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African Business Analyse et Opinion Energie

GNL : plaidoyer pour les contrats à long terme 

GNL : plaidoyer pour les contrats à long terme 
  • Publiéjuillet 26, 2022

NJ Ayuk, de la Chambre africaine de l’énergie, s’étonne que les grands projets de gaz naturel liquéfié, au large du Sénégal et de la Mauritanie, ne soient pas sécurisés à long terme par des engagements fermes des acheteurs occidentaux auprès des compagnies.

 

Par Laurent Soucaille

Le gisement Grand Tortue Ahemeyim, au large du Sénégal et de la Mauritanie est l’un des grands projets phares de l’Afrique de l’Ouest en matière de GNL (Gaz naturel liquéfié). La compagnie américaine Kosmos Energy fournira 2,45 millions de tonnes par an de GNL pour une durée initiale de vingt ans. 

Tout en soulignant le potentiel économique de ce projet, le président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie, NJ Ayuk s’étonne qu’il ne s’accompagne pas davantage de contrats de vente de gaz à long terme.

Les responsables gouvernementaux font leur part du travail : Le Sénégal et la Mauritanie se sont efforcés d’offrir aux compagnies pétrolières et gazières internationales des conditions économiques favorables, ainsi les compagnies peuvent-elles poursuivre des projets avec des dépenses d’investissement plus faibles.

En effet, Kosmos Energy et ses partenaires (BP, Petrosen, la compagnie pétrolière publique sénégalaise, et la Société mauritanienne des hydrocarbures) n’ont réussi à obtenir des contrats de vente que pour les volumes de la phase 1 du projet Greater Tortue Ahmeyim. Et ce, malgré le fait que le projet est estimé à 15 trillions de pieds cubes de potentiel de production de gaz, soit suffisamment pour plus de trente ans de production !

Dans le cadre d’un autre partenariat prometteur entre BP et Kosmos Energy, le champ gazier en eaux très profondes de Yakaar-Teranga, au large du Sénégal, dont les réserves de gaz naturel sont estimées à 2 739 milliards de pieds cubes, seule une fraction des volumes de la phase 1 a fait l’objet de contrats. Déception du même ordre pour le projet BirAllah de BP en Mauritanie, qui n’a pas encore fait l’objet d’un contrat.

NJ Ayuk est le directeur exécutif de la Chambre africaine de l’énergie.

 

Pourtant, insiste le responsable de la Chambre africaine, lorsque les entreprises s’assurent d’acheter du GNL pendant des décennies, « elles ont beaucoup plus de chances d’obtenir le soutien des investisseurs dont elles auront besoin pour produire le gaz naturel qu’elles finiront par liquéfier ». Ce, parce que les contrats à long terme minimisent les risques pour les investisseurs ; ils savent que les recettes provenant des ventes de GNL contribueront à couvrir leurs coûts d’investissement.

 

Une priorité

Les contrats long terme minimisent les risques pour les investisseurs ; ils savent que les recettes provenant des ventes de GNL contribueront à couvrir leurs coûts d’investissement.

Sur le plan économique, aucun doute, « les perspectives sont très prometteuses, tant pour les compagnies pétrolières et gazières de la région que pour les populations du Sénégal et de la Mauritanie ». Le gaz généré par ces projets peut créer des emplois et des opportunités entrepreneuriales considérables. Il peut répondre aux besoins nationaux des programmes de conversion du gaz en électricité conçus pour lutter contre la pauvreté énergétique. Il peut être monétisé et, à son tour, contribuer à financer des infrastructures indispensables, des pipelines aux ports, avec le potentiel de favoriser la croissance et la diversification économiques. Enfin, il peut servir de matière première pour les usines pétrochimiques et d’engrais, ce qui contribuera à l’industrialisation et à une croissance économique encore plus forte.

Ce sont toutes les raisons pour lesquelles la Chambre africaine de l’énergie exhorte les entreprises de la région à faire de l’obtention de contrats de vente de gaz à long terme une priorité. En favorisant la stabilité des revenus des projets gaziers et la sécurité des investisseurs, les accords à long terme aideront le Sénégal et la Mauritanie à tirer pleinement parti de leurs ressources en gaz naturel. Ce point sera explicité dans un rapport à paraître, Petroleum Laws – Benchmarking Report for Senegal and Mauritania.

 

Le moment est venu

Alors que l’accord de vente à long terme de Kosmos Energy avec BP Gas Marketing Limited pourrait être qualifié de rare en 2020, nous avons toutes les raisons d’être optimiste quant à l’obtention de contrats de vente de gaz à long terme en 2022. Cela est particulièrement vrai sur les marchés européens, qui ont récemment opéré un changement radical en abandonnant les transactions spot (ventes immédiates ou à court terme sans garantie de transactions supplémentaires à l’avenir) pour le GNL.

Cette transition a commencé en 2021, lorsque les Européens ont commencé à ressentir les effets de la diminution des approvisionnements en gaz naturel. Mouvement amplifié par les conséquences que l’on sait de la guerre en Ukraine.

« Tous ces facteurs convergent pour créer une fenêtre d’opportunité pour l’obtention de contrats de gaz et de GNL à long terme, et les entreprises au Sénégal et en Mauritanie devraient en profiter », commente NJ Ayuk.

Les responsables gouvernementaux de ces pays font leur part du travail : Le Sénégal et la Mauritanie se sont efforcés d’offrir aux compagnies pétrolières et gazières internationales des conditions économiques favorables pour opérer à l’intérieur de leurs frontières, ce qui signifie que les compagnies peuvent poursuivre des projets avec des dépenses d’investissement plus faibles.

Aussi le plaidoyer de NJ Ayk s’adresse-t-il surtout aux compagnies pétrolières et gazières opérant au Sénégal : « Agissez maintenant pour conclure des accords de vente à long terme pour le gaz et le GNL ! » Les Européens pourraient joindre le geste à la parole en signant des accords à long terme. Notre industrie doit agir maintenant pour se mettre dans une position optimale pour attirer les investissements. « Faites ce qu’il faut pour parvenir à un accord gagnant-gagnant qui pourrait être bénéfique pour vous tout en ouvrant la voie à un avenir plus prospère pour les communautés locales, les entreprises et les particuliers. »

LS, d’après une tribune de NJ Ayuk.

@AB

 

Écrit par
Laurent Soucaille

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