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Energie

Le Niger exemplaire dans l’énergie renouvelable

Le Niger exemplaire dans l’énergie renouvelable
  • Publiéavril 1, 2022

La région du Tahou, entre Niamey et Agadez, accueillera le premier grand parc éolien du Niger. Construit par la firme britannique Savannah Energy, le site alimentera en électricité la demande nationale et africaine. Un exemple d’utilisation des ressources renouvelables.

Par Paule Fax

Des pays riches en ressources renouvelables, et aux objectifs ambitieux d’accès universel à l’électricité, font déjà des progrès significatifs vers la diversification, en adoptant les technologies d’énergie renouvelable. Tel est le constat de la Chambre africaine de l’Énergie (AEC) qui en veut pour modèle le Niger.

À Londres, Savannah Energy et Sani Mahamadou, ministre nigérien du Pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables ont d’ailleurs signé, le 29 mars 2022, un accord pour le développement d’un parc éolien de 250 MW dans la région de Tahou. Ce parc sera le premier du pays ; il comprendra jusqu’à 60 turbines, dont l’électricité sera intégrée au réseau électrique national et régional.

« Le message est clair : si vous créez un environnement propice qui respecte l’entreprise et le marché libre, les investissements viendront ; le gouvernement du Niger a fait exactement cela », commente NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.

« Le projet marque une étape importante vers la réduction de la pauvreté énergétique en Afrique de l’Ouest, augmentant la capacité de production et l’accès à l’électricité du pays tout en servant de modèle pour d’autres pays riches en énergies renouvelables qui cherchent à diversifier leur mix énergétique », se félicite l’AEC.

Pour Sani Mahamadou, le parc éolien de Tarka constitue « un projet transformateur pour le Niger, qui pourrait augmenter considérablement la capacité de production d’électricité du pays sur le réseau ». Selon le ministre, le parc devrait stimuler « une augmentation significative de l’activité économique » dans le pays, créant directement et indirectement des milliers d’emplois au cours de la prochaine décennie. Ce projet entre dans le cadre du programme « Renaissance acte III » du président Mohamed Bazoum, dans son volet « Faciliter l’accès à l’énergie aux populations » ; lequel met un accent particulier sur le développement des énergies renouvelables.

Concrètement, Savannah Parc Eolien de la Tarka (Spet) devrait livrer sa première production d’électricité à l’horizon 2025. D’ici là, une étude de faisabilité de deux ans sera menée afin d’évaluer les conditions de vent ainsi que la manière d’intégrer la production aux réseaux. Le projet devrait tirer parti du développement du réseau régional d’interconnexion à haute tension, West African Power Pool (WAPP) ; les travaux en cours permettront la connexion du Niger au WAPP en 2023.

 

« Une bouffée d’air frais »

En tant qu’acteur majeur de l’énergie au Nigeria, au Tchad et au Niger, Savannah Energy a déjà réalisé des progrès significatifs dans la promotion du développement énergétique de l’Afrique, explique l’AEC. Au Nigeria, la société britannique est impliquée dans le secteur en amont ; elle détient des intérêts dans deux champs pétroliers et gaziers onshore à grande échelle. En aval, elle compte une participation de 80 % dans l’installation de traitement de 200 millions de pieds cubes standard par jour d’Accugas ainsi que d’un réseau de gazoducs de 260 km. Grâce à ces projets, la société fournit du gaz pour permettre plus de 10 % de la production d’énergie thermique du pays.

Mahamane Sani Mahamadou (à droite), ministre du Pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables du Niger, serre la main d’Andrew Knott, PDG de Savannah Energy, lors d’une cérémonie à la Chambre des Communes, le 28 mars 2022. Ce, en présence Vicky Ford (debout, au centre), ministre britannique pour l’Afrique.

 

À l’est du Niger, Savannah Energy détient des intérêts sous licence couvrant 13 655 km² dans le bassin du rift d’Agadem, soit environ 50 % du principal bassin pétrolier du pays. À ce jour, la société a signalé cinq découvertes à partir de cinq puits répartis sur cinq champs pétrolifères. En conséquence, elle représente l’un des poids lourds de l’Afrique de l’Ouest et sera un partenaire précieux pour le Niger alors que le pays s’efforce d’atteindre ses objectifs en matière d’énergie renouvelable.

« Le message est clair : si vous créez un environnement propice qui respecte l’entreprise et le marché libre, les investissements viendront ; le gouvernement du Niger a fait exactement cela », commente NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.

Qui voit dans l’annonce du futur parc éolien « une bouffée d’air frais en Afrique avec un fort accent sur l’avenir de l’énergie ». Le projet inaugural d’énergie renouvelable de la société sera essentiel pour le Niger alors qu’il s’apprête à abolir la pauvreté énergétique tout en renforçant le rôle des énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays. « Le protocole d’accord signé à Londres annonce une nouvelle ère d’investissements et de développement au Niger et en Afrique », conclu NJ Ayuk.

@PauleFax

 

 

Écrit par
Paule Fax

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