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African Business

Les 250 premières entreprises africaines

Les assurances, les services financiers diversifiés et les marchés de capitaux représentent des catégories différentes dans ce classement mais, si on les regroupe, les services financiers affichent une valeur boursière totale de 266 milliards $, soit 30 % du total. Trois Bourses africaines sont elles-mêmes cotées – Johannesbourg, Nairobi et Dar-es-Salaam, chacune sur sa propre place, mais seule la JSE est assez importante pour figurer dans le palmarès des plus grandes entreprises, au 103e rang cette année (120e l’an dernier).

Les médias arrivent en deuxième position, après les services financiers, en valeur, mais la seule société présente dans le Top 250 est Naspers. Bien que les sociétés dans le secteur des médias et du contenu continuent de prospérer en Afrique, peu de sociétés africaines attirent les investisseurs.

Le troisième secteur est celui des métaux et des minerais, porté par la reprise des prix des matières premières qui a conduit à des progressions spectaculaires, telles que celle d’Anglo American, cotée aux Bourses de Londres et de Johannesbourg, qui a vu sa valeur boursière croître de 64 %, pour s’établir à 30 milliards $, et est passé du 6e rang au 4e rang.

Cette année, de grandes sociétés ayant leur siège social hors de l’Afrique du Sud ont poursuivi leur expansion sur le continent.

Les services de télécommunications sans fil arrivent en quatrième place, regroupant Vodacom, MTN, Safaricom et plus bas dans le tableau, les opérateurs égyptiens Vodafone, Orange et Global, ainsi que le zimbabwéen Econet. Cette catégorie ne comprend pas les sociétés de télécommunications diversifiées, telles que Maroc Telecom (au 11e rang global) et la sénégalaise Sonatel (44e rang). Le secteur des télécommunications regroupé représente 9,5 % de la valeur boursière totale.

Le septième secteur (qui occupait la quatrième place l’an dernier) est celui des textiles, vêtements et articles de luxe, mais comprend uniquement Financière Richemont. Parmi les sociétés dans le secteur de la consommation plus axées sur l’Afrique figurent les entreprises dans l’alimentation telles que Shoprite (qui s’est hissée du 18e au 15e rang, après une hausse de 40 % de sa valeur boursière, à 13 milliards $), et les détaillants de mode Mr Price au 30e rang (qui a grimpé de 20 places après avoir plus que doublé sa valeur boursière) et Foschini (passé du 65e au 42e rang).

Des « lions africains » en plein essor

Cette année, de grandes sociétés ayant leur siège social hors de l’Afrique du Sud ont poursuivi leur expansion sur le continent. Le nigérian Dangote Cement, premier fabricant de ciment d’Afrique, affiche une augmentation annuelle de 51 % de son excédent brut d’exploitation, à 388 milliards de nairas (1,1 milliard $) ; sa marge impressionnante de 48 % est due principalement aux énormes bénéfices liés à ses activités nigérianes. La société a réduit sa dette nette et accru ses dividendes.

Dangote Cement a conservé près de 65 % du marché nigérian malgré une chute de 16 % des volumes de ciment vendus (12,7 millions de tonnes), en raison du ralentissement du marché de la construction. Les volumes de ciment panafricains ont augmenté de 8 % et représentent aujourd’hui 9,4 millions de tonnes, à la faveur d’une hausse au Sénégal, en Éthiopie et au Cameroun, et d’une nouvelle production au Congo et en Sierra Leone. Dangote Cement est désormais présent dans dix pays, dont l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Nigeria, où les usines géantes ont fait du pays un exportateur net de ciment. Ayant brillamment réussi dans l’un des environnements d’affaires les plus contraignants d’Afrique, la société semble idéalement placée pour profiter de l’essor de la construction dans les mégapoles africaines ainsi que dans les infrastructures.

Safaricom continue d’engranger des bénéfices. Les marchés est-africains ont pris une longueur d’avance sur de nombreux pays développés en utilisant la technologie pour créer de nouveaux canaux d’offres de services pour les entreprises. En septembre 2017, la société comptait 29,5 millions de clients, dont 19,3 millions avaient utilisé M-PESA Mobile Money dans les 30 jours précédents. Les revenus issus de l’utilisation du mobile ont progressé de 31 % pour s’établir à 17,6 milliards de shillings (170,5 millions $) au premier semestre 2017 tandis que les revenus liés à M-PESA ont augmenté de 16 % pour atteindre 30,1 milliards de shillings (291,6 millions $).

