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African Business

Dossier Cameroun : Une croissance soutenue par les investissements

Comme presque tous les pays du monde, le Cameroun a subi des revers pendant la pandémie de la Covid-19. Mais avec une croissance de 4,3 % prévue cette année, son économie repart déjà de l’avant. Les entreprises reprennent le chemin des investissements.

Par Neil Ford

La crise sanitaire n’a pas endommagé les fondamentaux du Cameroun, ses atouts demeurent, ses défis aussi. Par exemple, depuis cinq ans, le gouvernement doit face à une forte baisse de la production pétrolière. Elle est passée d’environ 100 000 b/j à 60 000 b/j.

Nous entamons ici la publication d’un dossier spécial sur le Cameroun, rédigé par IC Publications ; le document a été soutenu par Stratline Communications et investiraucameroun.com. Le contenu éditorial a été produit indépendamment. Certains articles avaient été initialement publié par investiraucameroun.com.

Pourtant, le pays semble mieux placé pour amortir le recul de cette manne que ses voisins d’Afrique centrale car il possède l’une des économies les plus diversifiées de la région.

En plus de tirer le meilleur parti des secteurs bien établis, Yaoundé espère encourager la création de nouvelles industries, en profitant des avances technologiques dans la production d’électricité, l’agriculture et l’exploitation minière.

Comme presque tous les pays du monde, l’économie camerounaise a connu des difficultés en 2020 en raison de l’impact de la pandémie et des mesures de confinement associées au Covid 19. La croissance a ralenti à 0,5 % en 2020 a rebondi de 3,5 % en 2021, selon les dernières estimations du FMI qui prévoit une croissance de 4,5 % en 2022 et de 4,8 % l’an prochain.

Malgré l’impact de la pandémie sur les finances publiques, l’agence de notation Fitch a maintenu en décembre sa principale note de crédit pour le Cameroun à « B » , avec une perspective stable en raison du niveau d’endettement modéré du pays. Fitch s’attend à ce que le Cameroun progresse en matière d’assainissement budgétaire et de redressement économique.

Fitch s’attend aussi à ce que les exportations agricoles et forestières contribuent à stimuler la croissance du pays. Mais sur une note plus négative, il a également souligné de faibles indicateurs de gouvernance et de développement, ainsi que des problèmes de sécurité dans les régions anglophones et du Nord.

L’épine de la Sonara

Une équipe du FMI s’est rendue au Cameroun en décembre et est parvenue à un accord avec le gouvernement sur plusieurs changements de politique, notamment la gestion des risques budgétaires des entreprises publiques et l’accélération de la mise en œuvre des réformes structurelles.

Le but est de réduire le déficit budgétaire à moins de 1 % d’ici 2024, et de maintenir la dette publique en dessous de 50 % du PIB. Le FMI a appelé le gouvernement à accélérer les efforts de restructuration de la raffinerie nationale de pétrole Sonara. La dette de l’entreprise équivaut désormais à 3% du PIB mais Yaoundé a conclu un accord avec les banques créancières pour en rembourser un peu plus d’un tiers sur dix ans.

L’accord de financement de 690 millions de dollars sur trois ans par le FMI doit à aider le pays à se remettre des effets de la pandémie et à mettre en œuvre des réformes économiques. Environ 177 millions $ ont été immédiatement débloqués à titre d’aide budgétaire.

Des opposants politiques et des ONG ont demandé une enquête sur la manière dont un précédent prêt de 326 millions $ pour aider à la lutte contre la Covid-19 a été effectivement dépensé. Quelque 685 millions d’euros supplémentaires ont été levés en juillet via une euro-obligation à douze ans, offrant un rendement de 5,95 %.

L’atout du GNL

Diverses entreprises nationales et étrangères viennent d’annoncer de nouveaux plans d’investissement. La Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC), va construire cette année une brasserie dans la région de l’Est et une nouvelle usine de transformation du maïs à Noun.

Emmanuel de Tailly, PDG de SABC, explique : « L’ambition est d’accélérer notre intégration verticale pour développer un modèle agro-industriel extrêmement efficace et compétitif et faire face aux futurs défis liés à notre taille et à notre autonomie. Le modèle sera basé sur les systèmes locaux et l’économie circulaire. » L’entreprise espère obtenir des exonérations fiscales et douanières pour financer son investissement.

Bien que la production de pétrole a diminué, le Cameroun tire le meilleur parti de ses réserves de gaz. La compagnie pétrolière Perenco et la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun vont augmenter la capacité de production de leur projet Golar LNG, de 200 000 tonnes à 1,4 million de tonnes/an.

Le programme, qui a été mis en service en 2018, était le premier projet de GNL (gaz naturel liquéfié) flottant au monde et utilise donc un navire géant, le Hilli Episeyo, pour produire, stocker et décharger du GNL aux transporteurs. Perenco et la SNH espèrent également forer de nouveaux puits cette année dans le but d’accompagner une nouvelle augmentation de la production de GNL à 1,6 million de tonnes/an dès le début de 2023.

Le directeur général de Golar, Karl Fredrik Staubo, justifie : « Nous avons investi dans quatre trains et en utilisons actuellement deux. Donc, si nous devions discuter d’une extension, cela doit être pour la pleine capacité. »

Le Cameroun dispose depuis longtemps d’importantes réserves de gaz, mais celles-ci étaient dispersées sur plusieurs zones, sans qu’aucun gisement ne soit suffisamment important pour justifier la construction d’une usine de GNL à terre. Cependant, l’émergence de la technologie du GNL flottant a permis aux deux sociétés de produire du GNL sur navire en mer à partir du gaz naturel des champs de Sanaga et d’Ebomé pour une distribution mondiale.

Nouveaux secteurs

Une grande partie des réserves de gaz du pays est acheminée à terre par la société britannique Victoria Oil & Gas. En janvier, la société a signé une prolongation d’un an de sa licence d’exploration Matanda pour avoir plus de temps pour terminer le programme de forage qui a été retardé pendant la pandémie.

Les investisseurs commencent maintenant à s’engager dans un plus large éventail de secteurs. Une série de nouveaux projets hydroélectriques sont en cours de construction à travers le pays. Le vaste potentiel solaire du pays commence également à être exploité.

Les coûts de construction et d’exploitation photovoltaïques (PV) sont tombés en dessous de ceux des centrales thermiques. En décembre, le promoteur Scatec a signé un contrat de location avec la compagnie nationale d’électricité Eneo pour construire deux projets solaires photovoltaïques et de stockage combinés.

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