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African Business

Côte d’Ivoire, de solides perspectives de croissance

La Côte d’Ivoire figure parmi les pays africains les mieux notés par Standard & Poor’s. Sous l’hypothèse d’une stabilité politique et sociale, le pays devrait retrouver une croissance significative et maîtriser son endettement, juge l’agence de notations financières.

Par Véronique Clara-Véronne 

À la suite d’une longue analyse de la situation économique et de l’endettement de la Côte d’Ivoire, l’agence américaine Standard & Poor’s a attribué les notations long et court terme « BB-/B » à la dette du pays. Des notes équivalentes à celles de l’Afrique du Sud, assorties d’une perspective « stable ».

« La mise en œuvre sans faille du Plan national de développement attirera les investissements privés, soutiendra la diversification économique vers des produits et services à plus forte valeur ajoutée et stimulera la croissance », juge S&P.

Les analystes attendent un rebond de 6% du PIB en 2021, avant que la croissance n’atteigne une moyenne annuelle de 6,5% entre 2022 et 2024. « Des réformes économiques structurelles continues, soutenues par la mise en œuvre d’un troisième Plan national de développement (PND) quinquennal, sous-tendent de solides perspectives de croissance économique et de consolidation budgétaire », résument-ils.

Le financement extérieur et gouvernemental diminuera probablement mais restera important, compte tenu des importants besoins d’investissement pour les infrastructures clés, et d’une l’assiette fiscale étroite, reflétant, entre autres facteurs, le faible niveau de revenu par habitant.

Les perspectives stables sur la Côte d’Ivoire reflètent l’équilibre une croissance économique forte, soutenue par l’amélioration de l’élaboration des politiques soutenant une baisse des déficits dans les années à venir, et le risque de dérapage budgétaire et de tensions sociales et politiques.

Depuis dix ans, la Côte d’Ivoire a entrepris « une série de réformes favorables à la croissance et l’amélioration de l’environnement des affaires ». Réformes qui ont contribué à une activité économique dynamique, supérieure à celle des pays comparables.

Si l’adhésion de la Côte d’Ivoire à l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine) limite sa flexibilité monétaire, elle réduit également les risques externes spécifiques au pays et fournit un ancrage politique solide.

Au plan social, si tout risque n’est pas écarté, l’agence américaine attend du gouvernement qu’il poursuive un dialogue continu avec l’opposition pour apaiser davantage les tensions.

Une économie plutôt diversifiée

Patrick Achi, Premier ministre ivoirien

Face à la crise sanitaire, qui a relativement peu touché le pays jusqu’à présent, les autorités mettent en œuvre des mesures pour soutenir la reprise économique, notamment via des fonds qui soutiennent le secteur privé et les PME. Elles prennent des mesures spécifiques pour soutenir l’agriculture et utilisent un fonds dédié à l’accompagnement des entreprises qui passent du secteur informel au secteur formel, ainsi que des incitations fiscales.

En ce second semestre 2021, le pays sera affecté par différents incidents conjoncturels qui pèseront sur sa production d’électricité et le retard pris par certains projets, mais ces facteurs n’auront qu’un effet marginal sur l’activité économique car les entreprises ont su s’adapter rapidement. En outre, un solide soutien financier international et une économie relativement diversifiée permettent à l’économie de minimiser l’impact économique négatif de la pandémie.

Des réformes essentielles

C’est pourquoi les analystes estiment que l’activité économique de la Côte d’Ivoire restera « très dynamique » à moyen terme, notamment grâce aux secteurs des services, de la construction, de l’industrie et de l’énergie. De son côté, le PND continuera de remédier aux goulets d’étranglement structurels de l’économie jusqu’en 2025.

Le plan vise à améliorer l’environnement des affaires et la gouvernance. « La mise en œuvre sans faille de ce plan attirera les investissements privés, soutiendra la diversification économique vers des produits et services à plus forte valeur ajoutée et stimulera la croissance. » Le financement attendu du plan est estimé à 59 000 milliards de F.CFA (90 milliards d’euros), dont près des trois quarts proviennent du secteur privé.

Les principaux objectifs du plan sont d’accélérer l’industrialisation et d’augmenter la valeur ajoutée locale dans les exportations, de développer le capital humain, de soutenir l’investissement et la croissance du secteur privé, tout en continuant à renforcer l’unité nationale, renforcer les actions sociales et le développement régional, lutter contre le changement climatique, améliorer la gouvernance, et moderniser l’État. En plus des réformes, le plan comprend notamment des projets d’infrastructure clés dans les transports, l’immobilier et l’énergie.

La bonne économie ivoirienne

08Sur le plan financier, concluent les experts de S&P, la Côte d’Ivoire bénéficie de relations stables avec les institutions internationales et les partenaires bilatéraux, qui lui donnent accès à des financements concessionnels importants et à un ancrage politique solide.

VCV

 

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