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African Business

Dossier Cameroun : Un pays en transformation

Le Cameroun, pays locomotive de la zone CEMAC, bénéficie du foisonnement de ses entrepreneurs. La situation budgétaire du pays paraît saine, pour un endettement maîtrisé. Certains joyaux, comme le port de Kribi, continuent de briller. Quelques instantanés choisis.

Par ABF

Chacun peut prendre la mesure des multiples avancées du Cameroun en matière de digitalisation, grâce, notamment, à ses entrepreneurs qui innovent, qui osent et qui déplacent des montagnes.

Dans le domaine de la santé, Serge Armel Njidjou a brillé aux AfriCom, du Cao, en décembre 2021, avec ses couveuses néonatales interactives qui sauveront la vie de nombreux bébés. Il rejoint ses pairs, tels que Théodore Lejuste Abobda, en passe de mettre au point un cœur artificiel unique au monde, ou Arthur Zang dont le Cardiopad va équiper tous les hôpitaux du pays.

Serge Armel

Dans les technologies pour l’agriculture, Erik Gyslain Tiam Dzembouon permet aux agriculteurs d’irriguer leur exploitation agricole à distance, en envoyant un simple SMS. Dans l’énergie, Wolf Njitia propose un compteur électrique intelligent. Dans les transports urbains, c’est encore un Camerounais, Lionel Mobi, qui nous explique comment son entreprise Gozem, déjà implantée dans plusieurs pays africains, entend se développer au Cameroun.

Tout récemment, dans les Fintech, c’est Acam Vie qui lance son offre d’épargne via le téléphone mobile. Les services de pointe se développent également. Anthony Same, avec sa société ST Digital et son Datacenter, basés à Douala, vend désormais des services Cloud, non seulement au Cameroun, mais aussi en Côte d’Ivoire, au Congo, du Bénin et au Togo. L’administration publique n’est pas en reste : trois campus numériques seront construits en 2022, avec le soutien de la Corée du Sud, pour développer les compétences nécessaires à la digitalisation de la gestion publique, de la justice ou encore des postes.

Résultat : la Banque mondiale a consenti un crédit de 100 millions de dollars « pour soutenir les efforts déployés par le Cameroun » et stimuler cette dynamique en train de transformer en profondeur l’économie du leader de la CEMAC. Selon l’institution de Bretton Woods, cette digitalisation devrait augmenter chaque année le taux de croissance de 2% et réduire celui de la pauvreté de 1%.

Et ce 24 février, le FMI a confirmé que le Cameroun a passé la première revue des accords triennaux (juillet 2021-juillet 2024) au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC). Cette étape autorise ainsi le décaissement de 116 millions $, ce qui porte le total des décaissements au titre des accords avec le FMI à 293,2 millions $.

Une stratégie à financer

À l’Assemblée nationale, où il présentait aux députés la Stratégie nationale de développement (SND 30) que le Cameroun va déployer à horizon 2030, le ministre de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) a esquissé les sources de financement de ce vaste plan évalué  à plus de 37 500 milliards de F.CFA (57,2 milliards d’euros).  

Le FMI a confirmé que le Cameroun a passé la première revue des accords triennaux (juillet 2021-juillet 2024) au titre de la Facilité élargie de crédit et du Mécanisme élargi de crédit. Cette étape autorise ainsi le décaissement de 116 millions $, ce qui porte le total des décaissements au titre des accords avec le FMI à 293,2 millions $.

« Des évaluations et des estimations susceptibles d’être affinées avec le temps », a d’emblée prévenu Alamine Ousmane Mey. D’après la présentation faite par le  ministre,  « les réformes et initiatives majeures de la SND 30 sont prévues être financées à partir de plusieurs sources de financement notamment le budget de l’État, les budgets des collectivités territoriales décentralisées, les ressources des PTF (partenaires techniques et financiers) ainsi que les financements des privés dont ceux de la diaspora ».

Les ressources publiques doivent être complétées, suffisamment et de manière large par des ressources qui viennent du privé afin de créer l’effet de levier voulu par le gouvernement. « Au-delà de l’endettement public, qui a ses limites. »

Sur ce point, le gouvernement rassure : « la dette publique sera maîtrisée et les techniques de financement innovantes seront privilégiées ».  La mise en œuvre des plans stratégiques sera financée en grande partie par les capitaux privés à travers des approches tels que les partenariats public-privé et le financement de projet. L’action de l’État consistera essentiellement à réaliser les études de faisabilité et de rentabilité économique de ces plans « afin de les rendre attrayants pour les investisseurs privés », a promise Alamine Ousmane Mey. Plusieurs projets d’infrastructures et programmes de développement sont prévus dans la SND 30. Le plus coûteux est le plan couverture Santé universelle évalué à plus de 12 000 milliards de F.CFA.

Camtel dans le mobile

Cinq mois après le lancement de « Blue », sa nouvelle marque commerciale, Camtel, opérateur public et historique des télécoms au Cameroun, a mis sur le marché les cartes SIM « Blue » pour ses abonnés mobiles. C’est le prélude au lancement officiel du réseau mobile 3G/4G, qui « devrait intervenir au premier trimestre de cette année », promettait le groupe voici quelques semaines.

Camtel est le plus petit opérateur du marché mobile avec 1 800 815 abonnés fin 2021.  Orange Cameroun affiche 11 899 426 abonnés. Elle est talonnée par MTN qui aligne 11 099 576 abonnés, contre 2 302 628 pour Viettel et son produit de téléphonie mobile Nexttel. 

Une année faste pour le port de Kribi

Au total 81 771 conteneurs EVP ont été traités en 2021 au port en eau profonde de Kribi, la porte d’entrée du pays au sud du Cameroun. Selon le Port autonome de Kribi (PAK), le volume de marchandises traité en importation et en exportation, a plus que doublé (+ 114%) en un an.

Alamine Ousmane Mey

Cette performance de l’armateur français CMA CGM est le résultat de la décision prise dès avril 2021, de supprimer son escale au port de Douala, dans la capitale économique, pour ne maintenir dans le pays que celle du port en eau profonde de Kribi. Lequel port de Douala poursuit sa modernisation, de son côté, en ce début 2022.

La compagnie maritime, qui assurait jusqu’à 23% de l’activité d’import-export vers le Cameroun lorsqu’il opérait encore deux escales dans le pays, a ainsi pu drainer tout son trafic vers le seul port de Kribi. Le convoyage des marchandises vers le port de Douala se fait désormais par cabotage (transport par petits bateaux), grâce au partenariat avec un opérateur privé camerounais.

CMA CGM a lancé une ligne maritime qui ouvre directement le port de Kribi à l’Asie, la principale provenance des marchandises débarquées sur cette plateforme portuaire. 

La performance en volume se double d’une performance en matière de productivité. Que du bonus pour les recettes de l’État et l’attractivité de la zone économique.

[À lire : magazinedelafrique.com/african-business/record-de-productivite-pour-le-terminal-a-conteneurs-de-kribi/]

Outre le dynamisme des opérateurs, l’année écoulée a bénéficié de ses innovations : « Plusieurs nouveaux portiques ; dématérialisation de l’ensemble des procédures d’impor­tation et d’exportation ; synergie d’actions entre les acteurs portuaires et les usagers du port qui a permis de réduire les délais de traitement d’entrée et de sortie des marchandises », résume le PAK.

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