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African Business

Dossier : Cameroun, un pays aux multiples talents

C’est dans ce contexte tendu pour les finances publiques qu’il faut comprendre les décisions du chef de l’État qui a limogé pas moins de trois directeurs généraux d’agences publiques en deux semaines. Après le départ de Jean Louis Beh Mengue de l’ART (Agence de régulation des télécommunications) et de Dieudonné Evou Mekou, promu vice-gouverneur de la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) qui est remplacé à la Caisse autonome d’amortissement (CAA), l’entreprise chargée de la gestion de la dette publique au Cameroun, par Richard Evina Obam, inspecteur principal des Impôts, le jeu de chaises musicales a continué dans le top management du Laboratoire national du génie civil (Labogénie) et du Parc national de matériel de génie civil (Matgénie), deux structures techniques rattachées au ministère des Travaux publics.

Stimuler la matière grise

D’ici à 2020, le pays veut porter à 10 % du PIB le montant des investissements étran­gers au lieu des 5,5 % actuels. Parmi l’un de ses principaux atouts figure la biodiversité que ce « géant au coeur de l’Afrique » a reçue en partage, mais qu’il doit encore mettre en valeur.

Selon la BAD, le Cameroun joue en effet un rôle limité dans les chaînes de valeurs mondiales, même s’il s’emploie à développer des filières comme l’agriculture, le tourisme, le bois, la pêche, les mines et hydrocarbures grâce à une classe très active d’entrepreneurs.

Une nouvelle caractéristique de ce pays plein de contrastes où, selon un rapport confi­dentiel du Minepat, il existerait une sorte de « rift socio-territorial » entre la partie du territoire composé des six régions du Centre-Sud et Ouest et l’autre partie constituée de l’Est et du grand septentrion.

«Pour des raisons de conditions naturelles, spatiales, sociohistoriques et culturelles, les régions ont connu un inégal dévelop­pement territorial qui se manifeste avec trop d’évidence et de clarté à travers tous les indicateurs socio-territoriaux existants ; le plus remarquable dans ces indicateurs, comme c’est d’ailleurs le cas pour tous les pays à la recherche d’une émergence en rupture avec les modèles de faible développement dominants, c’est qu’il ne s’agit pas de différences interrégions que l’on peut circons­crire dans un intervalle de plus ou moins 30 % autour de la moyenne, pour pouvoir considérer cela comme des écarts “ rattrapables ” ; mais il s’agit plutôt de niveaux d’indicateurs de différen­ciation qualitative, représentant une quasi-coha­bitation de modèles de développement différents dans un même cadre national », peut-on lire dans ce document.

Pour la plupart des observateurs, face au pouvoir politique, l’apport des membres de la diaspora ne se limite pas aux trans­ferts d’argent à leur famille restée au pays. Même si ceux-ci, estimés par la Banque mondiale à 1,2 milliard de dollars, soit près de 585 milliards de F.CFA, sont énormes.

En 2016, ils ont contribué pour 33 % au budget d’investissement public du Cameroun, soit l’équivalent de « plus de 60 % des financements nécessaires pour l’implémentation du plan d’urgence triennal du gouvernement came­rounais » ou « près de 120 % des financements recherchés pour la construction du barrage de Nachtigal d’une capacité de 400 MW en gesta­tion au Cameroun », selon des projections relayées par la presse.

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