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African Business

Djibouti : La renaissance

Reportage

Hub commercial et logistique : « On a dix ans d’avance »

Djibouti veut profiter de sa situation géographique pour transformer le pays en une plateforme logistique ultramoderne. Ce, grâce à des infrastructures portuaires des plus modernes complétées par des zones franches attractives.

Par DBM

Le président rwandais Paul Kagamé, invité d’honneur, les présidents somalien et soudanais, le Premier ministre éthiopien… D’importantes personnalités participaient, le 5 juillet 2018, à l’inauguration, en grande pompe de Djibouti International Free Trade Zone (DIFTZ). C’est dire l’importance que revêt l’ouvrage.

Pour Djibouti, autant que pour ses voisins. « Connectée aux principaux ports de Djibouti, la zone franche est destinée à diversifier l’économie, créer des emplois et attirer des investissements », déclarait le Premier ministre, Abdoulkader Kamil Mohamed.

« Nous sommes devenus des experts par la force des choses. Du fait de notre positionnement géographique, de la stabilité du pays, de nos infrastructures, et de notre expertise en logistique acquise au fil des années. »

La zone permet « aux compagnies étrangères de bénéficier d’un soutien logistique de qualité indispensable à leurs activités ». Le Premier ministre soulignait la dimension régionale de cet « outil de développement au service de l’Afrique de l’Est ». Située à 23 km du centre-ville, avec une superficie de 4 800 ha, pour un investissement global de 3,5 milliards de dollars, la DIFTZ est annoncée comme la plus grande zone franche du continent en 2028.

Pour l’heure, une phase pilote de 240 ha est aménagée, comprenant la Diftz Djibouti International Tower, le Djibouti International Hotel et la « première zone franche », de 6,6 ha, dédiée aux activités logistiques, le One Stop Shop… « On n’a plus besoin de se déplacer, tout est présent ici. Des terrains asphaltés, des entrepôts, des bureaux, un hôtel, et la tour One Stop Shop déjà opérationnelle, les banques… », se félicite Ali Ahmed Aouled, directeur commercial de la DIFTZ.

Déjà 81 sociétés sont installées, avec parmi elles des sociétés de négoce et de logistique. En attendant le développement de la phase industrielle qui verra s’implanter des usines de transformation. « Le produit brut envoyé ici sera transformé sur place avant d’être orienté vers les marchés d’Afrique de l’Est. » L’implantation du secteur manufacturier devrait constituer un levier sur le développement de Djibouti, créant de la valeur ajoutée et des emplois.

Cerise sur le gâteau, la DIFTZ est connectée. À la route, au chemin de fer, ainsi qu’à Djibouti Damerjog Industrial Development (DDID), l’autre grand projet de Djibouti. Il s’agit d’une expansion des ports et des zones franches de Djibouti. Sur une superficie de 30km2 au total avec une zone pilote de démarrage de 2,51 km2, le site doit accueillir un nouveau parc de zones industrielles dans la région de Damerjog.

Il comprendra des terminaux de stockage de pétrole, une raffinerie de pétrole brut, un terminal méthanier. Sans oublier un atelier de réparation de navires, des cales sèches ainsi que de centrales électriques, un parc de matériaux de construction, des jetées, ainsi qu’une zone portuaire. Étalée sur un calendrier de quinze ans, la DDID a vocation à conforter la place de hub logistique et commercial de Djibouti, tout en développement de nouvelles activités industrielles, et in fine créer des emplois. Signe de l’intérêt porté pour la Zone, « Nous recevons tous les jours des visites d’investisseurs qui veulent réserver un espace », affirme Siman Moussa Senior Manager, à la DDID.

Deuxième volume de trafic au monde

La zone s’inscrit dans un vaste projet qui a  déjà vu l’aménagement du Doraleh Multi-Purpose Port (DMPP), à Tadjourah, en attendant la construction du Doraleh International Container terminal (DICT). L’Autorité des ports et zones franches de Djibouti (APZFD) et son partenaire China Merchant Group (23,5 % des parts), prévoient l’aménagement d’un méga complexe portuaire, destiné à devenir la porte d’entrée des Chinois vers le marché africain.

Alors qu’une deuxième route est en cours de construction, qui sera directement connectée au DNPP, Djibouti « gagne dix ans d’avance sur ses éventuels concurrents », assure Ali Ahmed Aouled. Lequel s’exprime en connaissance de cause : avant de travailler pour la DDFTZ, il opérait pour le compte du port de Dubaï. « Nous sommes devenus des experts dans le domaine par la force des choses. Du fait de notre positionnement géographique, de la stabilité du pays, de nos infrastructures, et de notre expertise en logistique acquise au fil des années. »

Avec le deuxième trafic au monde en termes de volume, « nous sommes la porte de la Corne de l’Afrique. Même si d’autres nous emboîtent le pas, nous avons un train d’avance sur eux », poursuit-il.

Et pour conserver son avance, Djibouti mise non seulement sur ses infrastructures mais également sur sa politique, ouvertement libérale. « Le Code de la zone franche est particulièrement attractif. » Seule contrainte, les sociétés doivent employer 30% de locaux dans un délai de cinq ans, et par la suite, 70%. Assurant ainsi le transfert de compétences qui participera à valoriser le capital humain local. À terme, la DIFTZ doit participer à la création de 300 000 emplois.

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