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Yonis Ali Guedi (ministre) : «Passer du tout fossile au tout renouvelable»

Le ministre Yonis Ali Guedi livre sa feuille de route. Djibouti, dont le développement est freiné par le déficit énergétique, doit devenir un pays non seulement indépendant, voire exportateur d’énergie. Pour cela, il mise sur les énergies renouvelables.

Par Dounia Ben Mohamed 

L’électricité est un défi pour Djibouti. Aussi, le développement énergétique apparaît-il comme un des axes prioritaires, et transversaux, de la Vision « Djibouti 2035 ». Quelle est votre feuille de route ?

Il demeure incontestable, aujourd’hui, que l’électricité constitue l’épine dorsale de non seulement du bien-être mais aussi du développement économique d’un pays. Djibouti a entrepris un vaste chantier de création de nouvelles infrastructures de pointe à la hauteur de ses espérances (ports, chemin de fer, zone franche, industries…)

Nous sommes conscients tant du réchauffement climatique et de la demande croissance en énergie, que de l’abondance des ressources renouvelables telles que le solaire, l’éolien, le maritime et surtout la géothermie.

Pour tirer profit de son immense potentiel en énergie renouvelable et participer à l’effort mondial de lutte contre le changement climatique, Djibouti a jugé judicieux de suivre une nouvelle politique énergétique axée sur les énergies renouvelables.

Le gouvernement, sous la vision du président, s’est muni d’une politique énergétique nationale, qui consiste à explorer et exploiter les ressources renouvelables. Il vise à accroître la production nationale et à accélérer et promouvoir l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Il vise à étendre l’accès à l’électricité dans les zones rurales (électrification rurale). Et à accroitre la maitrise et l’efficacité énergétique. Ceci afin d’accélérer la transition énergétique, c’est-à-dire parvenir au 100% énergies vertes !      

Avec déjà des premières réalisations dans le domaine de l’éolien notamment… Mon ministère a nettement contribué à la concrétisation de ce projet. Nous nous sommes engagés avec la société Red Sea Power à la construction et d’un parc éolien d’une capacité de 60 MW à Ghoubet. Tous les contrats ont été signés et l’année 2020 sera complètement destinée à la construction de la centrale. Ce projet sera mis en service au deuxième trimestre de 2021 et répondra, à lui seul, à un tiers de la consommation nationale.    

Vous l’évoquez, c’est en matière de géothermie que le potentiel est le plus important. Quels sont les projets en cours ?

Ils sont au nombre de cinq dont quatre appartiennent à l’ODDEG (Office djiboutien du développement de l’énergie géothermique), tandis que la compagnie EdD (Électricité de Djibouti) pilote le cinquième. Ce dernier est situé sur le site de Fialé, il est financé par plusieurs bailleurs de fonds.

Actuellement, les trois forages de 2700 m de profondeur ont été réalisés et nous sommes en attente des résultats de tests effectués. De plus, le projet géothermique Gala-le-Koma de 50 MW est au stade de démarrage des forages. Le projet de Hanle-Garabayis, quant à lui, fait l’objet de la préparation du chantier d’exploitation avec la collaboration de l’agence japonaise de coopération JICA. Enfin, les projets géothermiques du lac Abbé et aussi d’Arta font l’objet d’étude de faisabilité, étude du sol, etc.

Ainsi, Djibouti mise plus que jamais sur les énergies renouvelables…

Pour tirer profit de son immense potentiel en énergie renouvelable et participer à l’effort mondial de lutte contre le changement climatique, Djibouti a jugé judicieux de suivre une nouvelle politique énergétique axée sur les énergies renouvelables. Et ainsi, nous nous sommes fixés comme objectifs de passer d’une production qui est actuellement à 100% fossile à une production 100% verte nationale.

Cette transition énergétique est marquée par un cadre juridique qui favorise et incite toute personne à produire pour sa propre consommation et qui libéralise la production d’électricité jusqu’ici détenue par la compagnie nationale d’électricité, EdD.    

De plus, en août 2019, nous avons établi un plan d’action quinquennal lors des laboratoires d’énergies, avec le cabinet de conseil malaisien Pemandu. Cela nous a permis d’avoir une vision claire d’objectif à atteindre très prochainement en matière d’accès à l’électricité (ODD 7), d’exploitation d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique.

Pour conclure, à terme, Djibouti devrait non seulement être autosuffisant mais également être en mesure d’exporter de l’énergie ?

Tout à fait ! Votre propos correspond clairement à notre politique de sécurité énergétique mais aussi d’intégration régionale. Nous devrons donc être en mesure de produire localement une capacité supérieure ou égale à notre consommation énergétique. Quant à l’exportation, notre expérience en matière d’interconnexion électrique nous encourage à investir davantage pour éventuellement inverser la tendance, et d’être plus que simple importateur d’énergie.

*Yonis Ali Guedi est ministre de l’Énergie, chargé des ressources naturelles

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