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African Business

Le pari d’une industrie verte

D’un côté, un spécialiste de la certification environnementale, de l’autre, un groupe (agro)-industriel. Aera et Arise se rejoignent pour contribuer à une industrialisation « verte » de l’Afrique.

Par Aude Darc  

Un rapprochement qui a du sens, entre un industriel et un négociant en certificats environnementaux. Arise Infrastructure Services, développeur et opérateur panafricain d’infrastructures, acquiert 35% du capital d’Aera Group, valorisant la société à 28,5 millions d’euros. Le reste du capital restant aux mains des fondateurs et de l’encadrement.

« Depuis notre création, nous avons obtenu des résultats concrets : record de projets africains enregistrés dans le cadre de certifications carbone, record de transactions de crédits carbone, record de revenus générés via la finance carbone pour les porteurs de projets sur le continent. »

Par cette transaction, Arise confirme son ambition de remédier au manque d’infrastructures en Afrique en s’engageant pour une croissante verte, grâce à des solutions innovantes qui soutiennent un développement économique responsable. La société vise la neutralisation des émissions de carbone dans ses projets. Ce nouveau partenariat permettra de s’assurer que toutes ses activités, y compris les zones industrielles du Gabon, du Togo et du Bénin, atteignent la neutralité carbone et aient un impact positif sur le climat.

Aera Group vise l’acquisition cumulée de 50 millions de tonnes d’équivalent de réductions d’émissions CO2 en Afrique en 2021, pour consolider son portefeuille de certificats environnementaux. Lequel est le plus important du continent à ce jour, soit 39 projets contractés dans 16 pays. La société a également étendu ses lignes de trading pour couvrir de nouveaux produits : certificats de production d’énergie renouvelable, de protection de la biodiversité et de gestion de l’eau.

 « Cet accord est une reconnaissance de l’expertise et des succès d’Aera en matière de trading de certificats environnementaux en Afrique », commente Fabrice Le Saché, président d’Aera Group. Qui précise que depuis la création, en 2015, la société a « obtenu des résultats concrets : record de projets africains enregistrés dans le cadre de certifications carbone, record de transactions de crédits carbone, record de revenus générés via la finance carbone pour les porteurs de projets… ».

Orienter les revenus

Le dirigeant fait état d’une « vision commune à long terme » avec Arise, notamment sur les opportunités liées à la neutralité carbone. « Les certificats environnementaux sont des leviers pour débloquer des financements massifs afin d’intensifier l’action pour le climat sur le terrain. La lutte contre le réchauffement a besoin de muscles financiers et de revenus complémentaires. » 

De son coté, Gagan Gupta, co-fondateur d’Arise IS, se félicite que son groupe « franchisse une étape supplémentaire ». Il réaffirme son engagement d’« apporter une forte valeur ajoutée aux partenaires africains en certifiant et en monétisant leurs actifs environnementaux ». Dans cette démarche, l’expertise et les réalisations d’Area « sont en phase avec nos investissements, notre stratégie et notre vision ». 

Arise IS est une coentreprise de l’Africa Finance Corporation (AFC) et d’Olam International. De son côté, Aera a été fondée par trois Français, Fabrice le Saché, Aurélie Lepage et Alexandre Dunod – qui ont souhaité s’engager pour la création d’un groupe indépendant de trading environnemental ayant pour mission d’accélérer l’orientation de revenus vers des projets climat en Afrique.

En effet, le continent dispose d’un « marché carbone » qui encourage les entreprises dans leurs efforts environnementaux. Aera délivre des certificats, reconnus à l’international, pour des projets verts dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le traitement des déchets ou la protection de la biodiversité. Ces certificats génèrent des revenus qui à leur tour, financeront des projets « verts ». Ainsi, les entreprises les plus polluantes peuvent-elles acheter des crédits carbone, qualifiés parfois de « droits à polluer » qui servent au financement d’autres projets.

Un portefeuille élargi

 « Depuis 2015, nous avons généré 20 millions d’euros d’investissements dans des projets environnementaux », précise Fabrice le Saché. Cela a permis d’éviter le rejet de 4 millions de tonnes de CO2 par an. Les projets sont très variés : quatre centrales photovoltaïques au Sénégal, la distribution d’un million de fours de cuisson au Ghana… Au sein du portefeuille d’Aera, on trouve le barrage de Soubré (centrale hydroélectrique) en Côte d’Ivoire, ainsi qu’Essakane, le grand projet photovoltaïque solaire hors réseau, au Burkina Faso, par exemple.

Cette entrée au capital d’Arise permet à Aera de changer de dimension de viser, pourquoi pas, une position de leader mondial dans le « trading vert ».

De son coté, Arise est au cœur de plusieurs projets industriels, par exemple en Côte d’Ivoire, au Bénin, et depuis peu au Togo. Son pari est de concilier une agro-industrie qui génère des revenus aux pays africains tout en préservant les sols et le climat. L’alliance permet à Aera de capter les projets de l’AFC et du groupe Olam.

Aera délivre des certificats, reconnus à l’international, pour des projets verts dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le traitement des déchets ou la protection de la biodiversité. Ces certificats génèrent des revenus qui à leur tour, financeront des projets « verts ».

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