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African Business

La Banque centrale de Tunisie pousse aux réformes

L’institution monétaire, devant les pressions inflationnistes persistantes, relève son taux directeur. La BCT ne se montre pas alarmiste quant à l’activité économique, mais appelle à des politiques coordonnées et à la poursuite de réformes dans le pays.

 

Par Kimberley Adams

Le coût du crédit est plus cher, à compter de ce 18 mai 2022. Le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie, considérant les dernières évolutions économiques et financières du pays a décidé de relever le taux directeur de 75 points de base à 7,0%. Ce qui se traduirait par un relèvement des taux des facilités de dépôt à 6,0% et de prêt marginal à 8,0%.

Parallèlement, la BCT relève le taux minimum de rémunération de l’épargne de 100 points de base, pour le porter à 6%.

Sur le plan international, les dernières informations disponibles indiquent une accélération rapide et à caractère généralisé de l’inflation dans le monde, constate la BCT. Cette évolution est à mettre en parallèle à « une reprise molle de la croissance mondiale », affaiblie par les retombées de la crise russo-ukrainienne.

L’Institut national de la statistique a fait état d’une légère baisse du taux de chômage au premier trimestre 2022. Le taux de chômage ressort à 16,1%, contre 16,2% au quatrième trimestre de 2021.

En effet, malgré la révision à la baisse de l’activité mondiale, les prix continuent à évoluer au gré des développements de ladite crise du fait que l’envolée quasi généralisée des prix internationaux des produits de base et les troubles persistants au niveau des chaines d’approvisionnement se sont accentués. Cela attise les pressions inflationnistes au niveau de toute la chaîne des prix. « Ces pressions pourraient revêtir un caractère plus durable que prévu », prévient la BCT. Qui constate que dans ce contexte, plusieurs banques centrales dans le monde se sont orientées vers le resserrement de leurs politiques monétaires.

Pour sa part l’activité économique en Tunisie, soutenue, principalement, par le secteur industriel, a poursuivi, au premier trimestre 2022 son « renforcement graduel » pour s’établir à 2,4% en glissement annuel, contre 1,6% un trimestre auparavant. Le secteur industriel a largement contribué à la reprise du volume des exportations (14%. après 4,4% au dernier trimestre 2021).

 

Inflation persistante

Un motif de satisfaction : l’augmentation soutenue des importations des matières premières et des semi-produits annonce la poursuite du redressement de la production industrielle dans les mois à venir. De même, l’amélioration de la situation épidémiologique et la levée des restrictions sanitaires devraient soutenir la reprise des services, notamment, ceux liés au secteur touristique.

Du côté des prix à la consommation, le Conseil note la poursuite de l’accélération de l’inflation qui a atteint 7,5% en avril 2022 (en glissement annuel), après 7,2% le mois précédent et 5% en avril 2021, soit le plus haut niveau enregistré depuis fin 2018. Cette remontée de l’inflation a pour origine l’accélération des prix des produits manufacturés et des produits.

L’inflation « sous-jacente », c’est-à-dire hors produits alimentaires et hors produits à prix administrés, a franchi la barre des 7% en avril 2022, contre 5% un an plus tôt.

Tôt ou tard, les prix administrés devront être revus en hausse, dans le cadre de la réforme du système des subventions. À ce facteur, s’ajoutent la pression inflationniste des produits importés.

Voilà pourquoi la BCT exprime « sa forte préoccupation » quant aux risques inflationnistes. Elle tient à souligner « l’importance de la coordination des politiques économiques pour éviter une dérive inflationniste qui pourrait accentuer les vulnérabilités et mettre en difficulté la reprise de l’activité ».

Enfin, le conseil insiste sur la nécessité d’entreprendre, dans les plus brefs délais, les réformes structurelles nécessaires permettant de remettre la croissance économique sur une tendance haussière afin d’assurer la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette publique.

Par ailleurs, l’Institut national de la statistique a fait état d’une légère baisse du taux de chômage au premier trimestre 2022. Le taux de chômage ressort à 16,1%, contre 16,2% au quatrième trimestre de 2021. Soit une légère hausse de 0,3 point pour les hommes (à 14,1%) et ne baisse de 0,4 point pour les femmes, à 20,9%. Si le taux de chômage des moins de 25 ans a diminué, il se situe néanmoins au niveau inquiétant de 38,5%. La Tunisie compte 662 600 chômeurs.

La Banque centrale de Tunisie, dont le gouverneur est Marouane El Abassi.

@AB

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