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African Business

Golden visas : Offrir des passeports aux investisseurs

Encore embryonnaires en Afrique, les Golden Visas, ou « Visas d’or » permettent à un investisseur d’acquérir la nationalité d’un pays où il place son argent. Les programmes de résidence et de citoyenneté offrent de nombreux avantages à un large éventail de personnes qui souhaitent assurer l’éducation et la sécurité de leurs enfants.

Par ABF

Golden visas, ou régimes de résidence et de citoyenneté, deviennent à la mode, non seulement sur les marchés traditionnels d’Europe, d’Amérique du Nord et des Caraïbes, mais plus récemment sur de nombreux marchés émergents tels que les Seychelles, Dubaï ou la Thaïlande.

Dans le passé, ces Golden visas ont parfois eu mauvaise presse, étant considérés comme un moyen pour les personnes qui ont acquis leur richesse par des moyens douteux pour acquérir la citoyenneté ou la résidence dans des pays qui leur offrent confort et sécurité.

Les pays qui ont déjà mis en œuvre des programmes de migration par investissement les considèrent comme un moyen important de générer des revenus indispensables, et d’attirer une vague de brillants entrepreneurs capables de développer leurs activités dans le pays.

Cependant, la réalité est en train de faire changer les perceptions, avec des personnes de tous horizons profitant du nombre croissant de citoyennetés ou de résidences offertes aux riches investisseurs.

« La multiplicité des citoyennetés est devenue de plus en plus courante, les personnes ayant deux, trois, voire quatre passeports. Je suis l’un d’entre eux », déclare Nicolas Salerno, directeur général de Golden Visa Consultancy, une société de conseil spécialisée dans l’immobilier, l’immigration et la citoyenneté par investissement.

Qui postule ?

Les programmes de citoyenneté pour les investisseurs ​​ont proliféré ces dernières années, et la pandémie n’a fait qu’augmenter la demande de passeports ou de résidences, en particulier pour les pays offrant une grande sécurité ainsi que l’accès aux meilleurs systèmes d’éducation et de soins de santé.

Les Golden visas pour les pays de l’Union européenne sont particulièrement recherchés, étant donné le libre accès à l’ensemble de l’espace Schengen, bien que de nombreux autres pays soient également en mesure de garantir un voyage sans visa vers l’UE pour leurs résidents.

« Les investisseurs recherchent des passeports qui peuvent leur donner un accès sans visa à la plupart des pays, c’est la chose la plus importante pour eux », explique Tiago Gali Macedo, consultant en immigration du Portugal et associé directeur de NEXT/Gali Macedo & Associados.

 « Après cela, ils recherchent des pays où ils peuvent s’installer facilement et en toute sécurité avec leurs familles », ajoute-t-il. « Par conséquent, les pays politiquement stables sont en tête de liste. Avec la pandémie, trouver un pays avec un bon système de santé publique est également devenu primordial. »

Où aller ?

De nos jours, les nations des Caraïbes ne sont plus les seules à offrir une immigration basée sur l’investissement. De nombreux États membres de l’UE et des pays comme la Nouvelle-Zélande ouvrent leurs portes à ceux qui souhaitent investir dans l’immobilier, des obligations ou des initiatives gouvernementales.

En Afrique, les Seychelles et Maurice envisagent certains dispositifs pour inciter les personnes à se relocaliser. Ils offrent à la fois des avantages fiscaux mais aussi un bien meilleur style de vie et un bel environnement. Dubaï modifie également ses politiques afin que les résidences soient moins liées à un contrat de travail, ce qui était souvent le cas auparavant.

Les programmes de citoyenneté pour les investisseurs varient dans les détails, notamment en matière de coûts et de conditions de résidence, mais offrent tous le même modèle : la résidence en échange d’un investissement d’une somme d’argent non négligeable (de 100 000 à un million de dollars, ou plus) soit dans l’immobilier, obligations d’État, ou dans des projets.

À l’heure actuelle, plus de deux douzaines de pays proposent un programme qui permet aux personnes d’acquérir la citoyenneté ou des droits de résidence en échange d’un investissement dans leur pays d’accueil. L’Investment Migration Council (IMC), basé à Genève, estime que la migration par investissement est désormais une forme de migration légale utilisée par plus de 80 États souverains dans le monde.

Pour bon nombre de ces programmes, les candidats n’ont pas besoin d’avoir un permis de séjour, de vivre dans le pays ou même de passer un examen de compétence linguistique. Souvent, vous n’avez même pas besoin de déménager dans votre nouveau pays.

En septembre, la Thaïlande a annoncé qu’elle rejoignait les rangs de ceux qui ciblent les « citoyens du monde aisés », en offrant des visas de longue durée aux étrangers qui investissent 250 000 à 500 000 $ dans des biens immobiliers ou des obligations d’État. Pour le pays, dont l’économie basée sur le tourisme a été ravagée par la pandémie, c’est une opportunité de lever des capitaux d’investissement. Ils ciblent les citoyens fortunés, les retraités et les professionnels hautement qualifiés.

