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African Business

 Abdourahman Ali Abdillahi : « Faire d’Air Djibouti la plateforme aérienne de la Corne de l’Afrique »

Nouvelles liaisons, nouveaux appareils, le tout s’inscrit dans une nouvelle feuille de route des plus ambitieuses. Cinq ans après sa relance, Air Djibouti, semble avoir dépassé la phase de restructuration et amorce son redécollage.

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed

Cinq ans après la reprise de la compagnie nationale, quel bilan dressez-vous ?

Air Djibouti a en effet été relancée en 2015, je suis à ce poste depuis deux ans et demi, on peut dire que pas mal de choses ont été réalisées. Sur le plan des opérations, au niveau de l’aéroport… Nous avons acheté de nouveaux avions, du personnel a été envoyé en formation, de nouvelles routes ont été ouvertes.

Je citerai Aden, Mogadiscio, Addis-Abeba, et depuis le 2 janvier, Djeddah. Bientôt, nous relierons Dubaï et Nairobi, le Caire également… Et d’ici à 2025, deux liaisons vers Paris, en reprenant l’accord qui nous liait à Air France-KLM, et Londres, pour répondre aux attentes de la diaspora, de la communauté comorienne en France ou somalienne à Londres.

Autrement dit, après une première phase de restructuration, vous amorcez votre décollage. Selon quel objectif ?

Nous essayons de travailler pour créer une plateforme aérienne qui va connecter la Corne de l’Afrique. À ce titre, Djibouti est bien positionnée, il s’agit de connecter le marché de la Comesa. Pour cela, nous devons attirer les passagers régionaux. Pour Djeddah, par exemple, nous assurons la seule ligne directe, de même que pour Dubaï.

D’ici à 2025, nous assurerons deux liaisons vers Paris, en reprenant l’accord qui nous liait à Air France-KLM, et vers Londres, pour répondre aux attentes de la diaspora, de la communauté comorienne en France ou somalienne à Londres.

Nous allons organiser un pont aérien entre Djibouti et Dubaï en vue d’assurer les connexions, à partir de Djibouti, vers l’Asie et le Moyen-Orient. Pour Aden, nous venons d’obtenir l’autorisation d’assurer des vols quotidiens. D’ici l’été, la période où le trafic est le plus important, nous allons accélérer la cadence avec Nairobi, Oman. Avec un objectif de 240 000 passagers cette année.

Côté cargo, Djibouti est déjà la plateforme pour le Yémen, notamment pour les organismes internationaux, dont l’Unicef, l’Unesco… Les Américains également, pour acheminer leurs cargaisons vers la Somalie ou le Yémen. C’est pourquoi Djibouti est dotée d’infrastuctures à l’intérieur de l’aéroport afin de proposer des entrepôts et services logistiques… Nous ouvrons également une ligne de cargo Istanbul-Djeddah via Djibouti. Des axes sur lesquels nous travaillons actuellement.

Une connexion aérienne qui vient relayer les connexions déjà assurées par le port, le chemin de fer et la route…

Oui, selon cette stratégie mer-terre-ciel, à la fois pour les passagers les marchandises. Les Ougandais demain viendront à Djibouti où leurs marchandises seront dirigées vers leur entrepôt installé au sein de la zone franche. Tous les cargos qui arrivent par la mer sont acheminés vers les pays de l’hinterland, via Air Djibouti.

Cette activité cargo est au cœur de votre politique d’expansion.

Le cargo représente déjà plus de 55% de notre activité. À l’horizon 2025, nous nous sommes fixés d’autres objectifs, à la fois pour les passagers et les marchandises. Nous travaillons en étroite collaboration avec la Free Trade Zone, destinée à devenir la plus grande zone franche du continent, afin d’assurer un maillon nécessaire, le volet aérien.

C’est pourquoi Air Djibouti est en train de former les pilotes. Nous sommes également en discussion avec Airbus, pour l’achat de deux A320 pour venir compléter notre flotte qui compte un 445, un 320 et un petit Boeing pout les zones de guerre comme le Yémen. Nous disposons également d’un 727 VIP. Un pays comme Djibouti a toutes les opportunités. À nous de les lancer !

À ce titre, la formation figure-t-elle comme un volet important ?

Bien sûr, nous avons mis l’accent sur la formation. Car une compagnie aérienne ne peut se développer sans former ses équipes. Nous avons des jeunes en cours de formation. Nous sommes également en train de mettre en place un centre de maintenance pour les avions. Des ingénieurs viennent de rentrer de Chine. Et je souligne que nous comptons cinq femmes pilotes, une première à Djibouti !

Abdourahman Ali Abdillahi est le directeur général de Air Djibouti

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