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African Business

Jutta Urpilainen : L’Union européenne et l’Afrique…

Par exemple, toutes les régions sont concernées par la lutte contre les changements climatiques ; en revanche, la bonne gouvernance des océans et la croissance bleue occuperont une place plus centrale dans la coopération avec le Pacifique et les Caraïbes.

De la même manière, d’autres sujets tels que l’accès à l’énergie durable et l’intégration régionale et commerciale notamment, seront davantage discutés avec les pays africains.

Une autre nouveauté sera l’accent sur la coopération internationale. L’Union européenne et les pays membres de l’Organisation des États d’Afrique des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) sont des partenaires politiques.

Je suis confiante : nous trouverons un terrain d’entente qui sera juste pour les deux parties. Nous prendrons le temps nécessaire à la conclusion d’un accord ambitieux qui nous permettra de mieux travailler ensemble et de faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés.

Ensemble, nous sommes majoritaires à l’ONU ! Cela offre la possibilité de mettre en avant des questions qui nous sont chères : comment s’entraider et éradiquer la crise sanitaire que nous connaissons ? Nous devons aussi promouvoir la paix et la sécurité, la lutte au terrorisme, réussir la transition écologique, etc.

Les nouveaux accords vont-ils intégrer les outils du monde de demain : les nouvelles technologies, les modes de communication, voire l’émergence d’un nouveau modèle économique qui s’inscrit dans une culture de proximité et de circuits courts ? 

L’adaptation aux nouvelles tendances, qu’elles soient vertes, économiques ou numériques est un volet important des négociations actuelles. Les nouvelles technologies seront clés dans l’adaptation aux changements climatiques – qui nous affectent tous et plus particulièrement les îles et les pays en développement –, pour le développement du secteur privé, de la compétitivité des entreprises et de sa main-d’œuvre.

Ces nouvelles technologies auront certainement un impact important sur le développement humain. L’accord aborde notamment l’intelligence artificielle et les technologies de l’espace.

L’Afrique vit un paradoxe : richesse du sol et du sous-sol d’un côté et misère et pauvreté de l’autre. Les nouvelles générations africaines veulent rompre avec la fatalité, briser les liens de dépendance et sortir d’une certaine forme de paternalisme. Quel écho donnez-vous à cette attente ?

L’Union européenne ne peut que se féliciter de l’aspiration des nouvelles générations, africaines et européennes, à prendre en main l’avenir de leur continent. Nous nous attachons à mettre tout en œuvre pour les soutenir et pour construire un partenariat entre égaux avec nos partenaires africains, basés sur des intérêts communs.

Jutta Urpilainen

Notre proposition d’un nouveau partenariat Afrique-UE, « Vers une stratégie globale avec l’Afrique », place d’ailleurs la jeunesse au centre de notre avenir commun. Qu’il s’agisse de créer des emplois décents, de garantir les droits sociaux ou de fournir une éducation et des compétences adéquates adaptées au marché du travail, nous ferons tout ce qui est nécessaire pour que cette génération puisse réaliser son plein potentiel.

Lors de mes visites en Afrique, j’ai eu l’occasion de rencontrer des jeunes gens engagés et dynamiques, dont des femmes et hommes entrepreneurs enthousiastes et très créatifs : c’est l’immense force de l’Afrique que nous voulons soutenir. L’UE a mis au cœur du partenariat Afrique-UE la promotion de l’investissement et le développement du secteur privé africain.

En particulier, nous aidons les micro, petites et moyennes entreprises à travers différents programmes. Ils visent à créer un environnement propice aux affaires et un climat d’investissement, à améliorer l’accès au financement, à développer les compétences et services de développement commercial et développement d’opportunités numériques.

Le sommet Europe-Afrique a été reporté à 2021. À quoi va-t-il servir, au-delà de son formalisme et de son caractère protocolaire ?

Le Sommet sert trois objectifs. Premièrement, il constitue bien sûr un moment symbolique. Mais cela n’est pas anodin. Au contraire, ce moment donne un objectif, un but à atteindre et un cadre précis pour renouveler notre partenariat.

Le Sommet est un rassemblement de 83 chefs d’État et de gouvernement, recherchant les meilleurs compromis. Il montre clairement à nos citoyens des deux côtés de la Méditerranée, l’importance que nous attachons à ce partenariat.

Deuxièmement, il constitue une opportunité, en ces moments éprouvants, de se rencontrer en personne. Cela contribue à maintenir l’élan et à garder notre partenariat vivant. Depuis la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, de nouveaux visages sont apparus. Comme avec n’importe quel partenariat, maintenir cet aspect personnel est crucial.

Cela me conduit au troisième : se rencontrer en personne au plus haut niveau nous permet de résoudre les questions demeurées en suspens. Vous l’avez dit, nous ne sommes pas d’accord sur tout ! Le Sommet est l’opportunité de trouver des compromis et de s’accorder sur des priorités communes.

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