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African Business

Le Niger se diversifie… grâce au pétrole

Le gouvernement du Niger réaffirme ses objectifs en matière de production et de recettes pétrolières, à court et moyen terme. Pour les réaliser, il vient de recevoir un nouvel appui du FMI. Pour l’heure, les partenaires industriels contribuent au financement des infrastructures.  

Par Paule Fax

Tandis que nombre de pays africains sont trop dépendants de la manne pétrolière, le Niger, lui, compte bien sur l’or noir pour soutenir son économie, à horizon 2022. Au cours d’une séance de travail au Conseil économique, social, et culturel (Cesoc), le 29 octobre, le ministère du Pétrole a indiqué que le Niger comptait investir plus de 5 200 milliards de F.CFA (près de 8 milliards d’euros) dans l’exploitation et le transport du précieux liquide. Cette somme comprend la construction du pipeline devant relier le Niger au Bénin.

« La construction d’un oléoduc pour l’exportation de pétrole brut, qui devrait commencer en 2022, sera un atout important pour l’économie. Toutefois, les risques de dégradation des perspectives dominent, en raison des perspectives mondiales incertaines », juge le FMI.

D’ici deux ans, la production du pays pourrait atteindre 100 000 barils par jour, contre 20 000 bpj à l’heure actuelle. Elle pourrait se hisser à 500 000 bpj à horizon 2025-2030.

Le gouvernement nigérien entend relever la contribution du pétrole au PIB de 4 % en 2017 à 24 % en 2025. La part du pétrole devrait ainsi passer de 19 % à 45 % dans les recettes de l’Etat, de 5 % à 12 % des emplois salariés, ou encore de 16 % à 68 % des recettes d’exportation. Les réserves pétrolières au Niger sont estimées à environ 3,984 milliards de barils dont près d’un milliard de barils récupérables, selon des données de juin 2018, toujours citées depuis.

Le directeur général des Hydrocarbures au ministère du pétrole, Boubé Hamani, calcule que les travaux de développement nécessaire à la phase de production portent sur 354 nouveaux forages la construction des installations de surface. De son côté, le pipeline reliant Agadem au port de Sémé, au Bénin, d’une près de 2 000 kilomètres, coûterait 1 200 milliards de F.CFA. Ce grand projet génèrera 2 000 emplois.

L’État a confié les travaux d’exploitation à la China National Petroleum Corporation (CNPC), l’opérateur du site d’Agadem avec qui l’État du Niger a conclu un contrat de partage de production.

Le Niger est producteur de pétrole depuis 2011. Depuis lors, le pays a tiré du secteur du pétrole des recettes de l’ordre de 818 milliards de F.CFA (1,25 milliard d’euros). Somme à laquelle s’ajoutent 117 milliards de F.CFA de réalisations sociétales, qui ont « boosté l’économie nationale », selon les termes du représentant du ministère.

Les travaux routiers ont repris

Les ressources pétrolières comprennent aussi bien des bonus de signature, des droits fixes, des redevances foncières et des redevances sur la valeur prouvée des sites, sans compter les impôts sur les bénéfices. S’y ajoutent les recettes de l’aval pétrolier.

En ce qui concerne les actions sociétales, les trois opérateurs du secteur, à savoir le groupe chinois CNPC, le britannique Savannah Petroleum et l’algérien SIPEX Niger, sont mis à contribution. Ils ont notamment financé la route nationale de l’Unité et la route Diffa qui relie la frontière du Tchad.

Certains travaux routiers, entamés en 2013, avaient été longtemps interrompus. Ils viennent de reprendre, en octobre 2020. Assurés par des entreprises nigériennes, « ils sont financés à 100% par CNPC », précise le ministre du Pétrole, Kadi Abdoulaye.

Cette stratégie recueille l’assentiment du FMI (Fonds monétaire international). L’institution a bouclé, le 26 octobre, sa sixième revue du programme économique et financier du Niger, soutenu dans le cadre de la facilité élargie de crédit (FEC). Le Fonds a approuvé le décaissement de 19,9 millions de dollars, ce qui porte le montant total des décaissements effectués dans le cadre de la FEC à 167,86 millions $.  

Le FMI considère que l’impact à court terme de la crise économique liée à la pandémie de coronavirus sera limité, au Niger. « La construction d’un oléoduc pour l’exportation de pétrole brut, qui devrait commencer en 2022, sera un atout important pour l’économie. Toutefois, les risques de dégradation des perspectives dominent, en raison des perspectives mondiales incertaines », prévient Antoinette Sayeh, directrice générale adjointe du FMI. Laquelle réitère les prévisions du FMI concernant le pays.

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Reste une inconnue : cette politique d’exploitation du pétrole bénéficiera-t-elle pleinement aux populations nigériennes ? Naomi Binta Stansly, du réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (ROTAB), en doute. « Le Niger a toujours eu des difficultés à garantir une bonne répartition des recettes issues de ses ressources naturelles », prévient-elle.

PF

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