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African Business

Coopération : L’AFD, entre urgence et travail de long terme

En 2020, l’Agence française de développement a répondu à l’urgence sanitaire, sans oublier ses engagements en faveur du climat, notamment. Une politique qui se poursuivra cette année.

Par Kimberly Adams

Parallèlement aux données de l’OCDE, l’AFD (Agence française de développement) a dressé le premier bilan de l’Aide au développement de la France, en 2020.

Les engagements de l’Agence se sont élevés à 12,1 milliards d’euros, au cours d’une année durant laquelle l’AFD s’est attachée à accélérer ses procédures pour répondre efficacement aux besoins sanitaires et sociaux. Ses décaissements ont atteint 8,8 milliards d’euros (+35%), un montant record.

Cette somme porte l’Aide publique au développement de la France à 0,55% du Revenu national brut. Un niveau sensiblement supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE mais encore inférieur aux objectifs de 0,7%.

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« La crise est globale, et elle touche les pays en développement, pas forcément les plus pauvres, mais souvent ceux à revenu intermédiaire », analyse Rémy Rioux, qui cite l’Afrique du Nord ou le Brésil. Néanmoins, « la réponse est au rendez-vous, c’est une bonne nouvelle ».

L’AFD fait état de 996 nouveaux projets de développement tous secteurs confondus. La France a consacré 3 milliards d’euros pour la riposte Covid-19, dont 1,2 milliard pour l’initiative « Santé en commun » en Afrique et au Proche-Orient, avec les acteurs français.

Au total, 42 millions de personnes vont bénéficier d’un accès aux soins amélioré et 25 millions d’une meilleure protection sociale. En 2021 – « hélas », commente Rémy Rioux, directeur général de l’AFD –, la santé restera l’urgence, avec la mise en œuvre du deuxième volet de « Santé en commun ».

L’Afrique a accueilli 46% des engagements totaux, soit 4,9 milliards d’euros, dont 511 millions pour les pays du G5 Sahel. Au total, les financements du groupe AFD bénéficieront à 65 millions d’Africains, dont 11 millions de Sahéliens. 

Sur cette question, Rémy Rioux fait observer que l’engagement de développement est « aussi important que le budget de la force Barkhane » ; la France rééquilibre ses efforts de développement et de sécurité, « ce qui est important car il faut des histoires positives pour que les populations du Sahel se jettent dans l’avenir, dans leurs projets collectifs ». Bien sûr, reconnaît-il au micro de BFM Business, la France n’est pas seule dans cette région.

Garder le cap

Les engagements pour le climat n’ont pas été oubliés malgré l’urgence sanitaire ; ils ont atteint 5 milliards d’euros. « Face à la crise globale, à la fois sociale et environnementale, qu’exacerbe la pandémie de Covid-19, le groupe AFD se mobilise dans ses pays d’intervention, et d’abord en Afrique, pour répondre aux enjeux de court terme, sanitaires et économiques », poursuit l’Agence.

Qui précise que cette action d’urgence ne l’empêche pas d’accompagner « des trajectoires ambitieuses vers les Objectifs de développement durable et de l’accord de Paris sur le climat ».

En réponse aux besoins des acteurs économiques dans la crise, le groupe de l’AFD s’est engagé en particulier via l’initiative « Choose Africa Resilience », portée par la filiale Proparco, ajoutant 1 milliard d’euros supplémentaire au programme lancé en 2018, portant le montant total à 3,5 milliards d’euros.

Ce complément 2020 a permis de soutenir un plus grand nombre de PME africaines fragilisées par la crise. À mi-parcours de l’initiative, 2 milliards d’euros de financements ont été engagés, au bénéfice de plus de 16 000 entreprises et plusieurs dizaines de milliers de micro-entrepreneurs. 

Dans la crise, l’AFD entend « garder le cap » des enjeux de long terme (climat et biodiversité, égalité femme-homme) en partenariat avec les banques publiques de développement.

L’Agence veut apporter « une contribution concrète et utile » aux grands événements multilatéraux de 2021, pour démontrer qu’il est possible de transformer nos modèles économiques et nos sociétés pour les rendre plus durables et moins inégaux. En effet, les mois qui viennent seront marqués par deux grands rendez-vous sur le climat et la croissance durable.

 « La crise est globale, et elle touche les pays en développement, pas forcément les plus pauvres, mais souvent ceux à revenu intermédiaire », analyse Rémy Rioux, qui cite l’Afrique du Nord ou le Brésil. Néanmoins, « la réponse est au rendez-vous, c’est une bonne nouvelle ».

Par rapport à la crise financière de 2008-2009, « nous n’avons pas oublié les enjeux de long terme, c’est pourquoi nous poursuivons nos investissements pour demain et après-demain ». Plus de la moitié des engagements ont un effet visible et durable sur le changement climatique.

En matière de biodiversité, l’AFD continue de soutenir des programmes ambitieux pour protéger les peuples indigènes en Amazonie ou promouvoir l’agro-écologie tout au long de la Grande Muraille verte au Sahel. Elle souhaite notamment répondre au défi de la sécurité alimentaire dans les régions de la Boucle du Mouhoun et de l’est du Burkina Faso.

KA

 

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