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African Business

Dossier : Cameroun, un pays aux multiples talents

L’apport de la diaspora

D’où également un appui grandissant pour « dynamiser le secteur privé » et l’accom­pagner dans les nouveaux défis économiques que sont les Feuilles de routes du gouverne­ment, l’applicabilité du DCSE (Document de stratégie pour la croissance et l’emploi) et le Plan d’urgence triennal, les trois balises des investissements au Cameroun.

Pour Yasmine Bahri-Domon, directrice de la publication Investir au Cameroun, en décidant de miser sur cette « matière grise » autant que sur le développement de ses infrastructures, le Cameroun s’est donné les clés nécessaires à son émergence. « Autant le pays sollicite un nombre de plus en plus impor­tant d’investisseurs étrangers afin d’accroître sa production industrielle dans les secteurs agri­cole, infrastructurel, minier et pour la moder­nisation des segments lucratifs des télécommu­nications, des services ainsi que l’éclosion tous azimuts de l’économie numérique, autant les ressortissants camerounais font honneur au pays phare de la zone Cemac en brillant à la tête de moult institutions financières interna­tionales de renom », écrit-elle dans le dernier numéro de Business in Cameroon.

Elle en veut pour preuve que même si le Cameroun « exporte » ses meilleurs cadres et technocrates, formés pour la plupart sur place comme à l’étranger, ceux-ci ne rêvent que de revenir : « À la fois compétentes et compétitives, ces têtes bien faites Made in Cameroun font la fierté des firmes qui les emploient et des filiales qu’elles dirigent. Leur leadership est connu et reconnu sur les étals du marché mondial de l’emploi. L’expertise, l’inventivité, la créativité et l’innovation ne sont pas en reste dans leurs aptitudes intellectuelles », insiste-t-elle.

Des femmes et des hommes de qualité

L’avantage pour leur pays d’origine de pouvoir les « récupérer » est incommensu­rable, selon elle, puisque « ces jeunes cadres aux belles références managériales sont dispo­nibles pour servir de relais et/ou d’appuis aux nouveaux investisseurs qui frappent aux portes du Cameroun ».

Le profil de cette nouvelle race de responsables camerounais révèle qu’ils exercent presque tous leur leadership dans le secteur des services, en particulier la finance et les télécommunications, considé­rés comme les plus porteurs en Afrique.

Et de citer comme exemple de « Diaspos » qui sont revenus : Élisabeth Medou Badang, un « pur produit Orange » dont elle dirige la filiale à Douala depuis décembre 2013 ; Gwendoline Abunaw, une « authentique banquière » à la tête de Ecobank Cameroun depuis mai 2017, Freddy Tchala, au coeur du réseau franco­phone de l’opérateur MTN désigné meilleur manager en 2015, Georges Wega, le premier Africain à gérer la filiale sénégalaise de la Société Générale, et Mathieu Mandeng qui préside la Standard Chartered Bank à l’île Maurice.

Bref, ces personnes apportent la preuve qu’aujourd’hui il n’y a pas que « des puis­sants » en politique. Au Cameroun, en parti­culier, « il y a aussi des femmes et des hommes puissants dans le secteur privé international », confirme Yasmine Bahri-Domon, accrédi­tant, ainsi, la thèse d’une politique aristotélicienne du juste milieu qui serait privilégiée par les autorités camerounaises.

Au risque, parfois, d’un certain immobilisme… « Au Cameroun, rien ne se perd et surtout pas la matière grise qui est recyclée grâce au mélange de patriotisme et d’égoïsme qui anime sa classe dirigeante », ironise le philosophe Achille Mbembé.

Installé en Afrique du Sud où il enseigne depuis de nombreuses années ainsi qu’aux États-Unis, l’intellectuel camerou­nais continue de fustiger tout hypothétique avènement d’un « messie » ou à tout le moins d’un « homme-providentiel » qui pourrait faire basculer le Cameroun dans une ère de l’après-Biya porteuse de changements longtemps espérés.

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