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Energie

L’indépendance de l’Europe passe par le Sud

L’indépendance de l’Europe passe par le Sud
  • Publiéjuin 22, 2022

L’Union européenne dégage de nouveaux moyens en faveur de son plan stratégique visant à mettre fin à sa dépendance vis-à-vis du gaz russe. Une diversification des fournisseurs pour laquelle le marché africain de l’hydrogène renouvelable est appelé à jouer un grand rôle.

 

Par Leo Komminoth

Un plan de l’Union européenne, REPowerUE, vise à rendre l’Europe indépendante des combustibles fossiles russes avant 2030 appelle à un dialogue renouvelé avec les producteurs africains de GNL et d’hydrogène. Ce 21 juin, la Commission européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont officialisé le lancement de deux nouveaux modèles d’instruments financiers combinant des subventions et des prêts à l’appui des objectifs du REPowerEU. Il s’agit de mobiliser tant les capitaux publics que les fonds privés.

De nombreux pays africains ont déjà annoncé le développement de projets d’hydrogène vert, suscitant l’intérêt de l’industrie européenne. L’Égypte et le Zimbabwe, par exemple, ont déjà installé plus de 100 mégawatts d’électrolyseurs.

Dans le cadre de ce plan, commandé par le Conseil européen au printemps, l’UE vise à conclure un accord trilatéral avec l’Égypte et Israël pour approvisionner l’Europe en GNL. En outre, la Commission européenne indique qu’elle souhaite relancer son dialogue sur l’énergie avec l’Algérie et qu’elle étudie le potentiel inexploité de GNL de pays d’Afrique de l’Ouest tels que le Nigeria, le Sénégal et l’Angola.

Le plan REPowerEU prévoit des mesures immédiates en matière d’économies d’énergie, de diversification des sources d’approvisionnement et d’accélération du déploiement des énergies renouvelables, dans le but de mettre fin aux importations de gaz russe tout en luttant contre la crise climatique.

L’UE a déjà obtenu des niveaux records d’importations de GNL de la part de ses partenaires internationaux depuis le début de l’année. De janvier à avril 2022, 42 milliards de mètres cubes (mmc) de GNL ont été livrés sur le continent, ce qui représente environ 10 % de la consommation de gaz de l’UE en 2020. Bien que la plupart de ces livraisons proviennent des États-Unis, l’UE se tourne progressivement vers le sud pour trouver d’autres partenaires. La nouvelle stratégie décrit les objectifs à court terme de Bruxelles pour développer de nouveaux partenariats avec les pays producteurs de gaz, ainsi que pour renforcer la coopération dans le secteur de l’hydrogène.

 

Une demande croissante d’hydrogène renouvelable

L’UE recherche également des partenaires mondiaux pour augmenter la part d’hydrogène renouvelable dans son bouquet énergétique, dans lequel les pays africains sont appelés à jouer un rôle majeur. Le plan REPowerEU prévoit que les partenariats pour l’hydrogène en Afrique faciliteront l’importation de 10 millions de tonnes d’hydrogène d’ici à 2030, en remplacement d’environ 18 milliards de mètres cubes de gaz russe importé.

« Le sud de la Méditerranée est une région qui présente un potentiel particulièrement élevé de production d’hydrogène renouvelable », indique la Commission européenne. « Toutefois, ce marché doit encore être développé et nécessite, globalement, une expansion significative de la production renouvelable et la disponibilité de l’eau. »

Des engagements bilatéraux sont déjà en cours pour assurer le développement d’un commerce d’hydrogène renouvelable entre les deux rives de la Méditerranée. L’année dernière, la Commission européenne a lancé des travaux sur un partenariat vert UE-Maroc. Plus récemment, un partenariat UE-Égypte pour l’hydrogène a été discuté au Caire ; il se veut « le premier tremplin pour une coopération plus large en matière d’hydrogène renouvelable entre l’Europe, l’Afrique et le Golfe, une autre région aux ressources abondantes pour la production d’hydrogène ».

De nombreux pays africains ont déjà annoncé le développement de projets d’hydrogène vert, suscitant l’intérêt de l’industrie européenne. L’Égypte et le Zimbabwe, par exemple, ont déjà installé plus de 100 mégawatts d’électrolyseurs. L’électrolyse est un procédé qui consiste à utiliser l’électricité pour séparer l’eau en hydrogène et en oxygène.

 

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@AB

Écrit par
Leo Komminoth

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