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African Business

Groupe OCP se veut optimiste dans son litige américain

Les exportations d’engrais phosphatés produits par OCP vers les États-Unis risquent de subir une taxation supplémentaire de 20%. Le groupe marocain espère convaincre les autorités américaines, qui doivent rendre un avis définitif le 11 mars 2021.

Par Kimberly Adams 

La partie n’est pas terminée mais le résultat est loin d’être acquis, pour le groupe OCP. À la suite d’une plainte du concurrent Mosaic, le Département américain du commerce (DoC) souhaite appliquer des droits compensateurs de 19,97% sur les importations d’engrais phosphatés en provenance du Maroc. Ce niveau est moindre que les 23,46% redoutés, mais affaibli la position concurrentielle du groupe marocain.

Les engrais phosphatés exportés vers les États-Unis représentent environ 15% des exportations d’OCP. Si le groupe marocain ne manque pas de débouchés alternatifs, une porte risque d’être plus difficile à ouvrir.  

Si la décision du DoC est définitive, après un premier avis en novembre 2020, elle ne sera applicable que si la Commission américaine du commerce international (ITC) détermine que les importations d’engrais phosphatés en provenance du Maroc ont causé, ou risquent de causer, un préjudice à l’industrie américaine. Mosaic avait déposé sa requête en juin 2019, exigeant des droits compensateurs de plus de 70%. L’ITC rendra sa décision le 11 mars.

L’Office chérifien des phosphates a pris acte de cette décision. « Nous continuons de soutenir l’absence de fondements à l’imposition de droits compensateurs sur les importations marocaines d’engrais et demeurons optimistes quant à la décision de l’ITC qui devrait être rendue au cours des prochaines semaines », précise un communiqué. L’OCP affirme coopérer avec l’ensemble des autorités compétentes et insiste sur son engagement en tant que partenaire privilégié et innovant des agriculteurs américains.

Concernant le taux décidé par le Département du Commerce américain fixé à 19,97%, une grande partie, soit 18,42% correspondent aux droits miniers et à des licences d’exploitation des mines de phosphate. La partie américaine considère que le groupe marocain est favorisé parce qu’il ne verse pas de droits d’exploitation à l’État, ce qui relèverait de la subvention déguisée.

Ce à quoi la partie marocaine répond en exhibant les diverses taxes et dividendes versés aux caisses du Royaume. L’OCP, on le sait, contribue aux grands chantiers du pays, cultivant son image d’entreprise citoyenne. Cette manière de présenter les choses passe mal outre-Atlantique, bien que les premières exigences de Mosaic aient été largement revues à la baisse.

Un monopole peu contrarié

« Nous poursuivons notre coopération avec l’ensemble des autorités compétentes et demeurons profondément engagés en tant que partenaire privilégié et innovant des agriculteurs américains », indique le groupe OCP.

En effet, selon Kent Kaiser, directeur exécutif de Trade Alliance to Prosperity (Alliance pour la promotion de la prospérité), le géant américain des engrais cherche à étendre son emprise sur son marché. « Mosaic, propriétaire de la majorité des mines de phosphate aux États-Unis, cherche à créer un certain monopole dans un marché des engrais qui a tendance à se réduire en volume », explique-t-il au magazine marocain L’Économiste.

Pour cette raison, OCP ne manque pas de soutiens aux États-Unis, les associations et syndicats d’agriculteurs, de producteurs de cotons, de riz, de céréales, etc., ont adressé des courriers à l’ITC et au DoC pour exprimer leurs craintes d’une concurrence monopolistique. $

L’enjeu est important pour l’OCP puisque les engrais phosphatés exportés vers les États-Unis représentent environ 15% de ses exportations. Si le groupe marocain ne manque pas de débouchés alternatifs, une porte risque d’être plus difficile à ouvrir.  

KA

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