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Economie

Sénégal : Les voyants sont au vert

Sénégal : Les voyants sont au vert
  • Publiéjanvier 11, 2022

Le FMI adresse un satisfecit au Sénégal pour sa gestion de la crise sanitaire et ses perspectives économiques. Avis qui se double d’une nouvelle attribution de Droits de tirages spéciaux, à hauteur de 180 millions de dollars.

Par Aude Darc

Les indicateurs suggèrent qu’une reprise économique est en cours, tirée par la production industrielle, les services et l’activité de vente au détail. Tel est l’avis du FMI (Fonds monétaire international) qui constate aussi que le nombre de cas de Covid-19 reste relativement faible et qu’environ 14% de la population adulte est vaccinée.

« La pandémie a interrompu une décennie de forte croissance et de progrès en matière de développement au Sénégal. L’économie sénégalaise est désormais sur la bonne voie pour une reprise solide », résume Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI.

La politique menée, qui a reçu l’appui du FMI, affiche « des performances satisfaisantes », juge l’institution dans une note publiée ce 11 janvier 2022. Les différents dispositifs contribuent à soutenir la réponse des autorités à la crise, selon un triptyque : promouvoir une reprise à grande échelle ; catalyser des financements concessionnels supplémentaires ; renforcer la position extérieure de l’UEMOA.

Cet avis du FMI ne vient pas seul : l’institution de Washington va décaisser 129,4 millions de DTS (Droits de tirage spéciaux), équivalents à 180 millions de dollars. Il résume :

« Le maintien de la stabilité macroéconomique, l’amélioration de la prestation des services publics, la suppression progressive des subventions à l’énergie, l’augmentation des investissements dans l’éducation et la protection sociale ainsi que l’accélération des réformes visant à surmonter les principales contraintes au développement du secteur privé soutiendront une croissance forte, inclusive et riche en emplois. »

Ce nouvel effort financier porte le total des décaissements au titre des accords passés à 258,8 millions de DTS (environ 360 millions $). L’État du Sénégal et le FMI avaient signé, voici juste deux ans, l’Instrument triennal de coordination de la politique économique.

Il s’articule autour de trois piliers : parvenir à une croissance inclusive et tirée par le secteur privé, consolider la stabilité macroéconomique grâce à une politique budgétaire prudente et à une dette saine ; gérer les revenus pétroliers et gaziers de manière durable et transparente. Bien sûr, ce plan a été bousculé par la crise sanitaire, qui a nécessité un nouvel appui.

Un creusement temporaire des déficits

Cela étant, se félicite l’institution de Washington, « les autorités sénégalaises respectent leurs engagements en matière de transparence des dépenses liées à la pandémie ». En effet, elles ont publié des rapports détaillés sur l’exécution du budget, ainsi qu’un audit spécial du fonds Covid-19 et un audit sur la régularité des procédures de passation des marchés. D’ici à mars 2022, la Cour des comptes devrait publier son rapport final sur le budget 2020.

En matière économique, la forte reprise, en cours depuis la mi-2020, a permis une révision en hausse de la croissance de 2021, qui avoisinerait 5%, contre 3,5% initialement prévus. « La reprise devrait se poursuivre en 2022 et au-delà, avec une nouvelle impulsion temporaire de la production de pétrole et de gaz en 2023-2024. »

Le budget supplémentaire 2021 intègre des dépenses exceptionnelles supplémentaires liées à l’utilisation d’environ les deux tiers de l’allocation de DTS du Sénégal (0,9% du PIB) pour soutenir la reprise et renforcer la protection sociale et le secteur de la santé, y compris la production nationale de vaccins.

Ceci, ajouté aux dépenses supplémentaires en subventions énergétiques, portera le déficit de 2021 à 6,3 % du PIB. La dette du secteur public du Sénégal devrait atteindre 73 % du PIB en 2021 avant de baisser progressivement à moins de 60 % du PIB.

Kristalina Georgieva et Macky Sall

Le déficit du compte courant de 2021 devrait se creuser à 10,6 % du PIB avant de revenir à environ 5 % du PIB à moyen terme. Rien qui alarme le FMI qui constate que le système financier est resté « résilient » pendant la pandémie, en partie grâce à la position accommodante de la BCEAO, la Banque centrale.

Vers une croissance plus inclusive

Bien sûr, toute incertitude n’est pas levée mais les risques diminuent. Ils consistent notamment en des épidémies répétées de la Covid-19, en la détérioration de la situation sécuritaire régionale, en des retards dans le démarrage de la production de pétrole et de gaz. Sans oublier une possible hausse rapide des taux d’intérêt mondiaux.

« La pandémie a interrompu une décennie de forte croissance et de progrès en matière de développement au Sénégal. Cela a causé de graves difficultés à de nombreux ménages, bien que l’impact sur l’économie sénégalaise ait été atténué par la réponse énergique des autorités. L’économie sénégalaise est désormais sur la bonne voie pour une reprise solide », résume Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI.

« La politique budgétaire doit rester ancrée dans un assainissement crédible basé sur les recettes vers un déficit budgétaire de 3 % du PIB d’ici 2024, conformément aux engagements de l’UEMOA », juge le FMI. Qui conclut : « Pour parvenir à une croissance plus inclusive, il faudra améliorer davantage l’environnement des affaires, renforcer le filet de sécurité sociale, élargir l’accès à une éducation de qualité et lutter contre le chômage des jeunes. »

@AD

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Par Aude Darc

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