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African Business

Le Congo restructure sa dette

L’État du Congo poursuit sa politique d’allègement de sa dette, par différents mécanismes. Une récente opération menée par Ecobank Capital a permis d’économiser 74,8 milliards de F.CFA. Pour autant, le défi est immense. 

Par Marie-Anne Lubin

L’État du Congo poursuit la restructuration de sa dette. La question de l’endettement du pays, ou plus exactement de la soutenabilité de la dette, sera, à n’en pas douter, au cœur de la bataille politique qui s’annonce dans le pays. À Noël, le président Denis Sassou N’guesso a révélé que l’élection présidentielle se tiendra le 21 mars 2021.

Moody’s prévient d’« une capacité très limitée de l’économie à générer de la valeur ajoutée et des exportations en dehors du secteur pétrolier ». Le Congo reste à la traîne dans les différents indicateurs mondiaux de gouvernance et a un problème persistant de gestion et de liquidité.

Depuis un an, le gouvernement est engagé dans une vaste opération de restructuration de sa dette, afin de rendre cette dernière plus « soutenable ». Bernard Ngazo, du ministère des finances, explique la stratégie, qui tient en un mot, la titrisation, « une opération simple ». Le mécanisme consiste à transformer la dette en papier remis aux entreprises qui vont pouvoir se refinancer auprès des investisseurs moyennant un décompte.

Quelque 360 milliards de F.CFA (549 millions d’euros) de dette interne sont susceptibles de subir cette titrisation. « Le pays est obligé de s’endetter pour faire face aux remboursements des entreprises de façon étalée, parce que le Congo a un défi, celui de permettre aux entreprises de relancer leurs activités. »

Le ratio dettes/PIB avait atteint un pic de 117% en 2017, un niveau très préoccupant. Avant la crise sanitaire, et surtout avant l’effondrement des cours du pétrole, le FMI prévoyait le retour à un niveau plus soutenable de 78,5%. La baisse des recettes pétrolières, surtout au premier semestre 2020, et la récession attendue pour l’année, rendent ce pari peu crédible à court terme.  

La restructuration de la dette ne s’en poursuit pas moins. EDC Investment Corporation a été mandaté par l’État du Congo pour la structuration et l’arrangement du refinancement d’un emprunt obligataire sur le marché financier régional, a-t-on appris le 28 décembre. L’opération a consisté en une émission d’OTA (Obligations du Trésor assimilables) sur le marché monétaire.

Clôturée le 6 novembre, elle a permis de lever près de 92 milliards de F.CFA (140 millions d’euros) auprès d’institutions financières locales et régionales. Notamment Ecobank Congo, le groupe BGFI, Crédit du Congo, BSCA Bank, LCB Bank, Société Générale Cameroun et Société Générale Congo. Le montant total a été levé au travers de l’émission d’OTA de 2 ans, 3 ans, et 5 ans et a servi au remboursement anticipé d’un emprunt obligataire d’échéance 5 ans.

Un pays qui honore ses engagements

De son côté, l’État du Congo a racheté puis annulé, sur le marché financier, près de 14 millions de titres obligataires. À la fin de la transaction, près de 4,5 millions de titres continuent de coter à la BVMAC (Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale, Douala).

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