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African Business

Des choix difficiles

La reprise s’annonce ardue sur le continent, prévient le FMI, qui reste confiant à longue échéance. L’Afrique francophone et l’Afrique centrale font preuve de résistance, aux plans sanitaire et économique. Mais les remous politiques et de gouvernance interrogent, à court terme.

Par Laurent Soucaille

 « L’Afrique subsaharienne est confrontée à une crise sanitaire et économique sans précédent », considère Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI. « En quelques mois à peine, cette crise a mis en péril des années de gains durement acquis par la région sur le plan du développement et a bouleversé les vies et les moyens de subsistance de millions de personnes. »

Le FMI n’a pas sensiblement modifié ses prévisions de croissance économique concernant 2020 et 2021, par rapport à ses dernières estimations. L’institution prévient néanmoins que la reprise économique sera lente, que la plupart des pays ne retrouveront pas leurs niveaux de production de 2019 avant 2021.

« La longue sortie de cette crise ne sera pas facile, mais les actions et les choix d’aujourd’hui seront vitaux afin d’assurer un avenir prospère et résilient pour l’Afrique subsaharienne. »

Et qu’en termes de PIB/habitant, certains pays ne retrouveront leurs niveaux passés qu’en 2022, au mieux. C’est ce qui ressort du document conjoncturel « Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne », publié fin octobre 2020.

L’apparition de la pandémie a été différée en Afrique subsaharienne et les taux de contamination ont été relativement bas par rapport aux autres régions du monde. Cependant, la recrudescence de nouveaux cas dans de nombreux pays avancés et la menace de vagues récurrentes de contaminations dans toute la région donnent à penser que la pandémie restera « probablement une préoccupation très concrète dans les temps à venir ».

Sous l’effet d’un assouplissement des mesures d’endiguement, d’une hausse des cours des produits de base et d’une détente des conditions financières, des signes d’une reprise hésitante au second semestre de l’année sont visibles.

Dans l’ensemble, l’économie de la région subira une contraction de 3,0 % en 2020 selon les projections du FMI. Les pays tributaires du tourisme ont subi les plus fortes répercussions, tandis que les pays exportateurs de produits de base ont été durement touchés. La croissance dans les pays où l’économie est plus diversifiée ralentira fortement mais restera positive dans bien des cas, en 2020.

Pour l’an prochain, le FMI prévoit une croissance régionale de 3,1 %, un peu plus faible que celle attendue dans une bonne partie du reste du monde. Ce qui s’explique, en partie, par la marge d’action restreinte de l’Afrique subsaharienne pour pérenniser une relance budgétaire.

Les principaux moteurs de la croissance en 2021 seront notamment une embellie des exportations et des cours des produits de base, sur fond de reprise de l’économie mondiale, et un redressement de la consommation et de l’investissement privés.

Dans ce contexte, Abebe Aemro Selassie suggère certaines pistes de réflexion pour l’avenir. Sachant qu’à long terme, « le dynamisme des Africains reste intact ». 

Attendre la fin de la pandémie n’est pas une solution viable économiquement, si bien que les autorités doivent opérer des choix difficiles, entre privilégier la lutte contre la maladie et préserver l’activité économique.

Un appui extérieur reste nécessaire

Les politiques budgétaires et monétaires devront trouver un équilibre entre le besoin de dynamiser l’économie et les impératifs de viabilité de la dette, de stabilité extérieure et de crédibilité à plus long terme. « La réglementation et le contrôle du secteur financier devront aider les banques et les entreprises touchées par la crise, sans mettre en péril la capacité du système financier à appuyer la croissance à plus long terme. »

Ces efforts devront aussi être mis en regard de la nécessité de préserver la stabilité sociale tout en préparant le terrain à une croissance durable et inclusive à long terme.

 « Relever un défi aussi complexe ne sera pas chose aisée et nécessitera un appui extérieur constant. » En effet, en l’absence d’une aide massive, de nombreux pays peineront à préserver la stabilité macroéconomique, tout en répondant aux besoins essentiels de leur population.

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