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African Business

BAD : croissance de l’Afrique de 3 % en 2021, si…

La BAD différencie ainsi les entreprises considérées comme ayant une transmission faible à moyenne des risques, de la fabrication, la construction et certains services de vente au détail, à rouvrir en premier. Les gouvernements devraient s’assurer que l’épidémie ne repart pas avant de procéder à la réouverture les activités économiques « risquées », comme les hôtels, les écoles, les restaurants et lieux de sport et de divertissement.

Voilà pourquoi, en 2021, la reprise en forme de V ne serait que partielle, car des secteurs tels que le tourisme, les transports, et le divertissement prendront plus de temps pour récupérer, tandis que les populations devront se réadapter progressivement aux nouvelles interactions sociales.

Les pays dépendant du tourisme, des transports et des loisirs seront donc certainement les ceux qui tarderont le plus à repartir. Entre 2017 et 2018, le secteur du tourisme et des voyages en Afrique avait progressé de 5,6 %, pour moyenne internationale de 3,9 %.

Accroître la résilience de l’Afrique

« L’actuelle pandémie de Covid-19 n’est certainement pas le dernier choc majeur auquel sera confronté le continent », commente Charles Lufumpa, économiste en chef par intérim à la BAD. Dans ce supplément, « nous avons souligné qu’il était nécessaire d’accélérer les réformes structurelles pour permettre aux pays d’Afrique d’établir des économies plus résilientes et de mieux se préparer à faire face aux crises futures ».

En augmentant la productivité et en éliminant les obstacles qui pèsent sur l’environnement des entreprises, les pays d’Afrique pourraient relancer leur base productive et accroître leurs niveaux d’industrialisation.

« Ces réformes destinées à renforcer la résilience nécessiteraient des investissements dans le capital humain pour constituer une main-d’œuvre possédant les compétences adéquates pour les secteurs à forte productivité », poursuit l’économiste.

Elles demandent aussi des investissements destinés à combler le déficit d’infrastructures, cela pour faire progresser le développement industriel de l’Afrique.

En outre, la promotion de la diversification des économies aidera les pays africains à s’adapter à une économie mondiale de plus en plus instable et à mieux se protéger face aux crises futures.

Cela nécessitera des politiques ciblées, qui stimulent la productivité agricole et permettent de faire passer la main-d’œuvre des secteurs à faible productivité vers des secteurs à forte productivité, ainsi qu’une aide à des secteurs compétitifs.

L’économiste cite l’agro-industrie, les technologies numériques ou les services basés sur les technologies de l’information et de la communication, « essentiels pendant la pandémie ».

Enfin, parmi les autres problèmes qu’il faudra essayer de résoudre pour parvenir à des économies africaines à croissance plus rapide et plus résilientes, Charles Lufumpa, à la suite du rapport de la BAD, cite la formalisation du secteur de l’économie parallèle, la garantie d’une stabilité politique, de la bonne gouvernance et de la transparence, et des mécanismes de protection renforcés des droits de propriété.

Tableau 

La croissance de certains pays africains, selon le scénario central (Source : BAD)

Pays 

2020 

2021

Pays 

2020 

2021

Algérie 

-4,4 

4,8

Guinée 

1,4 

5,8

Bénin 

3,3 

4,5

Mali 

1,0 

4,0

Burkina Faso 

1,6 

5,3

Mauritanie 

0,9 

3,4

Cameroun 

-0,8 

4,0

Maroc 

-3,3 

4,3

Centrafrique 

1,8 

4,1

Niger 

1,1 

5,8

Tchad 

-0,1 

5,1

Nigeria 

-4,4 

0,7

Congo 

-7,2 

3,4

Sénégal 

2,8 

5,1

Côte d’Ivoire 

3,0 

6,6

Afrique du Sud 

-6,3 

2,8

RD Congo 

-2,3 

3,3

Togo 

0,9 

3,7

Djibouti 

1,0 

5,5

Tunisie 

-3,4 

-0,5

Gabon 

-1,7 

-0,3

Afrique

1,7

3

 

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