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Economie-Gouvernance

Tunisie : les encouragements de la Banque mondiale

Tunisie : les encouragements de la Banque mondiale
  • Publiéavril 8, 2022

Le gouvernement tunisien a accepté un prêt concessionnel de 400 millions de dollars octroyé par la Banque mondiale. Cette somme servira à financer le projet d’appui à la protection sociale et le programme d’appui à la réponse d’urgence à la Covid-19.

 

Par Aude Darc

Une convention a été signée entre l’institution et le gouvernement tunisien, en l’occurrence par Samir Saied, ministre de l’Économie et de la planification, et le représentant résident de la Banque mondiale, Alexandre Arrobio. Elle entérine un prêt de 400 millions de dollars accordé par l’institution de Bretton-Woods ; le prêt porte un taux d’intérêt inférieur à 1% et sera remboursé durant 12 ans, après cinq ans sans versements.

Le pays, estime le représentant de la Banque mondiale, est dans une forme de « contraste », avec des difficultés qui masquent ses atouts. Parmi ces derniers, « une bonne réactivité face aux défis », comme en témoigne « une gestion impressionnante » de la crise sanitaire.

La Tunisie consacrera les fonds à l’appui des populations les plus vulnérables, notamment les ménages pauvres et à faibles revenus, afin de renforcer leur résilience face aux conséquences de la crise sanitaire. Au-delà de l’urgence, le programme prévoit également de renforcer le système de protection social dans le pays. Auprès des populations pauvres, il s’agit en outre de renforcer le capital humain, par un programme spécifique dédié à la petite enfance.

Soit au total, trois composantes ; celle consacrée directement aux impacts de la Covid-19, pour 354 millions $, les transferts pour le développement du système de protection sociale (21 millions $) et ceux pour le renforcement du capital humain (24 millions $).

Le programme sera notamment déployé dans le cadre du projet Amen Social, quelque 50 000 personnes supplémentaires devant en bénéficier (8% à 10% du total). Selon le ministre des Affaires sociales, Malek Zahi, des familles ayant des enfants de moins de six ans pourraient bénéficier d’une subvention mensuelle de 30 dinars.

La Banque mondiale avait officialisé ce prêt, le 30 mars, expliquant que ce prêt doit appuyer le projet de réponse d’urgence Covid-19 pour la protection sociale en Tunisie. Ce dernier entend aider plus de 900 000 ménages tunisiens, en situation de vulnérabilité, à surmonter les répercussions sanitaires et économiques de la pandémie.

L’objectif principal est d’intensifier l’aide fournie dans le cadre du projet initial afin d’atténuer les conséquences à moyen et long terme de la pandémie, et de renforcer la résilience face aux chocs futurs. L’objectif du projet, outre de consolider le programme social Amen, est de garantir que les transferts monétaires vers les ménages pauvres et vulnérables ne sont pas interrompus. Le projet initial avait été approuvé en mars 2021 et est entré en vigueur trois mois plus tard.

 

Une gestion impressionnante de la crise sanitaire

« Comme partout ailleurs, la Covid-19 a affecté de manière disproportionnée les plus pauvres et les plus vulnérables, explique Alexandre Arrobio. Ce financement supplémentaire aidera la Tunisie à réagir aux conséquences de la crise sanitaire. Il favorisera aussi la mise en place d’un système de protection sociale plus efficace et évolutif pour les populations vulnérables en soutenant les efforts du pays pour améliorer les conditions de vie. »

Ces dispositions, associées à d’autres mesures, contribueront à développer le capital humain du pays et à briser le cycle de la pauvreté entre les générations, considère la Banque mondiale.

Cette dernière aurait attribué environ 157 milliards $, depuis le début de la pandémie, en « réponse » à cette dernière, dans le monde. Une centaine de pays en bénéficierait. La Banque soutient également une cinquantaine de pays à faible revenu et revenu intermédiaire, dont plus de la moitié sont en Afrique, pour l’achat et la distribution des vaccins.

Alexandre Arrobio considère que la situation économique est « compliquée » pour la Tunisie et les pays du Maghreb. En raison de la crise sanitaire, mais aussi, depuis le 24 février, en raison des soubresauts politiques mondiaux. On peut s’inquiéter du niveau des prix et des difficultés d’approvisionnements, en particulier de céréales, en Afrique du Nord. Les pays non producteurs de pétrole sont les plus affectés, explique-t-il à la radio Radio Express. La Tunisie est un fort importateur de céréales, est dépendante d’énergies qui viennent de l’étranger, autant de problématiques liées à ce « choc externe » à résoudre pour le pays.

Pour autant, la Tunisie présente toujours des opportunités intéressantes, juge le représentant de la Banque mondiale, ne serait-ce qu’en raison de son capital humain, de ses talents, de la place accordée aux femmes. Le pays, estime-t-il, est dans une forme de « contraste », avec des difficultés (budget, endettement, chômage, croissance insuffisante, etc.) qui masquent ses atouts. Parmi ces derniers, « une bonne réactivité face aux défis », comme en témoigne « une gestion impressionnante » de la crise sanitaire. Il considère également que le programme Amen constitue un outil « très utile, très avantageux, qui permet de lutter contre la pauvreté multidimensionnelle ».

Par ailleurs, le 8 avril, le Conseil des Chambres mixtes a salué les mesures d’urgence visant à stimuler l’économie, annoncées une semaine plus tôt par le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Saïed.

 @AD

Écrit par
Aude Darc

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