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Cameroun : Le difficile pari de la croissance

Dix ans après la mise en oeuvre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi, le Cameroun a mal à sa croissance, qui demeure à 4,5 % en moyenne. Une progression qui éloigne le statut de pays émergent en 2035.

Douala, Frédéric Nonos

Les indicateurs du Cameroun ne sont guère satisfaisants. Loin d’être négligeable bien sûr, la croissance économique est inférieure au rythme soutenu prévu par le DSCE (Document de stratégie pour la croissance et l’emploi), la feuille de route suivie depuis 2009.

« Le souhait était d’atteindre une croissance moyenne de 5,5 % sur la période de planifica­tion. Mais nous n’avons atteint que 4,5 %. Le taux de pauvreté a reculé de 3 points au lieu de 10 », a révélé en janvier, Paul Tasong, le ministre délégué à l’Économie, à la planifica­tion et l’aménagement du territoire. Qui dres­sait ainsi une évaluation sommaire du DSCE, qui deviendra caduc en décembre 2019.

Voici dix ans, le Cameroun a adopté ce document comme « boussole » vers son émer­gence en 2035. Au cours de cette période, la croissance annuelle du PIB non-pétrolier était projetée à 5,5 % en moyenne contre 4 %, de 2000 à 2010. Le ratio des recettes non pétrolières sur le PIB était anticipé à 13,1 % en 2020 contre 12,3 % en 2009, l’amélioration devant traduire les efforts accrus de mobilisa­tion des recettes des administrations fiscales.

Le solde primaire hors pétrole devait s’amé­liorer de 2,1 points, passant de -5,8 % en 2008 à -3,9 % du PIB en 2020. En matière de stra­tégie, le DSCE visait d’abord à réconcilier, à moyen terme, la nécessité de maintenir un cadre macroéconomique stable et la pour­suite rigoureuse du programme économique et social du pays, issu du Document de straté­gie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Ce dernier avait permis au pays de maintenir une croissance annuelle de 4 % entre 2003 et 2008.

Le Cameroun s’engage dans un processus de réallocation de l’activité économique, des secteurs les moins productifs, vers les plus productifs. Dans cette perspective, le gouvernement a lancé un appel à « contribution scientifique » portant sur dix thématiques.

Le DSCE devait ensuite permettre la réali­sation d’une croissance soutenue à travers la mise en oeuvre de grands projets d’investis­sement et par la relance de filières porteuses. Enfin, le document pointait la nécessité de résorber le déficit social à travers la création d’emplois décents et un meilleur accès des populations aux services sociaux de base.

Dans l’aventure, l’État et ses partenaires ont mobilisé plus de 1 000 milliards de F.CFA (1,52 milliard d’euros) pour réaliser des projets à forte valeur ajoutée. Il s’agit notamment de la construction du port en eau profonde de Kribi, de près de 2000 km de routes, d’un deuxième pont sur le Wouri à Douala, des barrages hydroélectriques pour près de 750 nouveaux mégawatts de puis­sance, 6 500 km de câble de fibre optique ou encore de 2 500 logements sociaux à Douala et Yaoundé, etc.

Contraste

Des réalisations, heureusement, accompa­gnées de réformes. Notamment celle de 2013 sur l’incitation des investissements. Cette loi accorde des abattements fiscaux pendant cinq ans à toute entreprise nouvellement créée. Selon l’API (Agence de promotion des inves­tissements), 61 000 emplois ont été créés de 2010 à 2019.

Au cours de la même période, 171 conventions ont été signées pour un montant de plus de 1 000 milliards de F.CFA. Autre chiffre qui contraste avec le taux de croissance global, celui des entreprises privées, dont l’activité globale a bondi de 123 % en dix ans.

Le rapport préliminaire du deuxième Recensement général des entreprises (RGE- 2) publié en avril 2018, révèle que le tissu des entreprises a connu une dynamique de créa­tion remarquable : évaluées en 2009 à 93 969, les entreprises se chiffraient en 2016, à 209 482 unités en activité et exerçant dans un local professionnel fixe. Parmi elles, 203 419 entre­prises siège et 6 063 établissements.

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