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African Business

Intégrer pour transformer

L’institut panafricain ACET publie un rapport pointant les politiques économiques possibles pour l’Afrique. La Zone de libre-échange continentale constitue un point d’appui pour une politique d’intégration du continent, face aux enjeux des outils numériques et des changements climatiques.

Par Kimberly Adams

Le Centre africain pour la transformation économique (ACET) publie ce 15 juillet 2021 son troisième Rapport sur la transformation de l’Afrique. Sous le titre « Intégrer pour transformer », ce rapport analyse le besoin critique pour les pays africains de poursuivre une plus grande intégration économique.

En matière de numérique, l’Afrique du Sud et le Nigeria disposent des écosystèmes d’innovation les plus avancés. Pourtant, ces pays n’associent pas suffisamment le secteur privé, le monde universitaire et les mécanismes pangouvernementaux à leurs écosystèmes.

En effet, l’étude se fait le défenseur d’une Afrique économiquement transformée qui exploite les opportunités régionales grâce à une intégration et une collaboration renforcée mais aussi grâce à un leadership visionnaire.

Le rapport a été dévoilé lors de l’édition virtuelle du Forum sur la transformation de l’Afrique 2021, auquel ont participé des dirigeants des secteurs public et privé, tels que la Fondation Mastercard et le Groupe de la Banque mondiale. L’ATR appelle clairement les pays africains à travailler ensemble pour accélérer la transformation du continent et améliorer les vies de leurs populations respectives en créant plus des emplois, en renforçant l’innovation numérique et en gérant les impacts du changement climatique.

L’ACET est un institut panafricain de politique économique qui aide les gouvernements et les entreprises à transformer les économies et à générer une croissance durable qui améliore les conditions de vie.

Le fondateur et président du Centre, Kingskey Amoako, relève que le rapport met en évidence le besoin crucial pour les pays africains de faire face aux problèmes clés afin de permettre aux économies de se développer ». Une collaboration croissante à travers l’Afrique, notamment par la fourniture de biens régionaux, « sera essentielle pour relever les défis communs et réussir une transformation économique ».

Tandis que l’intégration du continent « demande également un leadership visionnaire à tous les niveaux qui va au-delà des intérêts nationaux et qui permettra de mener des mesures et initiatives pour le bien commun », juge KY Amokao.

Cette nouvelle édition du rapport fait la part belle à la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine, entrée en vigueur en ce début de l’année. L’initiative, jugent les auteurs, donne un nouvel élan au projet d’intégration du continent et affirme l’engagement des pays africains à accélérer le commerce intra-africain et à stimuler la compétitivité de l’Afrique sur les marchés mondiaux.

Le moment est venu

De son côté, Ellen Johnson Sirleaf, considère que faire de la ZLECAf un succès « est un moyen de renforcer l’intégration dont l’Afrique a tant besoin ». Ce marché, alors étendu, attirera davantage d’investissements, stimulera la productivité, fournira de meilleurs emplois et améliorera les conditions de vies dans nos pays ; « autant d’éléments qui soutiennent la transformation économique du continent », explique l’ancienne présidente du Liberia.

Selon qui « le moment est venu » de faire plus en faveur de l’intégration africaine, non seulement par le biais du commerce, mais aussi par une plus grande collaboration. « Ce n’est qu’alors que l’Afrique verra ses économies se transformer et qu’elle développera le leadership et les institutions nécessaires pour construire l’Afrique que nous voulons.» 

Le rapport souligne que l’approfondissement de l’intégration régionale nécessite de poursuivre non seulement l’intégration des marchés régionaux, mais aussi d’accroître la collaboration régionale au sens large. Il souligne le besoin urgent pour les pays de s’engager au-delà du commerce et des marchés pour collaborer sur des projets tels que les infrastructures de transport, la libre circulation des personnes, une meilleure gestion des bassins fluviaux, la connectivité numérique transfrontalière et les systèmes de contrôle des futures épidémies de parasites et de maladies. 

Entre autres propositions, le rapport souligne que l’Afrique, tant engagé dans les nouvelles technologies, n’a pas encore adopté la démarche adéquate pour que ces dernières créent des emplois.

D’où l’importance cruciale d’éclairer l’élaboration des politiques au sein d’un écosystème d’innovation hautement interactif, ancré sur une vision partagée, des stratégies d’adaptation, un engagement soutenu et la coopération institutionnelle, afin de s’assurer d’adopter des politiques bien pensées, équitables et durables.

Des écosystèmes à revoir

Les auteurs recommandent quelques mesures. Par exemple, promouvoir un environnement permettant aux dirigeants, aux décideurs politiques et aux principales parties prenantes de s’accorder sur un processus participatif lié aux politiques d’innovation, de technologie et de recherche-développement.

Peu de pays africains, voire aucun, soutiennent ces écosystèmes comme il se doit. Certes, l’Afrique du Sud et le Nigeria disposent des écosystèmes d’innovation les plus avancés et peuvent ainsi s’enorgueillir de 85 et 80 pôles technologiques respectivement. « Pourtant, ces pays n’associent pas suffisamment le secteur privé, le monde universitaire et les mécanismes pangouvernementaux à leurs écosystèmes. »

De même, les Fintechs s’efforcent aussi à bâtir des écosystèmes privés, mais ceux-ci ne sont pas bien liés aux processus d’élaboration des politiques publiques. Pourtant, de tels mécanismes existent de par le monde, comme en Europe, en Chine. Ils permettent, entre autres, de cibler les politiques et les coopérations pour rassembler les parties prenantes. Et de rechercher de manière transparente des contributions aux politiques publiques.

« Ces modèles nous donnent des enseignements importants, notamment sur la question de savoir s’il revient à l’État ou au secteur de mener le jeu en ce qui concerne les écosystèmes d’innovation. »

En savoir plus : https://africantransformation.community.tc/

KA

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