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African Business

Les héros du business affûtent leurs arguments

La phase finale du concours Africa’s Business Heroes 2020 est lancée. Les dix candidats finalistes présentent leur entreprise au public et au jury. Lequel rendra son verdict le 14 novembre. Cette année, l’espace francophone est bien représenté.

Par Laurent Soucaille

Ils étaient quelques milliers à s’inscrire, puis vingt retenus, et ne sont plus que dix. Ces dix, ce sont les derniers sélectionnés pour le prestigieux – et richement doté – Africa’s Business Heroes 2020. Un concours lancé par la Fondation Jack Ma, via son programme philantropique Africain Netpreneur Prize Initiative.

Le 21 octobre, les dix finalistes ont eu l’occasion de se présenter au jury et à la presse, en visioconférence. D’autres sessions se tiendront avant la grande finale, les 13 et 14 novembre. Laquelle attribuera au vainqueur une cagnotte de 1,5 million de dollars.

Grâce à la mise en valeur de l’immense talent des candidats, Africa’s Business Heroes espère rejoindre l’esprit d’entreprise des start-up et des petites entreprises en Afrique et dans le monde, pour les inciter à poursuivre leurs aspirations et concrétiser leurs idées et solutions.

Cette année est marquée par la parité : cinq femmes, cinq hommes. On relève également la participation de représentants de trois pays francophones (Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal), face aux cinq autres pays représentés (Ghana, Kenya, Nigeria, Ouganda, Zimbabwe).

Les entreprises sélectionnées, se félicitent les promoteurs du concours, couvrent des secteurs clés de l’économie africaine, tels que l’agriculture, la mode, l’éducation, les soins de santé, les énergies renouvelables et les services financiers.

Abdulai A Dasana dirige Amaati Company, au Ghana Amaati. Cette entreprise sociale se donne pour mission de créer des communautés durables, par la redécouverte d’une culture oubliée : le fonio. Son fondateur, un technicien agricole, attend d’un tel concours qu’il l’aide à révolutionner le secteur au profit des plus vulnérables.

Aboubakar Karim préside Investiv, en Côte d’Ivoire. Il est l’un des benjamins de la compétition : 25 ans. S’il n’a pu participer à la séance du 21 octobre, l’agroéconomiste compte bien expliquer au jury, ces prochaines semaines, en quoi consistent les techniques innovantes d’agriculture qu’il développe. Son marché est constitué des petits exploitants agricoles, en Afrique de l’Ouest.

La réussite d’Enko Education

Toujours en Côte d’Ivoire, Axel Emmanuel Gbaou dirige Le Chocolatier ivoirien. L’ancien banquier et fiscaliste produit et commercialise du chocolat de qualité, fabriqué artisanalement. Il encourage des techniques de cultures durables et une répartition plus juste des revenus, grâce à un partenariat avec les femmes productrices.

Chebet Lesan, au Kenya, conduit BrightGreen Energy. L’entreprise produit des briques combustibles qui réduisent le coût de la cuisson pour les communautés mal desservies à travers l’Afrique. Sa technique permet de moins exploiter la forêt.

Cyrille Nkontchou a fondé Enko Education. Une réussite incontestable : Enko exploite le plus grand réseau d’écoles privées d’Afrique. Son objectif est de hisser un maximum d’élèves africains vers l’excellence des standards internationaux. « Pour cela, nous nouons des partenariats un peu partout en Afrique, sans oublier nos liens avec des écoles internationales, aussi bien à Paris qu’en Chine. »

Interrogé sur une éventuelle « pression » en tant que francophone, l’entrepreneur camerounais se déclare « fier » de ses origines francophones; « c’est un privilège d’être sélectionné ». La sélection contient davantage d’usagers du français, « ce qui reflète leur nouveau dynamisme ». Cela dit, nuance-t-il, les équipes d’Enko ont démontré leurs capacités à gérer aussi des écoles anglophones, lusophones…

Au Zimbabwe, Ethel Mupambwa dirige Monemart, une institution de microfinance qui propose des prêts commerciaux sur mesure aux microentreprises et aux personnes qui vivent hors du réseau électrique, pour leur permettre d’accéder à des kits d’éclairage solaire de qualité.

Vétérinaire de formation, Emma Naluyima Mugerwa a fondé MST Junior School, en Ouganda. C’est une école primaire, aux méthodes originales, qui vise à doter les élèves de compétences uniques qu’ils peuvent ensuite mettre à profit pour résoudre des problèmes communautaires. Aussi bien en matière d’insécurité alimentaire, de gestion des déchets et de malnutrition.

Toujours en Ouganda, Joan Rukundo Nalubega est le fondateur d’Uganics, une entreprise sociale qui fabrique du savon biologique antipaludique. Son modèle, explique-t-il, vise à dégager une marge bénéficiaire élevée auprès de grands clients, afin de subventionner des ventes à faible prix auprès de populations plus démunies.

Diarrablu est dirigée par Mame Diarra Bousso Gueye. Cette entreprise sénégalaise de technologie appliquée à la mode fusionne les traditions artisanales africaines avec la technologie. Sa clientèle est composée d’artisans désireux de promouvoir à la fois leur art ancestral et une mode éthique et durable.

Le soutien « enthousiaste » de Jack Ma

Cette francophone reconnaît qu’en Afrique, la langue, parfois, a pu constituer un frein, dans son parcours. « J’ai suivi l’essentiel de mon parcours en anglais, mais je suis aussi inspirée par le français ainsi que par le woolof. Notre société est globale, et montrer que la langue n’est pas un obstacle est pour nous une vision importante. »

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