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African Business

L’attrait des PPP

Pour combler les besoins de financement, les États peuvent opter pour la solution des partenariats public-privé. Elle offre une marge budgétaire aux pays tout en préservant le caractère public des investissements, jugent des panélistes réunis par la BAD.

Par Kimberly Adams

Souvent présentés comme une panacée, parfois décriés, les PPP (partenariats public-privé) font partie des solutions qui s’offrent aux pays africains pour financer et mettre en œuvre de grands projets d’investissement. Loin des controverses, la BAD (Banque africaine de développement) s’engage résolument à les promouvoir.

Tout récemment, des représentants de la BAD, des gouvernements, des institutions de financement du développement, du secteur privé et des associations professionnelles ont participé, à un atelier. Il a porté sur la manière, dont la Banque pourrait renforcer son soutien aux PPP et canaliser des investissements plus importants vers les infrastructures économiques et sociales du continent. 

« Les pays doivent tirer des enseignements de leurs réalisations et erreurs, et ils doivent disposer de documents et de listes de contrôle normalisés qui guideront leurs institutions tout au long du cycle de vie des PPP. »

L’atelier s’est déroulé avec en toile de fond la pandémie de Covid-19 et le ralentissement économique qui a suivi, rendant encore plus crucial un besoin d’investissement déjà urgent. Entre 2008 et 2018, cinq pays africains ont représenté plus de 50 % des activités en PPP menées avec succès : l’Afrique du Sud, le Maroc, le Nigeria, l’Égypte et le Ghana. Plusieurs autres pays ont de nombreux PPP en préparation : le Burkina Faso en compte vingt, le Botswana huit.

« Avant la pandémie de Covid-19, le domaine des infrastructures africaines avait déjà du mal à structurer des projets adaptés pour le secteur privé, et capables de dégager un rapport qualité-prix adéquat pour le secteur public et, en même temps, un coût abordable pour les usagers », a fait observer Solomon Quaynor. Qui est vice-président de la Banque, en charge du Secteur privé, de l’infrastructure et de l’industrialisation.

Il est donc impératif, selon lui que des solutions hybrides, comme les PPP, soient perçues et promues « comme une manière de reconstruire en mieux, de manière plus durable et plus écologique ». Les PPP permettent de ramener des capitaux privés vers des infrastructures, tout en créant une marge budgétaire « dont les gouvernements ont grandement besoin pour répondre à de multiples autres exigences, y compris la résilience des systèmes de santé ».

Le rôle d’une banque de développement

La BAD estime que les besoins de financement des infrastructures de l’Afrique pourraient atteindre quelque 170 milliards de dollars par an d’ici à 2025, avec des écarts de financement pouvant aller de 68 à 108 milliards $ par an. Les PPP sont considérés comme un élément clé dans la réduction de cet écart en faisant intervenir des investissements du secteur privé dans les infrastructures, et la BAD entend jouer un rôle essentiel dans l’amplification de cet effort.

Les participants au webinaire ont exprimé le souhait que la Banque joue un plus grand rôle dans le soutien au développement des PPP en Afrique, en renforçant les cadres politique et réglementaire ainsi que les capacités des gouvernements, en structurant des projets et en apportant des services consultatifs.

La BAD peut également fournir des instruments financiers tels que ceux offrant des moyens d’atténuer les risques, des garanties, des améliorations dans les conditions d’allocation de crédits, et des financements en monnaie locale.

« Les pays doivent tirer des enseignements de leurs réalisations et erreurs, et ils doivent disposer de documents et de listes de contrôle normalisés qui guideront leurs institutions tout au long du cycle de vie des PPP », a déclaré Shoubhik Ganguly de Rebel Group International, qui s’associe à la Banque pour élaborer ce cadre.

 « L’un des défis auxquels doivent faire face les pays membres régionaux consiste à sélectionner les projets appropriés à des fins de mise en œuvre, et c’est par là que le soutien doit commencer, car il est alors beaucoup plus facile de passer à la préparation effective des projets », a précisé Michael Opagi. Qui est responsable de la Division de l’Afrique subsaharienne à la SFI.

Des exemples prometteurs

Mike Salawou, directeur de la Division des partenariats pour l’infrastructure à la Banque, a déclaré que « le dialogue en matière de politiques est une chose à laquelle la Banque attache beaucoup d’importance, et qui s’est avéré très efficace dans l’information guidant la prise de décision.»

Les représentants du secteur privé ont salué les investissements directs étrangers (IDE) comme des facteurs indispensables pour l’obtention de financements pour des projets de PPP en Afrique.

Le projet « Kigali Bulk Water » (Projet d’eau en vrac de Kigali) a été un des exemples présentés, projet qui a reçu un soutien important d’institutions comme la BAD, la Banque mondiale ainsi que d’acteurs du secteur privé.

Selon Phillipe Valahu, le directeur général de Private Infrastructure Development Group (PIDG), le projet constitue l’exemple parfait d’un soutien intégré à un projet de PPP se servant des trois piliers proposés dans le cadre de la promotion de ces partenariats par la Banque.

Le projet a bénéficié du financement de la dette du PIDG avec celui de la BAD, chacun d’eux mettant à disposition 19 millions $ de créances de premier rang à des taux commerciaux.

« La Banque africaine de développement entretient des relations de confiance sans précédent avec les gouvernements africains et nous devons en tirer parti pour accélérer la mise en œuvre des PPP », a conclu Solomon Quaynor.

KA

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