Les sociétés marocaines cotées à la Bourse de Casablanca sont des géants continentaux. Maroc Telecom a mis du temps avant de voir augmenter ses bénéfices et sa valeur boursière mais elle bien placée aujourd’hui. Attijariwafa Bank s’est positionné comme un bailleur de fonds aux sociétés de nouvelles technologies, espérant tirer profit de l’essor du big data. La banque est présente dans 25 pays, notamment des pays prometteurs en Afrique francophone et en Afrique centrale. Elle a également acquis Barclays Egypt en novembre 2017 mais elle n’a pas encore vu de hausse de ses bénéfices et de sa valeur.

La société d’exploration et de production pétrolière et gazière Tullow Oil, cotée à Londres et au Ghana, s’est hissée du 43e au 37e rang du tableau alors que sa valeur boursière a atteint 5,4 milliards $, grâce à l’augmentation du cours du pétrole, renouant avec les bénéfices après trois ans de pertes (755 millions $ en 2016).

L’égyptien Eastern Co continue de grimper dans le tableau, passant du 91e au 54e rang, suite à une hausse de 140 % de sa valeur boursière. Ses bénéfices proviennent surtout de la vente du tabac au niveau local et à l’exportation, mais la société poursuit sa diversification. Situé au 60e rang, le groupe alimentaire Nestlé Nigeria a gagné dix places.

Des perspectives attractives pour 2018

Parmi les autres sociétés ayant bien progressé dans le palmarès figurent la Qatar National Bank Alahly cotée à la bourse égyptienne (passée du 81e au 63e rang), l’égyptien Elsewedy Electric (qui a bondi du 104e au 69e rang) et Abou Kir Fertilizer and Chemicals (au 78e rang cette année et au 119e l’an dernier). Les opérateurs de téléphonie sans fil égyptiens Vodafone (passé du 132e au 91e rang) et Orange Egypt (du 186e rang au 93e rang) et le zimbabwéen Econet Wireless (du 158e rang au 95e rang) montrent que les télécommunications mobiles continuent d’être très appréciées sur le marché.

De nombreux investisseurs en Afrique se sont concentrés sur le long terme, ne se soucient pas trop de la volatilité des marchés, et étudient les tendances de fond – des méthodes qui sont le fondement du succès remarquable des sociétés d’investissement privé comme Actis et Helios.

Les principaux pays exportateurs de pétrole comme le Nigeria, l’Angola et le Ghana ont été durement touchés par la crise du prix du pétrole en 2014-2015. En 2017, on constatait que ces pays avaient consenti d’importants efforts pour diversifier leurs sources d’emplois et de croissance. En janvier, le président de la BAD (Banque africaine de développement), Akinwumi Adesina, prévoyait une croissance de 4,1 % en moyenne en Afrique en 2018 et 2019, avec une croissance plus rapide dans les pays qui ne sont pas dépendants des matières premières.

Selon les données des perspectives de l’économie mondiales publiées en avril 2018 par le FMI (Fonds monétaire international), sept des 20 économies à la plus forte croissance en 2018 seront en Afrique. Il s’agit de la Côte d’Ivoire (7,4 %), du Rwanda (7,2 %), du Sénégal (7,0 %), de la Tanzanie (6,4 %), du Ghana (prévisions revues à la baisse, à 6,3 %), de la Libye (16,4 %) et de l’Éthiopie (8,5 %). Néanmoins, aucune société des deux derniers pays cités ne figure dans ce tableau étant donné qu’ils ne possèdent pas de place boursière.

En Afrique, les courtiers privilégient le Maroc, qui réussit bien dans la fabrication, ainsi que l’Égypte et le Nigeria où la stabilité et la baisse des taux d’intérêt stimulent les secteurs de l’immobilier et des matériaux de construction. Maurice est prometteur.

Les principaux risques, ces prochains mois, résident dans les chocs internationaux qui pourraient provenir des superpuissances ou la hausse des taux d’intérêt dans les marchés développés, qui inciteraient les investisseurs à fuir les marchés frontières considérés comme très risqués. Les investisseurs se méfient de la faible liquidité de la plupart des Bourses africaines et des frais de la dette dans les pays qui ont émis un grand nombre d’obligations en dollars.

Une réponse à “Les 250 premières entreprises africaines”

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