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African Business

Des dirigeants confiants pour le long terme

La deuxième édition du Baromètre Africa CEO Survey laisse apparaître les inquiétudes actuelles des dirigeants d’entreprises africaines. Mais elle dévoile également les capacités de résistance de ces dernières face aux chocs.

Par Laurent Soucaille

Mené auprès de plus de 200 dirigeants africains d’entreprises, entre mars et mai 2020, le Baromètre Africa CEO permet de mesurer l’état du secteur privé africain. Dans un contexte exceptionnel – crise sanitaire et transition politique, dans plusieurs pays –, l’étude interroge les dirigeants africains sur six thématiques – stratégie, gouvernance, finance, innovation, impact et talents.

Au-delà de la crise sanitaire qui pèse sur le moral à court terme des populations et des dirigeants des entreprises africaines, « la crise Covid-19 révèle la résilience de l’Afrique et accélère les transformations structurelles engagées depuis plusieurs mois », considère Brice Chasles, partenaire de Deloitte Afrique.

Huit patrons sur dix jugent que la transformation digitale sera au cœur de leur stratégie dans les prochains mois. Le mode de coopération entre entreprises, universités, la recherche et les incubateurs reste encore à construire.

Lequel cite la coopération et intégration économique, le digital, la progression de la gestion des risques et de la gouvernance, l’essor des financements alternatifs, l’émergence d’une responsabilité sociétale et environnementale, et le développement des talents.

Bien sûr, le moral n’est pas au beau fixe : 95% des entreprises africaines affirment avoir subi un impact négatif sur leur chiffre d’affaires. Les dirigeants des secteurs biens de consommation, services financiers, étaient les plus optimistes avant la crise.

Ils sont aujourd’hui ceux qui ont connu le changement de point de vue le plus drastique, devenant ainsi les plus pessimistes. A contrario, les secteurs agro-industrie, santé et éducation ont été les moins affectés par l’impact du coronavirus. Tandis que « les dirigeants d’entreprises africaines affichent néanmoins un niveau de confiance élevé quant à un retour à la normale d’ici courant 2021 », précise l’étude.

Dans ce contexte d’urgence, les dirigeants d’entreprises ont généralement donné la priorité à la santé des employés et à la continuité des opérations via le télétravail ; la problématique de financement venant en troisième position. Pour 98% des dirigeants, la crise Covid-19 conduit une accélération de l’importance du digital dans leurs opérations et dans la modernisation de l’économie.

Pour une meilleure articulation public-privé

Dans une perspective de long terme, les chefs d’entreprise africains sont de plus en plus confiants dans le développement économique du continent (80% des répondants en 2020 contre 73% en 2019).

L’unification économique du continent est vue comme l’opportunité́ majeure des années à venir, dont la mise en œuvre opérationnelle nécessitera une coopération public-privé. La Côte d’Ivoire, le Kenya, le Ghana, le Sénégal et le Rwanda sont les pays les plus attractifs aux yeux des investisseurs étrangers.

Il subsiste des freins : le climat des affaires (pour 50% des répondants) et l’état des infrastructures (30%) sont les principaux freins. La quasi-totalité des répondants estiment que les recommandations du secteur privé ne sont pas assez prises en compte par les pouvoirs publics.

Par exemple, Tahirou Barry (Conakry Terminal), considère que « le secteur privé doit mobiliser et coopérer avec les autorités publiques sur les sujets de réglementation, d’amélioration des infrastructures et de mise à niveau des standards pour structurer les multiples acteurs, afin d’optimiser les flux et les investissements ». Aussi, « une réflexion commune en termes de flux est-elle nécessaire », explique-t-elle.

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