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African Business

Bénin : Les réformes portent leurs fruits

Les réformes, le redressement de l’économie du Nigeria voisin et le rebond de la filière coton permettent au Bénin, progressivement, d’afficher de meilleurs indicateurs.

Cotonou, Max-Savi Carmel

Le 6 octobre 2018, Patrice Talon entamera la seconde moitié de son quinquennat. Et les Béninois n’auront jamais été aussi impatients à l’égard d’un président élu à plus de 65 % autour d’un projet de société ambitieux et de promesses de grandes réformes.

Si pendant les deux premières années, il avait du mal à convaincre face à la morosité économique et les accusations encore persistantes de conflits d’intérêts au sommet, Patrice Talon pourra désormais brandir ses performances économiques.

La très lente mise en place du Programme d’action du gouvernement (PAG) devrait tout de même permettre au Bénin d’atteindre une croissance de plus de 7 % en 2021 (6 % prévus pour 2019) pendant que plusieurs pays de la sous-région tourneraient autour de 5 %.

Une bonne nouvelle qui ressort de la dernière mission du FMI à Cotonou et qui profite à un exécutif qui peine à boucler les financements nécessaires à ses principaux projets. Patrice Talon a dû multiplier des rencontres avec des investisseurs chinois en marche du sommet sino-africain de Pékin, début septembre pour arriver à boucler ses ambitieux projets d’infrastructures.

Réformes et bonne gouvernance

Le partenariat public-privé (PPP), l’assainissement de la fiscalité, le rebond de la filière coton, la réduction drastique du train de vie de l’État et la lutte contre la corruption commencent à porter leurs fruits. Le PPP approuvé est un instrument juridique et économique important pour rassurer les investisseurs et pour créer un climat propice aux affaires. Ce qui a permis au Bénin de se hisser au 151e rang du classement Doing Business de la Banque mondiale, gagnant ainsi 4 places en 2018.

Sans nul doute, l’économie béninoise est en bien meilleure forme qu’au début du mandat de Patrice Talon. Endettement, inflation, croissance, les indicateurs sont au vert. Seul bémol, un déficit budgétaire encore élevé.

Des progrès en cours devraient conforter sa position au prochain classement. La réforme concernant le controversé Programme de vérification des importations (PVI), quoique portée par une entreprise, Bénin Control, appartenant à Patrice Talon, permet désormais une évaluation plus précise et plus exacte de la valeur des marchandises importées. Ce qui a engendré une augmentation des recettes fiscales de plus 41 % en ce qui concerne les douanes et les droits indirects.

Cette situation favorable devrait permettre, selon le ministre des Finances et de l’économie, Romuald Wadagni, d’augmenter d’au moins 7 % le budget 2019. Et, surtout, de maintenir le cap de la croissance budgétaire pour dépasser les 10 % d’augmentation nécessaire à la réalisation du PAG. Mais le Bénin a dû aussi compter sur une politique de lutte contre la corruption qui a fini par porter ses fruits.

Respectueux des critères de convergence

«Les réformes devraient continuer de façon plus accrue», selon le ministre des Finances alors que le gouvernement promet d’associer, à la révolution cotonnière, un plan stratégique de diversification des cultures agricoles. Patrice Talon ayant promis de porter de 34 % à 45 % la contribution de l’agriculture au PIB d’ici à 202s1. Le ministre de l’Agriculture vient d’annoncer « une redynamisation du secteur dans les trois prochaines années », pour en faire le pan central de l’économie.

Le gouvernement entend respecter les critères de convergence et autres seuils fixés par l’Uemoa. Ce qui lui a permis de rester, sur plusieurs critères, en deçà du seuil fixé par l’institution et de se vanter d’être «un bon élève» . C’est le cas notamment de l’inflation qui, à 0,8 % au Bénin, est largement en dessous du seuil de 3 % fixé par la surveillance multilatérale des États membres de l’Uemoa. Il en est de même pour taux d’endettement qui dépasse à peine les 60 % du PIB au Bénin contre le seuil de 70 % «autorisé» par l’institution régionale.

Néanmoins, l’Uemoa met en garde le gouvernement Talon contre «une fragilisation subite de l’économie par le déficit budgétaire dont la moyenne, à 4,2 % dans l’espace régional, est trop élevée», alors que le Bénin culmine à 5,9 % en 2017, le double des 3 % autorisés. Ce que relativise le ministre de l’Économie et des finances qui promet d’«être dans les normes d’ici à 2021». Sans nul doute, l’économie est en bien meilleure forme maintenant qu’au début du mandat.

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