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Economie-Gouvernance

De nouveaux DTS pour le Sénégal

De nouveaux DTS pour le Sénégal
  • Publiémai 23, 2022

Le gouvernement du Sénégal obtient un nouvel appui de la part du FMI, sous forme de Droits de tirage spéciaux. L’institution adresse un satisfecit d’ensemble à la politique économique du gouvernement, l’invitant à réduire les subventions dans l’énergie et à un peu plus de concurrence dans les marchés publics.

 

Par Laurent Soucaille

Les services du FMI ont conclu avec les autorités sénégalaises un accord qui permettra au pays de mieux accéder aux ressources prévues par la Facilité de crédit. Au-delà des modalités techniques, l’accord signifie que le Sénégal est grosso modo en phase avec les attentes de l’institution monétaire, dans le cadre d’une économie mondiale encore fragile.

La proportion de contrats de marchés publics conclus sans mise en concurrence dépasse toujours le plafond prévu. Le FMI souligne l’« importance de limiter le recours à une telle pratique pour garantir un meilleur rapport qualité-prix dans les dépenses publiques. »

N’étant pas encore un producteur majeur de pétrole, le Sénégal fait face à la flambée des cours mondiaux des produits pétroliers, ainsi que celle des denrées alimentaires. Pour stimuler son économie sans remettre en cause sa possibilité de rembourser sa dette, « il conviendrait de redéfinir les priorités et de limiter les subventions dans le secteur de l’énergie, tout en mettant en place un dispositif de soutien ciblé aux couches les plus vulnérables de la population », résume le FMI.

Cela étant, un éventuel appui de l’institution FMI permettrait au gouvernement de faire face aux chocs actuels, tout en encourageant la participation d’autres donateurs. Après approbation des revues par le Conseil d’administration du FMI, fin juin 2022, 161,8 millions de DTS (environ 216,8 millions de dollars) seront mis à la disposition du Sénégal.

« L’économie sénégalaise a débuté l’année 2022 avec une croissance très dynamique », salue l’économiste du FMI, Edward Gemayel. Cependant, la flambée des cours mondiaux des produits pétroliers et des denrées alimentaires causée par la guerre en Ukraine, combinée au ralentissement de l’activité économique chez les principaux partenaires commerciaux du Sénégal – dû en partie aux sanctions de la CEDEAO contre le Mali –, devraient entrainer un ralentissement de la croissance du PIB réel. Elle n’atteindrait que 5% en 2022, contre 5,5% initialement prévu. L’inflation devrait atteindre 5,5 %, tirée par la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie.

Une loi de finances rectificative prévoit des dépenses supplémentaires de subventions à l’énergie, de salaires de la fonction publique, des transferts monétaires aux couches les plus vulnérables de la population et de sécurité nationale. Ces nouvelles dépenses porteront le déficit budgétaire à 6,2 % du PIB, contre 4,8 % du PIB dans la loi de finances initiale, calcule le FMI. Les autorités sénégalaises et les services du FMI ont convenu d’un ensemble de mesures pour éviter les dérapages budgétaires et garantir que le déficit des finances publiques converge vers sa cible de 3 % du PIB d’ici 2024, conformément aux orientations du Conseil des ministres de l’UEMOA.

 

Pour une feuille de route plus crédible

« Le gouvernement a fait des progrès dans la mise en œuvre de son programme soutenu par le FMI », s’est félicité Edward Gemayel, qui a conduit une délégation du Fonds auprès des officiels sénégalais. Le pays a respecté tous ses engagements, à l’exception de celui relatif aux recettes fiscales, devant l’urgence de répondre aux conséquences de la guerre en Ukraine.

Autre reproche du FMI : la proportion de contrats de marchés publics conclus sans mise en concurrence dépasse toujours le plafond prévu. « Les services du FMI soulignent l’importance de limiter le recours à une telle pratique pour garantir un meilleur rapport qualité-prix dans les dépenses publiques. » Toutefois, ces « services » saluent l’engagement des autorités à revoir le Code des marchés publics afin de réduire le nombre de contrats de marchés publics conclus sans mise en concurrence.

Afin de respecter ses engagements, le Sénégal a mis l’accent sur l’élargissement et le développement du registre national unique, « qui permettra de mieux répondre aux chocs futurs par des mesures plus ciblées ». Le FMI encourage également les autorités à accélérer la finalisation d’une feuille de route crédible pour supprimer progressivement les subventions au secteur de l’énergie. En outre, il estime que la stratégie des recettes à moyen terme devait être mise en œuvre de manière plus résolue pour renforcer la mobilisation des recettes intérieures.

« Les services du FMI saluent les efforts en cours en vue d’aligner le cadre de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme sur les normes internationales et la volonté des autorités à accorder plus d’attention à la question de la sécurité alimentaire », conclut le FMI. Qui encouragent l’État à parachever le cadre réglementaire et institutionnel du secteur de l’énergie, d’ici à l’élaboration de loi des finances 2023. Enfin, les autorités sénégalaises et les services du FMI conviennent de la nécessité d’accélérer la restructuration de La Poste.

@AB

Écrit par
Laurent Soucaille

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