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African Business

Pluie de transactions à Durban

Des transactions portant sur 36 milliards de dollars ont été enregistrées lors de la deuxième foire commerciale intra-africaine. L’IATF 2021 s’est achevée le 21 novembre, après avoir battu son plein durant sept jours, à Durban, en Afrique du Sud.

Par Aude Darc

Quelque 39 000 participants ont animé la Foire commerciale intra-africaine. Selon les chiffres de Kanayo Awani, directrice chez Afreximbank en charge du développement du commerce intra africain, près de 12 000 personnes ont assisté physiquement à l’IATF 2021, tandis que plus de 27 000 internautes y ont participé via la plateforme virtuelle.

Les participants à l’IATF 2021 venaient de 128 pays à travers le monde. Ils ont admiré précisément 1 161 stands d’exposants, dont 838 montés par des entreprises venues de 46 pays d’Afrique et treize provenant du reste du monde.

Abidjan, en Côte d’Ivoire, accueillera la troisième IATF, en 2023. Les événements futurs incluront un salon de l’automobile, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à capitaliser sur le potentiel d’industrialisation du secteur.

Sachant que les accords commerciaux sont, pour la plupart, toujours en cours de négociation et que certains accords déjà conclus sont toujours en cours de compilation, le chiffre de 36 milliards $ dépasse déjà la barre de 32 milliards envisagée lors du dernier événement, en 2018, au Caire. Un chiffre de 40 milliards $ est déjà avancé.

Parmi ces retombées figurent notamment les réalisations d’un jeune entrepreneur nigérian qui produit des drones à usage agricole à Singapour, le déploiement d’un important dispositif d’énergie solaire par une entreprise égyptienne au Soudan du Sud, et un projet hydroélectrique de 2 100 mégawatts en Tanzanie, entièrement financé par des banques africaines.

Quatre journées pays ont été organisées, dédiées à l’Afrique du Sud, l’Égypte, la Côte d’Ivoire et le Nigeria, soit le double du nombre présenté dans la capitale égyptienne. Une journée a été consacrée aux opportunités d’investissement dans le continent, mettant l’accent sur quatre secteurs stratégiques : l’agriculture, la logistique, la technologie et le tourisme.

Un livre rassemblant les projets IATF 2021, publié en coopération avec les agences africaines de promotion des investissements, présente une multitude de projets prêts à investir.

Un engagement de haut niveau

L’ancien président nigérian, Chief Olusegun Obasanjo, président du conseil consultatif de l’IATF, a décrit l’IATF comme étant « un pas vers une Afrique économiquement fiable ».

Après le report au dernier moment de la foire qui devait se tenir à Kigali (Rwanda), Durban n’a eu que quatre mois pour préparer la biennale, dont la cérémonie d’ouverture a été rehaussée par la présence de sept chefs d’État et de gouvernement. Dont Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud et Muhammadu Buhari du Nigeria, ainsi que le Premier ministre rwandais, Edouard Ngirente, dont la présence a été décrite par le chef Obasanjo comme « une preuve d’engagement envers l’IATF au plus haut niveau ».

 « Que l’histoire se répète n’est pas forcément une mauvaise chose en Afrique », a déclaré le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Il fait allusion au fait que l’Afrique, pendant des siècles, à l’époque précoloniale, a été un centre commercial prospère. Aujourd’hui, le continent « prend des mesures concrètes pour écrire sa propre histoire de réussite économique ».

Il souhaite que le « label doré » Made in Africa ne se réalise pas ailleurs dans le monde qu’en Afrique. « C’est essentiel si nous voulons changer les relations commerciales faussées qui existent entre les pays africains et le reste du monde », considère le président sud-africain.

La ZLECAf, entrée en vigueur cette année, ambitionne de devenir la plus grande zone commerciale du monde. Elle donnera la possibilité à l’Afrique d’accroître ses revenus de plusieurs milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Pour les intervenants à la Foire commerciale, cette promesse est particulièrement pertinente dans le contexte actuel de rebond post-Covid-19.

Se félicitant des accords conclus avec succès lors de la première édition de la foire, le directeur général d’Afreximbank a rejeté le scepticisme quant à la capacité des pays africains à stimuler entre eux et de manière significative le commerce, qui représente actuellement environ 18 % du total des biens qui traversent les frontières nationales.

« Cette foire est un point de départ » a déclaré Benedict Oramah, réaffirmant le soutien d’Afreximbank au pacte commercial de l’Afrique. « Parmi les autres raisons pour lesquelles les sceptiques ont tort : nous disposons d’un secrétariat de la ZLECAf fort et dynamique, doté des connaissances et de l’énergie nécessaires pour mener à bien son programme. » De son côté, Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement, a révélé que la mise en œuvre de la ZLECAf deviendrait une composante essentielle du programme de prêts de son institution.

Pas de limites

Acha Leke, associé principal et président de McKinsey & Company Afrique, a évoqué l’optimisme général que ressentent les investisseurs à propos du continent. « La bonne nouvelle est que nous n’avons pas perdu 150 millions d’emplois, en Afrique pendant la pandémie, nous en avons perdu environ 30 millions. Donc globalement, nous n’avons pas été aussi touchés que nous le craignions par la crise. »

Ce qui incite les investisseurs à venir et à continuer à investir sur ces marchés. Acha Leke a souligné les bonnes performances économiques de l’Afrique au cours des dernières années, avant la Covid-19 : « Les gouvernements et les investisseurs devront travailler dur ensemble pour inverser la baisse due à la pandémie. »

Aucune industrie n’a été plus touchée par la pandémie que le tourisme. Cuthbert Ncube, de l’Office du tourisme d’Afrique du Sud, a exhorté les offices du tourisme africains et les gouvernements à travailler ensemble pour aider le tourisme du continent à se remettre de la pandémie : « Nous devons commencer à briser les barrières qui nous séparent. Au cours des deux dernières années, nous avons subi le pire impact négatif sur notre secteur touristique. Cela a paralysé nos économies. »

Abidjan, en Côte d’Ivoire, accueillera la troisième IATF, en 2023. Les événements futurs incluront un salon de l’automobile, dans le cadre d’une stratégie plus large visant à capitaliser sur le potentiel d’industrialisation du secteur.

Un véhicule compte plus de 30 000 composants, ce qui ouvre des perspectives pour des industries telles que celle du caoutchouc au Nigeria, au Cameroun et en Côte d’Ivoire, sans parler des produits pétrochimiques. « Ensemble, il n’y a pas de limites à ce que nous pouvons réaliser », a conclu Akinwumi Adesina dans un message vidéo.

@Aude Darc

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