Les Africains ne sont pas nombreux

Les Africains représentent toujours un petit pourcentage du nombre total de personnes cherchant à migrer comme investisseurs, bien que ce nombre augmente. Selon les données officielles, ces dernières années, les Chinois représentaient près de 50 % du total des demandes approuvées dans l’UE, suivis des Russes, avec 27 %.

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord représentaient environ 18% des investisseurs agréés en Grèce depuis 2014 et 10% au Royaume-Uni depuis 2008. Entre 2012 et 2019, 275 Sud-Africains ont demandé la résidence au Portugal, 4 en Lettonie et 40 au Royaume-Uni, plaçant le pays sixième au classement général.

« L’Afrique est désavantagée injustement », considère Pierre-Marc Lecompte, directeur du Irish Investor Programme, qui a travaillé sur les programmes de migration irlandais, canadiens et portugais, durant des années.

« Sur les marchés asiatiques, vous avez de nombreuses agences, tous nos clients viennent d’agences », poursuit-il. « Quand il s’agit d’Afrique, les clients nous appellent directement, des personnes d’Afrique du Sud et du Nigeria en particulier. » D’où l’augmentation constante – à partir d’une faible base – du nombre d’Africains qui profitent des programmes de citoyenneté par investissement.

« La résidence grecque par investissement s’est engagée principalement sur la base du marché chinois et russe, alors que le paysage actuel est différent, avec des citoyens turcs, arabes et africains établissant leur présence dans le secteur », explique Christina Georgaki, une avocate grecque spécialisée dans les investissements étrangers et la migration par investissements.

Elle ajoute que le programme grec est en constante expansion, l’achat d’un bien immobilier d’une valeur de 250 000 euros restant l’un des premiers choix et le dernier ajout d’un nouveau permis de séjour via des dépôts bancaires de 400 000 euros générant des intérêts substantiels.

Meilleurs programmes de citoyenneté

Le dernier indice CBI, publié par le magazine Professional Wealth Management (PWM), a décerné à Saint-Kitts-et-Nevis le meilleur programme de citoyenneté par investissement pour 2021, sur la base d’aspects tels que la facilité de traitement, la diligence, la famille et les critères de voyage ou de résidence.

Elle a un processus accéléré qui offre la citoyenneté aux candidats retenus dans les 60 jours suivant leur demande. La citoyenneté pour une famille de quatre personnes peut être obtenue pour 150 000 $.

Cependant, d’autres considérations peuvent jouer, notamment la facilité de circulation que permettent les nouveaux passeports. Ce, particulièrement pour les personnes venant de régions comme l’Afrique, où les passeports locaux ne permettent pas un accès facile à une grande partie du monde, y compris, paradoxalement, à l’intérieur du continent africain.

Citoyenneté par investissement en Afrique ?

Les programmes de citoyenneté par investissement n’ont pas encore décollé en Afrique, bien que les acteurs de l’industrie voient des tendances intéressantes. « L’Éthiopie, sans mettre en place un programme d’immigration approprié, crée quelque chose d’approchant », note Nicolas Salerno de Golden Visa Consultancy.

Qui ajoute que l’Éthiopie et le Rwanda sont deux pays d’Afrique où l’on peut voir un environnement plus dynamique et propice aux affaires pour les entreprises et les particuliers étrangers. « Soit la première étape vers un visa d’immigration à long terme, où, contre un certain montant d’investissement, vous pourriez obtenir une résidence dans le pays. »

Les pays qui ont déjà mis en œuvre des programmes de migration par investissement les considèrent comme un moyen important de générer des revenus indispensables, et d’attirer une vague de brillants entrepreneurs capables de développer leurs activités dans le pays.

« Ces programmes peuvent être la pierre angulaire du développement de cette région », confirme Nestor Alfred, PDG de l’unité de citoyenneté par investissement de Sainte-Lucie. Ceux qui cherchent à obtenir la citoyenneté à Sainte-Lucie doivent généralement investir un minimum de 100 000 $, ou 165 000 $ pour un couple et 190 000 $ pour une famille de quatre personnes, ou acheter un bien immobilier d’une valeur d’au moins 300 000 $.

L’Irlande a une voie rapide spéciale pour traiter les demandes des investisseurs, explique Pierre-Marc Lecompte. Parmi les avantages : les enfants jusqu’à 24 ans peuvent être inclus dans les demandes des parents, et les candidats retenus n’ont besoin de visiter le pays qu’une fois par an pendant les cinq premières années, sans obligation par la suite. « Même ce critère a été levé pendant la période de Covid », précise-t-il.

En échange, les investissements doivent être réalisés dans des projets bénéficiant à la société irlandaise, tels que des logements sociaux, des maisons de repos, des bâtiments de soins médicaux et des hôtels depuis l’arrivée de la pandémie. Les candidats choisissant entre investir 1 million d’euros pour un minimum de trois ans, ou faire un don de 400 000 euros à une association caritative. « De cette façon, l’Irlande et l’investisseur en profitent », conclut le directeur du Irish Investor Programme.

