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African Business

Dossier : Cameroun, un pays aux multiples talents

«Après plus de trente ans, le pays a besoin de transformations radicales. Trente années, c’est colossal ! Je souhaiterais, pour ma part, que les réformistes au sein du régime et les forces sociales en quête de changement prennent très vite langue ; et qu’ensemble, ils créent une convergence autour de cinq à dix réformes fondamentales pour l’économie camerounaise, susceptibles de sortir ce pays de l’ornière, et de le relancer dans la quête de son avenir », explique Achille Mbembé.

La priorité aux infrastructures

Vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations 2017, le Cameroun a obtenu l’orga­nisation de la compétition qui se déroulera du 12 janvier au 3 février 2019. Déjà hôte de cet événement sportif majeur en 1972, la patrie des Lions Indomptables (équipe nationale de football), qui compte pas moins de trois générations de stars incontestées du ballon en Afrique parmi lesquelles Roger Milla, Samuel Eto’o et Clinton Njie, a le football chevillé au corps.

Les infras­tructures nécessaires à une organisation réussie de cet événement majeur pour le continent, mais aussi pour le pays hôte, tardent toutefois à sortir de terre. Même si le Cameroun donne aujourd’hui l’impression d’être devenu un « immense chantier à ciel ouvert, selon un observateur, il lui reste encore à tirer plei­nement profit de cette nouvelle manne pour mobiliser sa popu­lation jeune et bien éduquée, mais qui reste massivement inemployée ; redynamiser son économie et développer ses filières agro-indus­trielles, d’élevage ou touristiques encore à la traîne. Malheureusement, il n’est pas sûr que le décollage soit possible dans cette génération », commente cet interlocuteur.

D’autant que le dernier classement du Cameroun dans le Doing Business de la Banque mondiale, sur lequel les autorités comptaient pour redorer leur blason, a été jugé « décevant » ; même si le pays est passé de la 38e à la 37e place en 2017 sur 53 pays listés en Afrique. Cette avancée est principale­ment due aux efforts déployés dans les infrastructures afin de permettre aussi au secteur privé, le principal pourvoyeur d’emploi au Cameroun, y compris et surtout dans l’in­formel, d’investir davantage.

Au Cameroun, les besoins en matière d’équipements de base et d’infrastructures de deuxième génération sont immenses face, notamment, à la faible proportion (27 %) du réseau routier classé (5 600 sur 20 700 km), un taux d’accès au réseau routier des populations rurales de 20 %, un taux de desserte des ménages en éner­gie électrique de 25 % – si on se base sur le nombre d’abonnés et de 50 % si on considère la population effec­tivement desservie – et un taux d’accès à l’eau potable de 61 %, selon les chiffres ressortant de l’étude de diagnostic du Snaddt.

Des instruments fiables

Aussi, les investissements publics qui ont soigneusement été structurés et planifiés jusqu’en 2020 portent-ils prioritairement sur le développement et la modernisation de ces infrastructures. C’est même devenu un leitmotiv dans la bouche du directeur général de l’Économie et de la programma­tion des investissements publics au Minepat,

Isaac Tamba. « Les infrastructures sont notre principale priorité jusqu’en 2019. » À la ques­tion de savoir si le gouvernement n’avait pas fait preuve de « dispersion » dans ses choix budgétaires en fonction des priorités fixées dans le Document de stratégie pour la crois­sance et l’emploi (DSCE), il répond : « Nous avons fondé notre stratégie principalement sur les infrastructures : 67 % du budget d’inves­tissement 2017 est consacré aux infrastruc­tures et 9 % à la modernisation du système de production, qui est le deuxième axe stratégique. D’autres secteurs, dont sept au titre du DSCE, absorbent environ 2 %. Vous pouvez voir qu’il n’y a pas de dispersion ! Ce que vous voyez ici, c’est plutôt la concentration des efforts dans le secteur qui est le plus important pour nous : les infrastructures».

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