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African Business

Economie : Gare aux placements miracles !

La Cosumaf, gendarme des marchés financiers d’Afrique centrale, met en garde le grand public contre les entreprises qui font miroiter des rendements exorbitants à brève échéance. Le régulateur publie une liste non exhaustive de ces sociétés peu scrupuleuses.

Par Paule Fax

Elles promettent des rendements allant de 100% à 500%, dans des vidéos ou des fascicules destinés à attirer le chaland. Ces sociétés de placement éclosent comme des champignons après la pluie, et, le plus souvent, disparaissent quand trop de souscripteurs naïfs réclament l’ensemble de leur dû.

Presque toujours, ces sociétés peu scrupuleuses fonctionnent selon un système pyramidal : les nouvelles souscriptions, au lieu d’être placées, servent à effectuer les premiers remboursements, laissant croire au sérieux de leur modèle. Tôt ou tard, dans ce « système de Ponzi », l’édifice s’écroule car le nombre de nouveaux souscripteurs devient insuffisant.

Dans un communiqué à l’attention du grand public, la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale, la Cosumaf, alerte sur la dangerosité de ces pratiques. N’hésitant pas, une nouvelle fois, à citer des noms.

La Commission « met en garde le public de la Cemac contre la récurrence des activités de plusieurs acteurs qui proposent d’investir et de placer des fonds contre des promesses de rendements élevés, sans disposer des agréments nécessaires ou proposent des trading d’options sans y être autorisés ». Le texte de l’organe de régulation, – qui a vu récemment ses moyens renforcés –, signale « notamment », les activités de : Global Investment

Trading (Liyeplimal), Highlife International Cameroon, Cameroon Invest, Timex Trading Cameroon, Tjtm Cameroun, Tagus Investment.

Il est nécessaire à chacun de s’assurer que la société qui propose le produit est habilitée à le faire, et dispose d’un agrément ou d’un visa émis par l’Autorité du marché financier. Charge à l’investisseur de recueillir un maximum d’informations par ses propres soins.

Ces entreprises, poursuit la Cosumaf, « procèdent à la collecte irrégulière des fonds auprès du public, contre des titres de capital, des placements financiers, et dans de biens divers (immobilier, véhicules) avec des promesses de rendements allant de 100% à 500% de la mise initiale et dans les délais non raisonnables ». Dès lors, le public est informé qu’« il s’agit de campagnes frauduleuses de collecte de fonds du public et de placements en violation de la législation en vigueur ».

Appel à la responsabilité du public

Et le gendarme de la Bourse de rappeler que l’exercice de toute activité en lien avec l’appel public à l’épargne et les instruments financiers est soumis à son agrément préalable. « Lequel agrément est matérialisé par une décision prise après instruction d’un dossier de demande formulé par le requérant. »

Ce communiqué très strict de la Cosumaf est l’occasion d’un rappel aux règles de vigilance à observer avant tout investissement. Il est nécessaire à chacun de s’assurer que la société qui propose le produit est habilitée à le faire, et dispose d’un agrément ou d’un visa émis par l’Autorité du marché financier.

Charge à l’investisseur de recueillir un maximum d’informations par ses propres soins sur la société. Bien sûr, les autorités de marchés (BVMAC, Cosumaf en Afrique centrale, BRVM et CREPMF en Afrique de l’Ouest, etc.) publient la liste des intermédiaires agréés. De plus, aucun discours commercial ne doit faire oublier, qu’« il n’existe pas de rendement élevé sans risque élevé », rappelle la commission dirigée par Nagoum Yamassoum.

Cet avertissement n’est pas le premier. En octobre 2020, la Cosumaf alertait déjà le public sur le fait que l’exercice des activités de crypto-actifs dans la Cemac ne fait pas l’objet d’encadrement réglementaire. Et donc qu’aucun prestataire d’actifs numériques ne peut proposer de tels services. Le gendarme des marchés avait également mis en garde le public camerounais contre les activités de plusieurs acteurs financiers qui proposaient des produits n’ayant pas reçu les agréments nécessaires. On retrouvait, déjà, la vingtaine de noms de sociétés mentionnées dans le communiqué de juin 2021.

PF

EN BREF

ASCA gère le fonds action des salariés Vinci

Heureusement, il est aussi des entreprises honnêtes ! Ainsi, ASCA (Attijari Securities Central Africa) vient-elle d’obtenir l’agrément de la Cosumaf pour gérer le fonds actions de Vinci au Cameroun.

La société de gestion d’actifs en Afrique centrale devrait collecter les ressources issues des souscriptions des employés au Cameroun pour les fusionner plus tard avec FCPE Castor International, le fonds de Vinci au profit des salariés, et coté sur le marché européen Euronext. La filiale d’Attijariwafa bank « est tenue de veiller au strict respect des dispositions réglementaires applicables sur le marché financier de l’Afrique centrale et d’informer de toute modification susceptible d’affecter la note de synthèse visées par la Cosumaf », stipule le régulateur.

PF

 

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