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African Business

Des choix difficiles

Reste un écueil : « L’Afrique subsaharienne fait face à des déficits de financement considérables à terme. » Si les apports financiers privés restent inférieurs à leurs niveaux d’avant la crise, et même en tenant compte des engagements existants de la part des institutions financières internationales et des créanciers bilatéraux officiels, l’Afrique subsaharienne pourrait accuser un déficit de l’ordre de 290 milliards de dollars sur la période 2020-2023.

« C’est important, sachant qu’un déficit de financement plus élevé pourrait contraindre des pays à opter pour un rééquilibrage budgétaire plus brutal, ce qui se traduirait par une reprise plus fragile. »

Et le FMI d’encourager les pays africains à poursuivre les « réformes porteuses de transformation afin de promouvoir la résilience, d’accélérer la croissance à moyen terme et créer les emplois nécessaires ».

Sur ce point, le leitmotiv est inchangé : « Les réformes prioritaires se situent dans les domaines de l’augmentation des recettes, de la transformation numérique, de l’intégration commerciale, de la concurrence, de la transparence et de la gouvernance, ainsi que de l’atténuation du changement climatique. »

Interrogé, en conférence de presse, sur le cas de la Zambie et une possible contagion de ses difficultés au reste de la région, Abebe Aemro Selassie rappelle que la dette de ce pays était déjà « sur une trajectoire non viable » avant la crise sanitaire. La situation de ce pays n’est pas la même chez ses voisins, notamment en ce qui concerne la structure de sa dette. Néanmoins, « le FMI œuvre pour que tous les pays endettés puissent avoir la marge de manœuvre nécessaire à leur développement ».

« Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs. »

Évoquant le Cameroun, qui a bénéficié tout récemment de décaissements du FMI, mais où des risques de « fuite » des aides subsistent, le responsable du FMI reconnaît que la situation économique et sociale du pays est difficile.

« Nous demandons aux autorités à quels buts les aides sont demandées et quelles sont les destinations des fonds. » Le FMI exige que les destinataires privés des contrats soient inscrits sur une liste, « laquelle devra être publiée ». La gouvernance et l’amélioration de la transparence sont des soucis constants pour le FMI, « sachant que nous devons aussi procéder aux décaissements de manière rapide et efficace ».

Dans l’Uemoa, les chiffres relatifs à l’épidémie sont assez faibles, ce qui est plutôt encourageant. Et les résultats économiques sont meilleurs que sur le reste du continent, dans les pays qui ont avancé dans la diversification de leur économie.

Cela étant, malgré ces résultats positifs, la conjoncture économique reste morose, et les défis politiques sont encore nombreux, estime le représentant du FMI, qui fait allusion à la situation de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Nigeria…

Le Congo Brazzaville a aussi besoin d’une aide urgente, « mais nous nous heurtons à la question de la viabilité de la dette, laquelle est faible, dans le pays ». Les discussions se poursuivent avec les créanciers bilatéraux, les créanciers du secteur pétrolier, pour le moment, il n’y a pas de solutions fermes, mais Abebe Aemro Selassie « œuvre toujours » à un allégement de la dette du Congo.

Enfin, le directeur du FMI cite Nelson Mandela : « Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs. » Pour en conclure : « La longue sortie de cette crise ne sera pas facile, mais les actions et les choix d’aujourd’hui seront vitaux afin d’assurer un avenir prospère et résilient pour l’Afrique subsaharienne. »

LS

 

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