en situation de conflits graves, enregistre une croissance économique. Une croissance forte d’ailleurs. En revanche, la question du chômage, surtout celui des jeunes, la cherté de la vie depuis la crise énergétique due à la flambée des cours du pétrole de 2008, 2009 jusqu’au début 2010, constituent des défis incontestables. Pour mémoire, le Printemps arabe a été déclenché à partir de la Tunisie, à cause de la crise de l’emploi. C’est aussi pour cela que la BAD a fait de la question de l’inclusion de la croissance un des piliers de sa stratégie décennale 2013-2022. Nous savons que le gouvernement ivoirien fait de ces questions sa priorité pour 2014-2015 et nous serons là pour l’y aider. Nonobstant, nous estimons que les choix économiques sont pertinents et les fruits ne devraient pas tarder à apparaître, si les énergies y sont consacrées. 

En général, la BAD accompagne les pays en termes de réalisations d’infrastructures économiques. Or, il se trouve que des secteurs, comme l’agro-industrie, ayant de forts potentiels demeurent quasiment inexploités. Que prévoyez-vous en ce sens ? 

Vous avez raison de dire qu’une grande partie des interventions de la BAD va aux infrastructures. Mais les infrastructures ne permettent pas qu’une structuration spatiale, en termes géographiques, mais aussi une structuration économique. Elles sont aussi et surtout agricoles. La BAD consacre énormément de ressources chaque année à l’agriculture partout sur tout le continent ! En Côte d’Ivoire, nous avons approuvé, rien qu’en 2013, un don de 11 milliards de F.CFA pour le financement du Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la région de l’Indénié Djuablin (Est). 

Quels rapports avez-vous avec les présidents dont vous représentez les pays au sein de la BAD ? 

Ils ont donné leur bénédiction pour la deuxième fois à ma réélection comme administrateur représentant leurs pays respectifs. 

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