À l’avenir, davantage de pays sont susceptibles de déployer leurs propres programmes de citoyenneté par investissement, et les Africains seront parmi ceux qui en bénéficieront. 

@ABF

ENCADRE

LE PORTUGAL

Le parcours de Monsieur Drissa

Pour la plupart des parents africains, l’avenir de leurs enfants est la chose la plus importante lorsqu’ils envisagent une seconde nationalité, ainsi que l’accès aux soins médicaux. Le Portugal dispose d’excellentes universités, et une fois qu’un investisseur reçoit son permis de séjour, il bénéficie des mêmes avantages que les citoyens portugais, dont douze ans d’enseignement obligatoire gratuit pour tous les enfants.

Les soins de santé portugais sont également parmi les meilleurs, s’étant considérablement améliorés au cours de la dernière décennie.

  1. Drissa a entendu parler pour la première fois du Golden Visa portugais au début de 2013, mais il a toujours été prudent avec les programmes d’immigration. En 2018, il discutait avec un vieil ami qui avait déjà obtenu la résidence portugaise. Cet échange a permis à M. Drissa de remettre la question de l’immigration à l’ordre du jour.

Pour M. Drissa, président d’une entreprise de commerce extérieur en Côte d’Ivoire, la décision de postuler au programme portugais Golden Visa était également due à la croissance potentielle du commerce du café dans le pays, le marché portugais devant croître de 8,2 %. % par an jusqu’en 2025 au moins. Le Portugal a également donné à M. Drissa la possibilité d’étendre ses opérations dans toute l’Europe.

Ne voulant pas déplacer sa vie au Portugal, alors il a ouvert un bureau virtuel à Lisbonne pour y gérer son activité commerciale, sans avoir besoin d’être présent dans le pays. Il a profité de l’occasion pour investir dans l’immobilier, avec une option de rachat et une garantie sur les revenus et le capital, pour obtenir à la fois un revenu de placement et une résidence portugaise.

Dans les six mois suivant sa demande, M. Drissa a obtenu une résidence temporaire qui lui a permis de voyager à travers les pays membres de l’Union européenne sans visa, avec des frais d’enregistrement d’entreprise  portugaise coûtant entre 220 et 360 euros, le processus pouvant être complété en une journée.

Demandeur  : M. Drissa, famille de trois personnes

Calendrier  :

Mars 2019 : Demande de carte de séjour d’un an

Octobre 2019 : Carte de séjour d’un an approuvée

Novembre 2019 : A reçu sa carte de séjour d’un an

ENCADRE 2

LES CARAÏBES

  1. Mohamed, de la Grenade aux États-Unis

Pour les Syriens et les Irakiens, l’obtention rapide de la citoyenneté, souvent dans les trois à quatre mois, est un facteur majeur. La sécurité et l’assurance d’un avenir pour leurs enfants et leurs parents à charge, l’éducation et l’accès aux soins médicaux sont également des facteurs importants.

En tant que père de deux jeunes garçons de moins de six ans, M. Mohammed, propriétaire d’une entreprise syrienne, souhaitait leur offrir un environnement stable et sûr. Pendant la guerre, son entreprise a été touchée et il a ressenti le besoin d’acquérir d’urgence une deuxième nationalité, de gagner en mobilité pour lui et sa famille et de démarrer une nouvelle entreprise dans un endroit plus sûr.

En considérant les options caribéennes, il a regardé les conditions économiques mais il a également eu l’idée de faire des affaires aux États-Unis, où il a envisagé d’investir dans une entreprise de restauration franchisée en s’appuyant sur sa vaste expérience dans ce domaine. Pour atteindre son objectif, le moyen le plus rapide était le programme E2, qui n’était pas une option pour les syriens, puisque la Syrie n’est pas signataire d’un traité maritime avec les États-Unis. La citoyenneté de Grenade, en revanche, s’accompagne d’une éligibilité au programme.

Un visa américain E-2 permet à un investisseur de vivre et de faire des affaires aux États-Unis en échange d’un investissement « substantiel » (le seuil minimum recommandé est de 150 000 $ à 250 000 $, selon l’activité). Cet investissement doit être dans une entreprise que l’investisseur est capable de « développer et gérer » et qui est détenue à au moins 50 % par l’investisseur.

  1. Mohammed a vu de nombreux amis au Liban postuler pour les programmes d’investissement dans les Caraïbes, et presque tous ont obtenu des passeports en très peu de temps. Il a pris la décision de postuler pour cette voie.

Après avoir obtenu son passeport grenadin, il a pu voyager en Europe avec sa famille pour passer six mois en France jusqu’à ce que son dossier pour les États-Unis soit approuvé. Une fois aux États-Unis, il est devenu associé dans une entreprise de franchise.

Requérant principal : M. Mohammed, famille de sept personnes

(conjoint, enfants à charge et parents à charge des deux côtés)

Calendrier  :

Mai 2016 : dépôt de la candidature à la Grenade

Août 2016 : Délivrance du passeport de la Grenade

Septembre 2016 : Candidature au programme E2

Janvier 2017 : approbation du programme E2

Mars 2017 : Mohammed a déménagé aux États-Unis

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