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African Business

Conjoncture : Baromètre en hausse pour l’Afrique centrale

Les chefs d’entreprise ou donneurs d’ordre dans les administrations se montrent plutôt optimistes, concernant la conjoncture en Afrique centrale. Le rebond se poursuivra dans les secteurs affectés l’an dernier, mais les contextes sécuritaire et sanitaire inquiètent toujours.

Par Paule Fax

Des « indicateurs avancés » plutôt favorables, selon la BEAC (Banque des États d’Afrique centrale). L’institution publie un « test prévisionnel de conjoncture », un document de nature prospective, qui se base sur les enquêtes réalisées auprès des chefs d’entreprise, responsables d’administrations et autres acteurs clés des différentes filières et secteurs d’activité de la CEMAC.

Concernant le cacao, l’augmentation de la production enregistrée sur l’année 2020-2021 risque de ne pas être égalée. En cause, le phénomène de « repos végétatif » et la persistance de l’insécurité dans le Sud-Ouest, expliquent les professionnels de la filière.

Sans s’encombrer de données chiffrées, le document présente les anticipations de ces acteurs sur l’évolution prévisible de l’activité économique sur le prochain trimestre ainsi que les principaux facteurs explicatifs. De ce fait, il fournit des informations précieuses pour ancrer les anticipations de tous les acteurs économiques, chacun dans son domaine d’activité.

Dans l’ensemble, les chefs d’entreprise d’Afrique centrale attendent donc une amélioration de l’activité économique en ce quatrième trimestre 2021, bien que le spectre de la pandémie de la Covid-19 continue de planer sur leurs anticipations. La perspective des célébrations de fin d’année, la bonne tenue des cours du pétrole, le regain de dynamisme de la demande mondiale et l’anticipation d’un recul des restrictions sanitaires nourrissent l’optimisme des chefs d’entreprise interrogés.

Parmi les branches d’activités qui concourront à cette croissance, l’on retrouve celles ayant subi des ravages de la crise sanitaire en 2020, à l’instar du commerce, de l’hôtellerie et des transports. Toutefois, la persistance des problèmes infrastructurels, le retard dans le
règlement des créances intérieures et l’incertitude engendrée par le contexte sanitaire et sécuritaire tendent à modérer quelque peu les perspectives favorables.

Situations contrastées pour les producteurs de pétrole

Dans le secteur primaire, la dynamique est plus contrastée. La bonne tenue des activités minière, sylvicole et gazière, des cultures de rente, de l’élevage et de l’agriculture vivrière devraient peiner à masquer complètement les perspectives de stabilité de la production pétrolière au quatrième trimestre, en dépit des cours de l’or noir plutôt favorables.

Concernant le pétrole, la production devrait s’accroître pour le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Tchad. A contrario, au Congo, le déclin des champs pétroliers devrait affecter négativement la dynamique de la production.

En revanche, l’optimisme est de mise pour le sucre : les perspectives favorables envisagées au Congo avec les actions de politique commerciale volontaristes vis-à-vis des pays voisins ainsi que la fermeté de la demande au Gabon devraient dynamiser l’activité de la branche.

Le secteur secondaire serait également bien orienté, avec la bonne tenue
des industries chimiques, brassicoles, sucrières et du bois. En revanche, le BTP resterait dans une dynamique atone, compte tenu de timides investissements publics et des retards de paiement élevés.

Enfin, dans le tertiaire, l’activité devrait s’améliorer, surtout en fin d’année. Le commerce et les télécommunications devraient à cet égard connaître une évolution favorable, tandis que l’hôtellerie et le transport aérien et routier retrouveraient également des couleurs, « après une année 2020 particulièrement éprouvante ».

Néanmoins, les risques sécuritaire et sanitaire dans certains pays d’Afrique centrale demeurent des sources de préoccupation pour les acteurs de ces branches. Si le recul de la pandémie augure d’une relance de la demande, le contexte socio-économique entrave l’optimisme, notamment au Tchad.

Une filière bois prometteuse

Au Cameroun, les récoltes seraient abondantes dans la plupart des bassins de production, avec pour conséquence l’accroissement des revenus des ménages et le raffermissement de la sécurité alimentaire. Concernant le cacao, l’augmentation de la production (+12%) enregistrée sur l’année 2020-2021 risque de ne pas être égalée. En cause, le phénomène de « repos végétatif » (moindre production naturelle des arbres) et la persistance de l’insécurité dans le Sud-Ouest, l’un des principaux bassins de production du pays.

Les perspectives sont favorables dans l’industrie du bois, à la faveur d’une hausse de la demande mondiale et d’un environnement réglementaire meilleur. La demande de produits Made in Gabon, par exemple, a été satisfaisante au troisième trimestre, soutenant la conjoncture favorable ces prochains mois, malgré un possible trou d’air passager au quatrième trimestre. La filière gagnerait à se lancer davantage la « troisième transformation » (produits finis, meubles, menuiserie, parquets, papier, carton, etc.), fait observer la BEAC.

Fin septembre, tout en maintenant ses taux directeurs, la Banque centrale avait revu en hausse ses prévisions de croissance pour la Cemac, à 1,6% en 2021, après la récession (-1,7%) de 2020.

@PF

 

 

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