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African Business

Pour un écosystème des nouvelles technologies

Les mentalités avancent très vite. Par exemple, avec le e-parapheur, les visioconférences, les dirigeants d’entreprises voient les économies réalisées par rapport aux voyages d’affaires !

Face aux besoins, entre État, privés, PPP, une « troisième voie » émerge : une forme de partenariat État-privé-société civile. « C’est ainsi que sont produites les cartes sanitaires du Sénégal, par exemple, fruit de la coopération de quelque 400 personnes. » Logique intermédiaire entre le marché et le bénévolat.

Radia Garrigues confirme l’intérêt d’impliquer la société civile. « Au-delà du digital, se présentent de grandes opportunités dans l’ensemble de la filière Tech. » Y compris, par exemple, dans le domaine de l’agroalimentaire. On le voit au Gabon, encore trop dépendant des importations dans ce domaine. Pour cela, il faut apprendre à travailler ensemble, des ONG aux grandes entreprises.

Concernant le coup de pouce nécessaire aux start-up, Radia Garrigues constate que ces dernières doivent encore être en mesure de tester leurs marchés, après la phase d’innovation, afin de commercialiser leur produit.

« En Afrique, nous devons mieux financer la Recherche. Deux mondes se font face à face, l’entrepreneuriat et la recherche ; c’est dommage, il faut que les gens travaillent ensemble. » L’argent ne peut pas tout, il faut des scientifiques, des ingénieurs, et bien sûr l’implication de l’État, pour rendre les projets pérennes.

Sur ce point, Hicham Houssaini rebondit : Le développement repose sur 4E : entrepreneuriat, education, e-gouvernement ; e-infrastructure. « L’Afrique a le potentiel d’être le laboratoire IT de la planète ! Ne serait-ce que grâce à sa jeunesse, sa démographie. »

Le système d’éducation doit être à la hauteur de ces enjeux, en Afrique. C’est là que réside l’investissement essentiel.

Un recentrage des investissements vers l’essentiel

Certes, réplique Karim Sy, mais « à quoi sert-il d’avoir les infrastructures si on ne dispose pas des équipes pour s’en servir ? » D’où l’utilité d’intégrer chaque acteur concerné aux projets. Bien sûr, on n’éduquera plus nos enfants comme il y a quelques décennies. L’usage des technologies doit être repensé à l’aune des besoins de chaque secteur. Éduquer, se nourrir, se soigner, etc.

En raison de la crise, certains projets seront abandonnés. Les innovateurs vont se recentrer sur des projets plus sérieux et davantage rentable. « Nous verrons qu’il n’y a pas que les réseaux sociaux dans le numérique ! », ironise Karim Sy.

Le directeur général de Microsoft Maroc confirme : il y aura un « après-Covid ». L’impact économique sera important, il y aura un passage de secteurs d’activité à d’autres, et dans ce contexte, les IT en sortiront gagnantes.

Certains projets seront freinés, mais d’autre start-up progresseront, par exemple dans le e commerce, les chaînes de logistique, la gestion de données. « Nous avons besoin, en effet, que les start-up se reconcentrent sur des marchés essentiels. »

Radia Garrigues demande que la manne financière qui ne manquera pas de déferler vers les PME touche également les start-up et l’innovation. « Les fonds destinés à la Recherche doivent être débloqués. On les considère souvent comme non prioritaires, c’est dommage. » 

Sur ce point, Karim Sy fait observer que la situation est différente d’un pays à l’autre. De nombreux pays aident leurs start-up. Au Ghana, par exemple, l’initiative d’appui aux jeunes pousses est directement logée à la Présidence…

Bien entendu, tous ces discours n’ont d’intérêt que si toute l’Afrique est connectée et si les populations ont accès aux technologies de base. Il existe des outils pour améliorer la connectivité des zones blanches. Initiative4Africa, par exemple, se base sur trois axes majeurs : éducation, mise à disposition de contenus ; accompagner les start-up ; améliorer la connectivité.

Karim Sy se veut optimiste, sur ce point, rappelant que plusieurs projets de nano satellite ont pour but de connecter toute la planète ! Très bientôt, la connectivité sera moins un enjeu, si ces projets sont menés à terme. En Afrique, la fibre se développe, « ce qui ne manquera pas de soulever la question de la souveraineté digitale », prévient l’expert sénégalais.

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