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Maroc : Une solidité à l’épreuve

L’agence Fitch Ratings souligne combien les fondamentaux du Maroc restent solides à moyen terme. Bien sûr, le Royaume subira, en 2020 et 2021, les effets de la crise sanitaire, aggravée cette année par la sécheresse du printemps.

Par Paule Fax

Sans surprise, l’agence Fitch Ratings a revu en baisse sa notation à l’égard de la dette long terme du Maroc. Au-delà des aspects techniques, voire mécaniques, de cette « dégradation », – de peu d’importance pour les finances du Royaume –, les explications des analystes méritent attention.

Ces derniers tiennent compte du ralentissement économique (contraction de 6,5% en 2020) entraîné par la crise sanitaire et la sécheresse. Une baisse des recettes budgétaires et une contraction historiquement importante du PIB entraîneront une augmentation sensible de la dette publique.

Fitch prévoit un rebond du PIB de 5% en 2021. Les nouvelles politiques de développement sectoriel et les plans du gouvernement pour lancer un fonds d’investissement stratégique en coopération avec le secteur privé appuieront la reprise économique.

De plus, les répercussions sur l’industrie et le tourisme entraîneront une aggravation significative du déficit du compte courant et de la dette extérieure nette à partir de niveaux déjà élevés.

Les autorités visent à limiter la détérioration des finances publiques, mais un impact persistant de la pandémie sur le budget et les projets d’extension des services sociaux dans un contexte de recrudescence du chômage compliqueront les efforts de stabilisation de la dette.

Il demeure, de plus, un risque de recrudescence de l’épidémie dans le pays. C’est pourquoi Fitch Ratings a abaissé d’un cran la note sur la dette souveraine du Maroc de « BBB- »  à « BB+ » ; la perspective de cette note est « stable ».

Les experts prévoient que le déficit publica atteindra 7,9% du PIB cette année contre 4,1% (hors recettes de privatisation) en 2019. Ce, bien que les deux tiers du plan de relance soient financé par des dons extérieurs et intérieurs, ce qui limite son coût pour le budget.

Le déficit des administrations publiques (Sécurité sociale, administrations locales, dépenses extrabudgétaires), grimpera à 7,3% du PIB en 2020 contre 2,8% en 2019.

Un déficit budgétaire élevé, mais soutenable

Les dépenses sociales augmenteront avec les plans annoncés par le gouvernement en faveur de la santé universelle, des assurances chômage, des pensions et des prestations familiales.

Ce, tandis que le taux de chômage formel a atteint un sommet de 19 ans, à 12,3%, au deuxième trimestre. L’expansion de la couverture sociale sera en partie financée par des cotisations plus élevées et la réaffectation des subventions actuelles et des dépenses sociales.

Cela entraînerait toujours des dépenses supplémentaires de 0,4% du PIB pour la seule année 2021, en plus d’une augmentation à hauteur de 1,6% du PIB des dépenses obligatoires et des dépenses de santé et d’éducation.

La hausse des dépenses associée à une lente reprise des recettes fiscales maintiendra le déficit public à un niveau élevé en 2021, à 6,5% du PIB, en ligne avec l’objectif budgétaire.

Cette prévision prend en compte les mesures de compensation envisagées par les autorités à travers un nouveau prélèvement de solidarité sur les revenus des particuliers et les bénéfices des entreprises, la réallocation des dépenses, les mesures de gestion de la masse salariale et un partenariat accru avec le secteur privé pour l’investissement public. Les élections législatives de 2021 ne devraient pas changer la donne.

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