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African Business

Malgré l’urgence, garder le cap de la résilience

La quatrième édition du Forum pour la résilience en Afrique s’est achevée le 1er octobre. Elle a permis d’unir les voix du continent, tandis que ses communautés les plus vulnérables sont confrontées à un triple défi : la crise sanitaire, les conflits et le changement climatique.

Par Kimberly Adams

Du seul fait de l’épidémie de la Covid-19, quelque 39 millions d’Africains pourraient basculer dans l’extrême pauvreté cette année, juge la BAD (Banque africaine de développement).

Tandis que dans le même temps, les différents pays ont des besoins propres (filets sociaux, charge de la dette, etc.) et doivent faire face à des coûts élevés, ce qui réduit les capacités pour les investissements cruciaux nécessaires à la réalisation d’ambitions telles que les Objectifs de développement durable.

Prenant la parole au cours du Forum pour la résilience en Afrique, le ministre de l’Économie, de la planification et de la coopération du Sénégal, Amadou Hott, a présenté plusieurs réussites de son pays, qui pourraient se révéler utiles dans la crise actuelle.

« Aujourd’hui, le montant de nos dépenses en matière de sécurité est égal à celui des investissements. Sans sécurité, il n’y a aucun investissement, aucune croissance, rien ! », a expliqué le ministre de l’Économie du Mozambique, Adriano Maleiane.

Il a rappelé que le Sénégal venait d’adopter un cadre juridique prévoyant des partenariats public-privé « souples et sûrs ».

Selon lui, la crise « nous rappelle la nécessité de réagencer nos priorités, de renforcer la protection sociale de nos populations et d’établir un développement plus endogène ».

De son côté, le président Akinwumi Adesina a mis en évidence les travaux entrepris par la BAD en faveur des financements climatiques et de projets verts majeurs, dont le programme d’énergie solaire « Desert to Power », doté de 20 milliards de dollars, qui fournira de l’énergie propre à 250 millions de personnes dans onze pays du Sahel.

 « Dans toute l’Afrique, les dépenses croissantes en matière de défense et de sécurité prennent de plus en plus la place du financement du développement des services essentiels, tels que l’éducation, la santé, l’eau, l’assainissement et les logements abordables », estime le président de la BAD. Qui juge que la situation présente compromet « la résilience nécessaire dans le long terme qui permet de mieux rebondir ». 

Les défis multiformes de cette pandémie, l’insécurité et le changement climatique continuent d’avoir un impact particulièrement fort sur les jeunes hommes, les femmes et les enfants. 

Le président Adesina a révélé que la Banque avait décidé de travailler davantage, à l’avenir, en étroite collaboration avec ses pays membres régionaux sur le dossier des obligations indexées sur la sécurité, dans le but de traiter les causes profondes de l’insécurité et de protéger les investissements et les moyens de subsistance.

La pandémie a changé la vision du monde

Pourtant, « le monde a les ressources nécessaires pour éradiquer la faim », juge le président de la BAD qui estime l’Afrique « en bonne voie » pour atteindre, d’ici cinq ans, l’ objectif d’offrir à 40 millions d’agriculteurs des moyens technologiques modernes et résilients au changement climatique.

Pour le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, la richesse des ressources naturelles et la solidarité historique du continent pourraient « jeter les bases de la résilience ».  Tandis que, selon lui, la pandémie de la Covid-19 « a permis d’identifier les vulnérabilités et a nécessité une nouvelle vision pour les besoins d’une réforme ».

Diverses sessions du Forum ont porté sur des questions essentielles, comme celle des besoins concurrents du développement et de la sécurité, surtout dans la situation actuelle de contraintes fiscales accrues, ou sur celle de l’adaptation au changement climatique, une réponse à l’impact des conditions météorologiques extrêmes.

Le panel sur la sécurité a réuni le directeur du département Afrique du Fonds monétaire international, Abebe Aemro Selassie, le président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Jean-Claude Kassi Brou, et le ministre de l’Économie du Mozambique, Adriano Afonso Maleiane.

Ce dernier, dont le pays a été touché par des défis tant climatiques que sécuritaires, a décrit ainsi leur impact : « Aujourd’hui, le montant des dépenses en matière de sécurité est égal à celui des investissements. Sans sécurité, il n’y a aucun investissement, aucune croissance, rien ! ».

Le Forum a également fait la part belle aux actions relatives aux investissements dans les domaines impliquant les femmes, l’emploi des jeunes, la réduction de la fracture numérique et la stimulation des activités manufacturières dans les pays en transition.

Il a servi de point de départ à la nouvelle stratégie de la BAD en matière de lutte contre la fragilité et de renforcement de la résilience en Afrique pour la période 2022-2026.

@KA

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